Le blog de Lucie "recettes de beauté naturelles"

Blog généraliste sur l'écologie, le végétarisme, le maternage naturel pour consom'ACTEURS avisés!!!

17 août 2006

Dossier sur le végétarisme et végétalisme

Végétarien & Végétalien

VIVRE SANS MANGER LES ANIMAUX

Quelques raisons et informations pratiques pour un mode de vie moins cruel,
plus respectueux de l'environnement et meilleur pour la santé

Cette brochure a été réalisée, en septembre 1999, par l'Association Végétarienne & Végétalienne d'InformationS (A.V.I.S), groupe local de militant(e)s végétarien(ne)s et végétalien(ne)s de la région toulousaine. A.V.I.S est active depuis 1997 aux travers de distributions de tracts, tenues de tables de presses, organisation de journées d'informations, etc.. Nous essayons de promouvoir et faire connaître le végétarisme et le végétalisme sur la région toulousaine.

Aucun droit d'auteur ne protége cette brochure et toutes les duplications gratuites sont vivement conseillées.

Cette brochure est disponible gratuitement " de la main à la main ". Ou par correspondance, contre la couverture des frais de port en timbres uniquement (au tarif correspondant à 130g par brochure), n'envoyez pas d'argent. N'hésitez pas à nous contacter pour la distribuer.

Pour nous contacter écrire à : Canal Sud ; AVIS ; 40 rue Alfred Duméril ; 31400 Toulouse ; France.

Et par Internet : avis@free.fr

INTRODUCTION

Etre végétarien ou végétalien n'est rien d'extraordinaire, ce qui est difficile est de franchir le pas, d'avoir l'énergie, la force de caractère de se démarquer de la majorité actuelle et d'assumer les difficultés quotidiennes liées à son choix. Les difficultés ne sont pas, au contraire de ce que peuvent croire beaucoup de non-végétariens, de trouver un équilibre dans l'alimentation végétarienne ou végétalienne. Etre végétarien ou végétalien est très simple de ce côté-là. Le problème est plutôt de vivre dans une société où rien n'est adapté pour nous, où le végétarisme et le végétalisme sont minoritaires et ne sont pas toujours bien tolérés.

Les textes qui constituent cette brochure ont pour but de vous faire partager (ou à défaut, vous faire connaître) notre point de vue.

Le chapitre 1, où nous exposons les raisons de notre choix, paraîtra, peut-être, à certains qui continuent à manger de la viande, comme étant excessif. Le but n'est pas d'agresser gratuitement mais de vous donner l'énergie de vous démarquer de la masse des humains, d'évoluer vers le végétarisme ou le végétalisme. Malheureusement, pour remettre en cause les idées et habitudes que nous ont donné nos parents et la société, nous sommes obligés d'aborder ces points qui, peut-être, dérangeront les omnivores : nous préfèrerions faire autrement, mais comment ? Peut-être ne faut-il pas se sentir visé en temps que personne : nous dénonçons juste les mécanismes et les idées qui font que des humains se servent des animaux pour s'en nourrir. Nous savons que la plupart des humains n'ont pas pour idéal d'être méchants. La plupart n'ont jamais réfléchi à ce qu'implique la consommation de viande. Comment leur en vouloir vraiment ? Tellement peu d'informations existent sur ce sujet et sur les alternatives que constituent le végétarisme et le végétalisme.

Changer ses habitudes est dur pour certains, surtout quand tout son entourage est là pour vous inciter à continuer, comme eux, à manger des animaux morts. Nous espérons faire prendre conscience et exposer au grand jour ce que la société essaie de cacher au sujet de la boucherie. Un des objectifs des vendeurs de viande est de faire oublier qu'il faut tuer des animaux pour manger de la viande, notre but à nous, est de le rappeler.

La tuerie des animaux et l'utilisation de leurs dépouilles sont tellement banalisées que remettre en cause ces pratiques implique de s'opposer à une bonne part des activités et des croyances actuelles des humains. Il est incroyable à quel point l'humain arrive à tuer des êtres avec tant de facilité et avec un consensus aussi général. Cela fait froid dans le dos, et on ne s'étonnera pas que des massacres se soient produits, dans l'histoire, et encore actuellement, contre d'autres humains pour des motifs aussi farfelus que ceux avancés pour justifier la tuerie des animaux : couleur de peau, langage, forme du visage et du corps, façon de s'habiller, croyance, lieux de naissance, etc.. Tuer des animaux ou tuer des humains, la logique reste la même.

Si nos propos dans le chapitre 1 " froissent " quelqu'un, il convient tout de même de garder à l'esprit que cette brochure n'est constituée que d'écrits, alors que la violence que subissent les animaux est, elle, bien réelle et sans commune mesure avec les contrariétés que nous pouvons causer. Relativiser l'importance des choses, prendre du recul par rapport à soi et sa recherche de sensation est la meilleure méthode pour réfléchir et trouver des réponses adaptées à des problèmes. La flamme du désir de justice qui sommeille en chacun de vous aura peut-être été attisée et vous ne serez plus insensibles au sort des animaux. Devenir végétarien ou végétalien, vous semblera, comme nous, le minimum que nous pouvons faire pour réduire les cruautés faites aux animaux. Ce minimum ne demande pas de temps et ne coûte pas plus cher que de manger de la viande d'animaux morts. Il demande juste d'avoir le courage d'être parmi la minorité actuelle qui a franchi le pas, pour qu'au fur et à mesure, il soit de plus en plus facile socialement d'être végétarien ou végétalien. Plus nous serons nombreux, plus le végétarisme et le végétalisme seront acceptés par la société ! Comme vous, nous mangions de la viande, pourtant nous avons changé, pourquoi pas vous ?

Nous espérons que cette brochure est suffisamment complète pour répondre à la plupart des questions qu'un humain peut se poser sur les modes de vie végétarien et végétalien. Nous espérons que cette brochure sera une modeste contribution à l'évolution culturelle nécessaire pour vivre dans un monde moins violent. Nous savons que c'est en parlant des problèmes que la culture change et non en se taisant. Nous savons aussi que les mœurs des humains évolueront lentement : il est tellement difficile de se remettre en cause lorsqu'on est soi-même un oppresseur. Il est plus simple de réagir lorsque ses intérêts personnels sont attaqués : l'humain est assuré de ne pas finir dans un abattoir, alors la plupart ne se sentent pas solidaires des animaux. La vie des animaux est tellement insignifiante pour la plupart des humains…

Nous voudrions que chacun, là où il est, agisse individuellement ou collectivement pour faire connaître le végétarisme et le végétalisme. Que partout, localement, des végétariens et de végétaliens s'affirment et agissent pour développer ces idées. Que des familles se forment, que chacun privilégie les produits ne provenant pas de la souffrance d'un animal, pour qu'enfin une société moins cruelle se généralise. D'autres traditions cruelles ont fini par disparaître. A force de persévérance, les mentalités évoluent. Même si rien n'est jamais acquis, car pour survivre une culture doit aussi se transmettre.

Notre espoir se place dans les jeunes générations, car malheureusement, la plupart des humains les plus âgés n'ont plus assez d'énergie et de recul pour évoluer. Un sondage réalisé en 1996 indique, d'ailleurs, que les 2/3 des adhérents d'une association végétarienne française ont évolué vers le végétarisme avant 35 ans. Plus l'âge avance après l'adolescence et plus la proportion d'évolution est faible…

Le végétalisme nous semble une évolution logique pour l'humanité vers une société moins cruelle, moins violente et plus respectueuse de chacun. L'avenir est au végétalisme, pour le bien des animaux, des humains et de l'environnement !

QUELQUES DEFINITIONS

Végétarien : personne consommant uniquement des végétaux, ainsi que des œufs, du lait et du miel.

Un végétarien ne consomme aucune viande, que ce soit celle des animaux terrestres (oiseaux, insectes, mollusques, bovins, etc.) ou des animaux marins (poissons, " fruits de mer " - crustacés, mollusques -, mammifères marins - baleine -, etc.). Un végétarien ne consomme, bien sûr, aucun sous-produits de l'abattage des animaux, par exemple la gélatine, la présure, le caviar.

On peut distinguer les lacto-ovo-végétariens, qui consomment, en plus des végétaux, des œufs et du lait, des lacto-végétariens, qui ne consomment, en plus des végétaux, que du lait, ou encore les ovo-végétariens, qui ne consomment, en plus des végétaux, que des œufs.

Végétalien (ou " végétarien strict ") : personne consommant uniquement des végétaux.

Un végétalien ne consomme ni viande, ni sous-produits d'animaux terrestres ou marins, ni œufs, ni lait, ni miel. En pratique, un végétalien ne s'en tient pas qu'aux produits qu'il mange et est souvent " vegan ".

Vegan : terme anglo-saxon, souvent traduit par " végétalien " en français. Seulement, un vegan, en plus d'être végétalien, n'utilise aucun produit d'origine animale dans toutes les facettes de sa vie. Que ce soit ses habits, chaussures, produits cosmétiques, objets divers, agriculture, loisirs, etc.. Il n'utilise donc ni cuir, ni laine, ni fourrure, ni cire d'abeille, ni produits testés sur les animaux, etc.. Un vegan n'accepte d'utiliser dans sa vie, que des produits non-issus de la souffrance d'un animal : végétaux, minéraux ou des micro-organismes (non-testés sur les animaux). Dans notre société actuelle, ce mode de vie reste un idéal, mais il est le plus approprié, à notre avis, et il tient à chacun d'y tendre suivant ses possibilités.

Frugivore / Fruitarien : personne qui ne se nourrit que de fruits (frais, secs et graines). L'idée majeure derrière ce mode d'alimentation est de ne pas détruire de plantes pour se nourrir, ce qui peut être évité, dans une certaine mesure, si on se contente de cueillir des fruits des arbres.

Libération Animale : ce terme définit la volonté que les animaux ne soient plus exploiter par l'humain. Que ce soit pour les manger, utiliser leur force, les torturer pour les recherches médicales ou autres, s'en servir pour ses loisirs, etc.. En définitive

la Libération Animale

se donne comme objectif que les animaux n'aient plus à souffrir pour les intérêts des humains.

Antispécisme : façon de penser considérant qu'il n'y a pas de raisons de privilégier les intérêts des êtres conscients en fonction de leur appartenance à une espèce. En pratique, l'antispécisme s'oppose au fait de ne prendre en compte que les intérêts des humains et pas ceux des autres animaux. L'antispécisme se veut politique et place cette discrimination au même niveau que le racisme ou le sexisme.

Certains antispécistes passent beaucoup de temps, entre eux, à émettre des théories, à se questionner, à réfléchir et à faire de la philosophie.

NE PAS CONFONDRE AVEC NOTRE APPROCHE :

Macrobiotique : principe alimentaire religieux défini par G. Ohsawa s'appuyant sur le principe du yin et du yang. Ce système se compose de 10 façons de se nourrir portant des numéros : -3, -2, -1, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7. Les niveaux -3 à 3 ne sont pas végétariens. Les n°4 à 7 sont végétaliens et excluent les salades, crudités et fruits… Un macrobiotique peut naviguer entre tous les niveaux et n'est pas forcément végétarien ou végétalien.

Crudivore : cette approche consiste à ne manger que des aliments crus, y compris de la viande, pour des raisons de santé. Certains crudivores peuvent être végétariens ou végétaliens : on parle à ce moment de crudi-végétariens ou crudi-végétaliens.

Instinctothérapie : cette approche consiste à se " laisser guider par son instinct " pour son alimentation, y compris la viande, car notre " instinct " devrait nous dire ce qui est bon pour notre santé. L'humain étant un être culturel et très influencé par son entourage, on peut être très septique sur cette notion " d'instinct ". Un instinctif n'est pas forcément végétarien ou végétalien.

CHAPITRE 1 : Des raisons pour être végétarien ou végétalien



LUTTE CONTRE

LA TUERIE DES

ANIMAUX, REPONSES AUX QUESTIONS QUE NOUS RENCONTRONS

EN FRANCE, EN 1997,

LA CONSOMMATION DE

VIANDE A PROVOQUE

LA MORT DE

:

949,7 millions de poulets, 57,1 millions de poules et de coqs, 1,4 millions de chapons (poulets castrés), des millions de poussins males tués à la naissance, 117,4 millions de dindes, 64,1 millions de canards, 49,3 millions de pintades,
669 mille oies, 6,5 millions de pigeons, 75,4 millions de cailles, 8,6 millions de faisans, 59,9 millions de lapins, 24,7 millions de porcs, 4,1 millions de bovins, 1,96 millions de veaux, 5,6 millions d'agneaux, 742 mille chevreaux, 749 mille ovins de réformes, 98 mille caprins de réforme, 37 mille équidés, 40,4 millions d'escargots (d'élevages), des centaines de millions de poissons, et beaucoup d'autres… 16,494 milliards d'œufs ont été produits (chiffres du Ministère de l'Agriculture et de

la Pêche

, et de l'OFIVAL)

UN CHOIX POUR MOINS DE CRUAUTE

L'histoire de chaque individu le sensibilise plus ou moins à certains faits. Mon vécu m'a amené à être confronté directement à l'exploitation que subissent les animaux. Je l'ai vu pratiquée, et, lorsque j'ai eu la chance, par la suite, d'avoir accès à de l'information sur le végétarisme et sur le végétalisme, je n'ai pas eu de mal à être convaincu. Ce n'est pas là une théorie abstraite, un concept ou une recherche de pureté : tuer des animaux et les manger est juste dégoûtant car ils sont identiques à nous, faits de viande, de sang et d'os.

Etant né à la campagne, j'ai pu voir très jeune que la viande n'était pas quelque chose de banal qu'on achète sous cellophane en grande surface. Avant d'arriver dans l'assiette, il aura fallu faire naître et élever l'animal. Comment prétendre lorsqu'on voit naître, puis grandir, petit à petit, une oie, par exemple, que les animaux ne souffrent pas ? A leur contact, on se rend simplement compte qu'ils sont comme nous. Ils ont leur vie sociale, ils s'entretiennent physiquement en se nettoyant, ils ont peur si on les surprend, ils sont curieux, ils communiquent entre eux, ils s'occupent de leurs petits. Ils sont, comme nous, capable de communiquer des émotions, peur et joie. Leurs cris ne peuvent peut-être pas être traduits par des mots ou un langage compliqué, mais ce n'est pas parce que nous ne pouvons pas exactement comprendre un langage que cela nous donne le droit de les maltraiter. Quel sens a le chinois pour une personne qui ne le parle pas ? Aucun. Pourtant cela n'est pas un motif pour tuer un chinois pour le manger.

A force de voir des humains, les animaux s'habituent à eux, ils leur font confiance, ils se laissent approcher et enfermer chaque soir… jusqu'au jour où ils ne sortiront plus… Leur confiance aura été trahie.

Je ne sais pas comment les animaux considèrent les humains qu'ils voient tous les jours leur donner à manger, les lâcher le matin et les enfermer le soir, en tout cas, ils n'iraient sûrement jamais imaginer que les humains font ça pour finir par les égorger, manger leur cadavre et faire le commerce de leur dépouille. Mais c'est bien ça qui les attend.

Lorsque j'étais très jeune, je m'occupais de donner à manger aux animaux de la ferme (oies, canards, poules, lapins et quelques autres), je les voyais naître puis grandir, jour après jour, ils donnaient l'impression d'être contents. J'avais de la sympathie pour eux, j'appréciais de les observer et je m'amusais avec (pas toujours d'une façon intelligente d'ailleurs), puis ils se faisaient tuer, plumer, vider, dépecer, découper.

Lorsqu'ils venaient de se faire trancher la gorge à vif, pendant quelques secondes, ils ne devaient même pas comprendre ce qui leur arrivait car étant tellement habitué au contact des humains, ils devaient un peu leur faire confiance. Ils avaient été mis dans une sorte d'entonnoir où seul leur tête et leur coup sortaient en bas. Ils n'avaient aucune possibilité de s'échapper de cette position. Passées ces quelques secondes, ayant probablement compris et sentant la douleur, ils s'agitaient, mais c'était trop tard, leur sang s'écoulait. Leurs débattements et leur peur ne faisaient qu'accélérer la fuite de leur sang au rythme des battements de leur cœur affolé. Le sang giclait un peu partout autour de l'animal. Trois ou quatre minutes après, l'animal, la tête en bas, n'était plus animé que de quelques convulsions qui allaient en s'estompant, le sang finissait par ne presque plus couler. Voilà comment la vie de l'être que je voyais tous les jours s'achevait. Et ensuite on le mangeait…

C'était pourtant de l'élevage " naturel ", " élevé en plein air " comme on dit. Peut-être que l'animal, durant sa croissance, est dans un milieu plus agréable pour lui que les animaux d'élevages intensifs. Il en souffre probablement moins, mais de toute façon il finit quand même égorgé. L'élevage " traditionnel " n'enlève rien à la cruauté de la consommation de viande, il n'est pas plus " propre ", et il est peut-être plus traumatisant pour celui qui le pratique car en vivant avec les animaux, c'est un peu comme si on devait tuer ses amis. On connaît l'être qu'on tue (si certains ont des animaux dit " domestiques ", ils comprendront peut-être mieux ce que je veux dire). Si nous réfléchissons aux sentiments que nous éprouvons, nous pouvons constater que nous sommes surtout sensibles à la mort de ceux que nous connaissons le plus et de ceux auxquels nous sommes attachés affectivement, quelle qu'en soit l'espèce. Des humains sont, généralement, plus peinés par la mort de leur chien ou de leur chat que par la mort d'un humain qu'ils ne connaissent pas.

Evidemment la transmission des valeurs traditionnelles fait disparaître tous les étonnements qu'on peut avoir face à cette tuerie. Le milieu finit par faire accepter cette pratique comme quelque chose de banal, et des fois, le moment du meurtre est considéré comme une fête. C'est assez étrange, voire inquiétant car on se rend compte que l'humain est capable de faire les pires horreurs et de trouver ses pratiques agréables. Tout dépend de son milieu culturel, même le dégoût est une impression relative… On peut facilement, à ce moment-là, imaginer l'état d'esprit des cannibales, leur pratique leur semble probablement banale et leur procure des moments de joies (enfin, quand ce sont les autres qui sont tués, vidés, etc., c'est toujours pareil…).

Il n'existe pas de valeurs absolues, tout dépend de nos références culturelles, c'est peu de chose, pourtant le résultat est terrifiant. Il suffit de se souvenir que nous, qui ne sommes pas nés dans des familles végétariennes ou végétaliennes, nous avons mangé tranquillement de la viande d'animaux, préparée avec amour et délicatesse sans trouver ça trop dégoûtant, tout est possible, hélas, dans notre monde, il n'y a pas d'autre limite à la barbarie que l'imagination. Malheureusement si certains relèvent ces actes comme étant ignobles, ils sont traités de cinglés, de rêveurs, d'hypersensibles. Ce sont toujours les mêmes arguments qui sont utilisés, que se soit pour tuer des animaux ou des humains. On dit la même chose des pacifistes, ou si dans un groupe d'humains, un d'entre eux trouve incorrect d'aller en maltraiter d'autres, il lui sera reproché les mêmes choses : " trop de sensibilité ", " pas assez dur ", " c'est normal d'agir ainsi ". Le problème est juste que lorsqu'à son tour on se retrouve opprimé, on voudrait être plus respecté et on ne comprend pas que les autres agissent envers nous, comme nous, nous agissons envers les autres lorsque nous sommes en position de force. Les humains voudraient être respectés alors qu'ils sont incapables d'avoir l'intelligence de ne pas opprimer les plus faibles qu'eux : en général, on récolte ce qu'on sème.

L'élevage industriel est, lui, plus dépersonnalisé, c'est une masse d'êtres conscients entassés, de la matière première consciente, juste des protéines végétales qu'il faut transformer, en masse, en protéines animales, comme si cela concernait juste un processus chimique, non-conscient, identique au règne végétal ou à une usine chimique. On n'a probablement pas le temps d'avoir de sentiments pour cette masse d'êtres pourtant aussi conscients que nous. On doit être quand même assez mal à l'aise devant l'amoncellement de toute cette chair à souffrance vivante, tous ces yeux qui nous regardent, toutes ces consciences qui attendent d'être tuées à la chaîne. Toutes ces carcasses, tous ces os, tout ce sang… et autant d'indifférence. Des mares de sang, des ouvriers travaillant dans des excréments et l'odeur de la mort, couvert de sang, ne faisant plus attention aux cris, aux bruits des chairs et des os qui se déchirent, à force de vivre dans ce cauchemar. Comment certains humains peuvent-ils oser comparer ces tueries d'animaux au découpage d'un légume ou d'un fruit sans se sentir pitoyablement ridicules ? Ont-il seulement vu un animal se faire tuer ? J'en ai vu mourir égorgé un nombre suffisamment grand pour savoir qu'ils sont conscients, qu'ils souffrent et qu'ils ont peur. Et " malheureusement " mon histoire n'est pas originale, j'ai pu rencontrer plusieurs autres personnes qui ont eu vu tuer des animaux et qui sont devenues végétariennes ou végétaliennes suite à cela. Même des bouchers sont devenus végétariens à force de dégoût devant autant de carnage.

Il faut donc choisir pour sa consommation de viande entre le massacre de masse ou le meurtre en intimité.

Bien sûr, il faut vivre, il y en a qui achètent de toute façon. Se ne sont pas forcément ceux qui font le " sale boulot " qui sont les plus à blâmer. C'est facile de se donner bonne conscience en achetant tout prêt son bout de viande et en cherchant par tous les moyens à ne pas voir ce qu'implique son achat. C'est facile de gémir sur son sort et être incapable de faire le moindre effort pour ne pas maltraiter les plus faibles. Désolé, mais je n'ai pas envie de vivre du meurtre et du commerce des cadavres. Faire naître des êtres, les élever et en prendre soin comme si c'étaient ses enfants, puis les égorger pour se nourrir de leurs organes, c'est dégradant pour celui qui le fait. Vous aimez manger de la viande ? Eh bien, faîtes le sale boulot vous-même, prenez un couteau et aller tuer le petit que vous avez élevé, c'est toujours mieux lorsqu'on fait les choses soi-même, au moins on sait qui on mâche et on peut se rappeler comment il était content lorsqu'on s'occupait de lui, comment il aimait barboter dans l'eau et s'étendre au soleil. La viande a plus de saveur ainsi et au moins on sait qu'elle est saine… Croyez-vous que le seul " plaisir " de manger de la viande puisse justifier cette barbarie, alors que ce n'est pas nécessaire pour vivre et que du plaisir peut être pris ailleurs, comme en mangeant des végétaux par exemple ? Vous pouvez toujours essayer de vous convaincre que vous êtes " normal " en faisant ça, si vous y arrivez…

La normalité n'est rien d'autre que ce que fait une majorité de personnes. Seulement, la " norme " évolue et elle l'a fait au cours des temps. A certaines époques, la torture était normale, comme l'est encore aujourd'hui l'excision dans certains pays. Pourtant ces pratiques ont été abandonnées et la norme actuelle définie ces pratiques comme barbares. On peut facilement imaginer que les premiers à dénoncer ces pratiques se sont fait insulter, traiter de fous, d'hypersensibles, ou pire. Il en va ainsi de l'évolution culturelle, les premiers à dénoncer une injustice sont toujours pris pour des imbéciles et doivent en payer le prix.

PLUS JAMAIS

Rien qu'en France, plus d'un milliard d'animaux servent chaque année de nourriture à des humains. Jamais massacre planifié aussi massif n'a existé, et si les animaux n'étaient pas tant méprisés, la consommation de viande apparaîtrait alors telle qu'elle est : abominable.

Mais justement, elle ne suscite que rarement l'indignation. C'est plutôt l'indifférence qui est reine en ce domaine, alors même que les conséquences sanglantes de la consommation de viande s'étalent au vu et au su de tout le monde, dans la rue, sur les étals de bouchers, dans les pubs, les films, mais aussi dans les prés ou dans les élevages en batterie. Et dans les assiettes. L'attention des humains se limite trop couramment, lorsqu'elle daigne se pencher sur le sort d'animaux, à la vivisection, la chasse ou la fourrure.

C'est que l'utilisation des animaux, comme nourriture, prouve aux humains, de façon pratique, quotidienne, infiniment répétée, leur différence, leur supériorité sur les " bêtes ", leur propre valeur. C'est pourquoi ils tiennent tant à la perpétuer. Hormis les enfants qui se posent des questions sur l'origine de la viande à un certain âge, et qu'on désinforme, souvent, grossièrement, tout le monde connaît l'origine de la viande. Tout le monde sait que les animaux souffrent, éprouvent de la douleur au même titre que les humains. C'est pour nous la raison de cesser de les manger, ou de les utiliser pour la vivisection (etc.). Il nous intéresse qu'on cesse de considérer leur vie (et son contenu) comme insignifiant, et qu'on leur prête la même attention, la même considération que l'on a envers les humains (du moins au niveau du discours). Tant qu'on considèrera que " les humains d'abord " est une affirmation qui va de soi, il ne pourra y avoir qu'une totale déconsidération des intérêts des animaux. En ce qui concerne la consommation de viande, il devrait être clair que les intérêts du mangeur et ceux du mangé sont immensément disproportionnés.

Cette indifférence à l'égard de tous les animaux non-humains, et particulièrement à l'égard des animaux " comestibles ", est due en partie, au fait que tout et tout le monde nous renvoie sans cesse à cette vision. La pression sociale qui s'exerce sur chacun et par chacun, la volonté de consensus, la peur des conflits jouent un grand rôle dans cette acceptation. Car si l'opposition à la chasse ou à la vivisection concerne un adversaire lointain, clairement décelable, et a priori totalement étranger à soi, il n'en va pas de même pour la boucherie : nous avons presque tous été amenés à manger de la viande, et presque toujours notre entourage en mange…

A travers l'opposition à la vivisection (ou la chasse, la fourrure…), on peut se permettre d'éprouver des émotions vis-à-vis des animaux et de les prendre en compte partiellement, parce que cela remet peu en cause notre mode de vie, ni notre univers mental, parce qu'on ne brise pas le consensus avec le voisin (au contraire, on l'affermit : ce n'est pas lui, non plus, le " monstrueux " vivisecteur) et parce que l'antivivisection trouve aussi appui sur une peur diffuse, et donc sur des oppositions supplémentaires, plus acceptables pour les humains qui mangent de la viande : opposition au profit (au capitalisme financier), à la technologie " démoniaque ", à la démiurgie de l'humain…

Souvent, les humains veulent se prouver qu'ils aiment la vie, en essayant d'adhérer à l'idée " virile " qu'ils s'en font : celle d'un combat perpétuel, qui exige de tuer pour ne pas être tué, qui exige de la dureté (ou plutôt, d'être dur)… Et aussi en essayant d'adhérer à l'image qu'ils se font de ce qu'est aimer la vie : ne pas craindre la mort. Et comment se donner l'impression qu'on ne craint pas la mort, s'en administrer la " preuve " ? En flirtant avec elle d'une part, en fonçant en bagnole… Et d'autre part, en tuant, en donnant la mort, en se donnant ainsi l'impression de la maîtriser, de ne plus la craindre, puisqu'elle peut être là, sans nous affecter : elle semble alors ne plus avoir d'importance.

Que vivre implique souvent de se battre, de se montrer dur, de tuer aussi, c'est vrai, mais les humains ne le vivent pas comme une simple constatation, mais ont un rapport d'ordre mystique, religieux, avec cette représentation de la vie, puisqu'ils ont alors l'impression de ne plus vivre " véritablement " s'ils cessent de tuer ! S'ils cessent de cultiver la dureté… S'ils commencent à avoir peur de la mort ! Tout comme bien des humains croiraient ne plus être des " vrais " humains s'ils cessaient de cultiver leur virilité ! Ce combat pour la vie, par le meurtre, est purement symbolique et imaginaire, d'autant plus que ne sont mis à mort et mangés que ceux qui sont " prévus " à cet effet, que ceux dont la mort est permise ! Qu'on ait la possibilité de nier " illusoirement " sa propre mort en tuant les autres est une chose. Qu'on ne puisse vivre que par cette négation en est une autre, et la volonté de se prouver qu'on aime vivre laisserait plutôt penser que notre rapport à notre vie est loin d'être simple.

Y A-T-IL BESOIN DE PLUS ?

Il devrait suffire de voir l'expression du visage d'un animal lorsqu'on l'égorge, sa terreur lorsqu'il sent qu'on va le tuer, voir son sang couler, l'entendre hurler, se débattre pour avoir suffisamment d'arguments pour devenir végétarien ou végétalien.

L'ORIGINE DE NOS IDEES & SE REMETTRE EN CAUSE

D'où viennent nos idées, nos désirs, tout ce qu'on définit comme étant " soi " ? Nos idées ne viennent pas de notre " intérieur ", mais elles sont issues de toute notre éducation et de toutes nos expériences. Ce que nous considérons comme faisant parti de nous-mêmes n'est ni plus, ni moins, quelque chose, que d'autres nous ont apporté. L'humain est un être culturel : sans l'apport culturel de ses congénères, l'humain ne développe pas de langage ou d'idées particulièrement élaborées. Ce que nous sommes est étroitement lié à notre milieu, même l'accent de nos paroles est influencé par notre milieu et seuls ceux qui viennent d'une autre région se rendent compte que nous avons un accent. Sans regard extérieur, nous ne nous en rendons pas compte. En ayant conscience de tous ce qui nous influence, nous pouvons arriver à prendre du recul sur ce que nous pourrions prendre comme faisant partie intégrante de notre personnalité. Il est à ce moment plus facile de se remettre en cause, sans avoir l'impression de perdre un bras ou une jambe : on nous a donné nos idées, nous ne les avons pas forcément choisies et si ces idées sont mauvaises, cela ne veut pas dire que nous soyons, nous, mauvais. Nous sommes " mauvais " juste car nous avons trop intégré, en nous, ces idées au point de nous identifier totalement à elles, de les considérer comme étant une émanation de " soi ". Notre milieu nous conditionne, et ceci est vrai pour tout le monde. Certains en ont plus ou moins conscience ; de ce fait ils sont plus capables de prendre du recul et d'avoir un esprit critique.

Beaucoup ne font, toute leur vie, que singer leurs semblables, que se soit lorsqu'ils sont enfants en imitant leurs parents ou une fois adulte en s'identifiant aux valeurs des groupes auxquels ils sont intégrés. Se remettre en cause, admettre qu'on a tort est très dur. C'est une sorte de fierté que chacun possède plus ou moins. Arriver à ce qu'une personne admette que son attitude est oppressive et tyrannique, et qu'elle se motive à faire des efforts pour l'éviter n'est pas évident. Des maris violents, des violents, des personnes qui sont en position de force acceptent rarement, d'eux-mêmes de modifier leur attitude. Il faut souvent une contrainte pour y arriver (pression de l'entourage, coalition, personnes plus fortes, système judiciaire, travail thérapeutique, etc.). On voit facilement la tyrannie d'un dictateur politique, ou la tyrannie des autres qu'on subit, mais réfléchir sur sa propre tyrannie est plus difficile pour la plupart des humains que de jouer les rapports de force. Ce sera " excitant ", facile et rassembleur de monter une population (à tort ou à raison) contre une autre personne (ou un groupe de personnes). Avoir un ennemi commun permet de s'unir et de se positionner dans le camp des " gentils ". Alors que se remettre en cause est moins mobilisateur.

Un problème est toujours " secondaire " lorsqu'on n'a pas à en souffrir et encore pire quand on sent bien que la cause du problème est soi-même – rien n'est objectif. Qu'on ne s'étonne pas de la tyrannie des humains quand on n'est pas capable soi-même de se remettre en cause juste à cause d'un plaisir qu'on nous a appris à éprouver lorsqu'on mange de la viande d'animaux morts. Car là aussi ce plaisir on nous l'a inculqué…

Quel tyran, quel violent, quel macho, quelle personne assoiffée de pouvoir se préoccupe de la peine de ses victimes quand il n'en souffre pas lui-même ? Par contre, lorsque le tyran se retrouve à son tour dans la position du faible, il réclame pitié pour lui. Ne serait-il pas plus simple de faire un effort pour moins rechercher à écraser l'autre ? Chacun y trouverait son compte : pas de vainqueur, ni de vaincu, pas de dominant, ni de dominé.

LES REACTIONS QUE NOUS RENCONTRONS (1/3)

- " Si on arrêtait de tuer les animaux , nous serions envahis par leur nombre et cela entraînerait la mort des écosystèmes "

Les seuls animaux qui se reproduisent, d'eux-mêmes, en nombre dépassant leurs ressources sont les humains. Dans la nature, les animaux sauvages obéissent à des mécanismes de contrôle qui s'adaptent aux fluctuations des ressources. De plus, on peut très bien imaginer contrôler leur nombre en utilisant des contraceptifs, comme cela est fait pour contrôler les populations de pigeons (et d'humains…).

On nous parle aussi des écosystèmes, non en pensant aux animaux sauvages qui ne seraient plus chassés, mais aux animaux d'élevage qui cesseraient subitement d'être mangés et qui " retrouveraient " leur liberté. Que cela se fasse très rapidement, ce n'est pas la peine d'y songer. Les humains n'arrêteront jamais tous " du jour au lendemain " de manger de la viande, alors la masse des animaux d'élevage, s'ajustera aux besoins du marché petit à petit. Si le nombre de consommateurs de viande, d'œufs et de lait diminue, le nombre d'animaux mis au monde et maintenus en vie dans les élevages diminuera proportionnellement.

De plus, les écosystèmes ne " mourraient " pas, ou en d'autres termes, ne disparaîtraient pas, mais se transformeraient comme ils l'ont toujours fait, et c'est d'ailleurs parce qu'ils ont été au préalable saccagés que l'" on " pense maintenant " devoir " les réguler. De toute façon, les élevages, industriels ou non, ont déjà des retombées sur l'environnement, de même que toutes les autres industries.

D'autre part, et ce n'est pas un hasard, si nos interlocuteurs réagissent souvent en employant le pronom indéfini " on ", alors que nous nous adressons, généralement, à quelqu'un de bien déterminé. Répondre " on ", est déplacer et esquiver le problème posé initialement ; c'est substituer " innocemment " une responsabilité collective indéfinie à une responsabilité (au sens de causalité, et non de culpabilité) individuelle bien définie, elle. Trop, sans doute, pour ceux qui préfèrent alors " on " à " je " . L'expression " Ce n'est pas moi, c'est nous ! " a servi à justifier beaucoup d'atrocités à travers l'histoire, et même, a souvent rendu leurs réalisations possible !

- " Les animaux se mangent entre eux, c'est là une loi naturelle ; et l'humain n'échappe pas à cette loi "

Ceci est faux, une " loi " impliquerait une conséquence obligatoire, comme une " loi " mathématique ou physique, par exemple : 1 + 1 = 2, ce qui est irréfutable. Or, dans notre cas, l'humain peut très bien vivre en étant végétalien. L'humain n'est pas le moins du monde " obligé par une loi " à tuer des animaux pour se nourrir. S'il le fait, c'est uniquement pour des raisons culturelles.

De plus, tous les animaux ne mangent pas de la viande, les animaux les plus puissants et les plus résistants, l'éléphant, le taureau, le gorille, le rhinocéros, l'hippopotame, sont des animaux végétaliens. Les animaux exclusivement carnivores (moins nombreux qu'on ne le prétend) n'ont guère le choix, quant aux omnivores (comme l'ours), ils consacrent la plus large part de leur alimentation aux végétaux.

En tant qu'êtres humains, nous sommes fiers de notre capacité à choisir. A nous de nous montrer dignes en rejetant une nourriture qui n'est pas la nôtre, en optant pour une alimentation adaptée à nos besoins, respectueuse de notre développement physique et psychique ainsi que de l'économie, de l'environnement et de la souffrance que provoque aux animaux la consommation de viande.

Et d'ailleurs, aucune pseudo loi ne rend moralement acceptable un acte cruel.

- " Les animaux ne souffrent pas de leur incarcération, car ils n'ont jamais connu autre chose "

Les animaux d'élevage intensif (et ils le sont à 90%) ne s'habituent jamais à leurs conditions de vie. Leur souffrance s'exprime clairement par les nombreuses maladies qui les déciment. Leur survie jusqu'à l'abattage n'est d'ailleurs possible qu'avec l'admission massive d'antibiotiques et de tranquillisants. Salmonellose, listériose, brucellose, maladie de la vache folle (transmissible à l'humain), " sida " bovin, peste porcine, peste des volailles, tremblante du mouton, etc., longue est la liste des conséquences de la surpopulation, de l'enfermement, de l'alimentation de synthèse volontairement carencée (veaux), de la contention (truies), des modifications génétiques (poulets " de chair " et dindes) et de toutes ces conditions de vie violentes que constituent l'élevage intensif.

Beaucoup d'humains ne veulent pas consommer de viande industrielle mais sont prêts à manger leur cochon fermier. Non pour une question de souffrance des animaux, mais, car seulement, leur santé personnelle les préoccupe.

Il est, pourtant, sans doute partiellement vrai que sans connaître quelque chose de meilleur, nous ne sommes pas frustrés : incapable que nous sommes, souvent, d'imaginer autre chose que ce que nous vivons, ne subissons-nous pas, nous-mêmes, très facilement, résignés, une somme considérable de contraintes ? Mais cela ne nous empêche pas de ressentir, quand même, des souffrances que nous n'arrivons pas à nier-banaliser. Sans compter les souffrances " corporelles " qu'on ressent toujours (être à l'étroit, avoir trop froid, être égorgé…). Il est vraisemblable, par contre, que les animaux ne peuvent pas " jouer " comme nous avec la souffrance, l'escamoter selon leur bon vouloir.

- " Les animaux de boucherie sont faits pour ça "

Cela exprime l'opinion obscène qu'ils ont été conçus, qu'ils existent, spécialement pour ce destin, et qu'ils ne peuvent donc pas décemment souhaiter autre chose. Evidemment, ceux qui prétendent ceci, sont ceux qui profitent de l'exploitation des animaux. Ce sont comme des racistes qui affirment que des races étaient faîtes pour être assujetties à d'autres. Ceux qui sont en position de force cherchent toujours à légitimer l'oppression qu'ils font subir aux autres. Que diraient-ils si on tenait les mêmes propos sur eux ? On pourrait très bien trouver une religion, un dieu ou une théorie qui légitimerait leur soumission. Chaque être est fait pour vivre sa propre vie et non pour servir de chair à souffrance à d'autres êtres.

- " La législation assure aussi la protection des animaux de consommation "

En France, les lois censées protéger les animaux familiers, chiens et chats, sont déjà systématiquement bafouées. En ce qui concerne les animaux dits de boucherie, ces lois sont très flexibles. Les animaux d'élevage sont parqués, à l'abri des regards, et toutes enquêtes sur leurs conditions de vie (et de mort) sont systématiquement découragées par l'industrie de l'élevage. La surveillance sanitaire n'est même pas assurée : en témoignent les enquêtes qui se suivent dans les médias sur le " trafic " de la viande. Pour les élevages de poissons, la législation est inexistante et l'importante pollution qui en résulte est passée sous silence.

- " Les éleveurs prennent soin de leurs animaux puisque leurs profits en dépendent "

Le profit (sans cesse plus faible) des éleveurs provient surtout des subventions. Leur marge de profit dépend en grande partie de la productivité des animaux par francs investis en locaux, équipement et main d'œuvre. En conséquence, c'est par l'entassement que les industriels de l'élevage peuvent s'adjuger un meilleur profit. La productivité par animal doit sans cesse augmenter : il y a cent ans une vache donnait en moyenne

650 litres

de lait par an, maintenant, elle en donne dix fois plus ; les truies sont forcées génétiquement pour donner naissance à 15, voire 20 porcelets, les os des pattes des poulets de " chair " se fracturent sous leur poids (le poids moyen des poulets a doublé en 25 ans), les poules pondeuses sont " usées " en moins d'un an, etc..

Lorsqu'il devient trop important pour permettre un bénéfice, le taux de mortalité peut, seul, inverser cette situation… Même la mortalité précoce des poulets, par exemple, devient source de bénéfices puisqu'on sait que l'industrie recycle les os (aliments pour chiens, chats,… et bébés !), les plumes (médicaments, shampoings) et même les excréments qui peuvent être incorporés dans l'alimentation du bétail et des volailles.

- " Je ne mange pas d'animaux d'élevage en batterie ou n'ayant pas été tués " humainement " "

Alors vous êtes… végétarien ! En effet, plus de 90% des animaux dits de consommation proviennent d'élevages industriels. " Tuer " et " humainement " sont des mots incompatibles. Savez-vous que dans les abattoirs, même les employés connaissent des conditions de travail particulièrement pénibles et un taux d'accidents très élevé (membres broyés dans " l'éplucheuse " ou le " cutter ", brûlures dues aux fuites d'azote, etc.). Salaires de misère, journées longues et dures, épuisement physique (bruit des machines, cris des animaux, puanteur du sang et des carcasses), épuisement psychique (voir autant d'atrocité), avec pour conséquence l'alcoolisme.

- " J'en fais assez pour la défense des animaux sans avoir à devenir végétarien "

Le nombre d'animaux à sang chaud maltraités et abattus pour la consommation est environ 30 fois celui tués pour l'industrie de la chasse et celle de la fourrure, 500 fois celui des animaux tués dans les abattoirs de la vivisection, 500 fois celui des animaux de compagnie tués dans les fourrières. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que la vivisection travaille pour / avec l'élevage, dans le domaine de la génétique, par exemple, et qu'un végétarien n'est jamais chasseur, porte rarement de la fourrure et ne s'affiche pas aux corridas.

- " Des êtres meurent chaque seconde sur la planète, alors pourquoi se préoccuper de la mort des animaux ? "

La vie est effectivement étroitement liée à la mort, elle n'est qu'un court passage. Seulement, il y a une différence entre être directement responsable d'une mort inutile et le fait que toutes vies se finissent un jour. A ce moment pourquoi ne tuer que les animaux et pourquoi vous-même continuez-vous à exister ? Pourquoi refuser aux animaux ce que vous vous attribuez à vous-même ?

- " Les plantes aussi sont vivantes, vous y pensez aux plantes ? Elles souffrent elles aussi ! "

C'est vrai que les plantes sont vivantes et c'est pourquoi toute personne sensible à la " souffrance " des plantes se doit d'être végétalienne : elle ne consommerait qu'une quantité de végétaux infime si on la compare à celle qu'exige la production de viande, de lait et d'œuf.

Certains disent que les plantes souffrent car elles réagissent lorsqu'on les coupe, elles émettraient des ondes (non vérifié) et réagissent aux conditions de leur environnement, alors d'après eux, cela serait pareil de tuer une plante ou un animal : il est reconnu par les chercheurs scientifiques que la souffrance n'existe que grâce à un système nerveux pour transmettre les informations et un cerveau pour les analyser. Il semble logique de dire que sans cerveau la conscience et la souffrance n'existent pas, d'ailleurs cette version est reconnue par l'ensemble des médecins car ils considèrent qu'un humain est mort lorsque son cerveau ne montre plus d'activité, même si son corps est maintenu artificiellement en fonctionnement. Ils prélèvent, même, des organes sur ces humains pour des transplantations. On prend aussi soin d'essayer d'assommer les animaux avant de les tuer pour leur éviter des souffrances.

Dire que les plantes souffrent revient à affirmer la possibilité d'une conscience sans cerveau. Les humains qui avancent cela n'imaginent pas ce que cela remet en cause, d'autant plus qu'ils affirment cela par le seul fait que les plantes réagissent à leur environnement (les expériences d'émissions de signal par les plantes n'ont pas été vérifiées). Dans le même style on pourrait dire qu'une bilame (tige de métal constituée de deux plaques d'alliages différents) souffre puisque lorsqu'on la chauffe, elle se tord de " douleur ", on pourrait aussi dire qu'un robot, conçu pour réagir aux conditions de son milieu, souffre. On peut dire que les plantes sont vivantes mais pas du métal ou un robot : le problème n'est pas uniquement le fait d'être vivant, mais le fait de pouvoir ressentir quelque chose. Un atome est-il vivant ? Nous vous laissons réfléchir à la notion de vivant…

Certains diront qu'ils savent par intuition que les plantes sont conscientes : c'est toujours facile de l'affirmer, en s'expliquant juste par " l'intuition ". On peut dire ce qu'on veut, l'intuition c'est d'ailleurs ceci : dire ce qui nous arrange, sans rien justifier. Alors que nous, il faut qu'on justifie tout… Même en supposant que les plantes soient conscientes, cela serait encore un argument de plus pour être végétalien, vu ce que la consommation de viande détruit comme plantes, par un gaspillage catastrophique : lorsqu'on est végétarien ou végétalien, on détruit beaucoup moins de végétaux. On peut aussi dire que le problème ne se pose que pour les légumes et les graines germées car les céréales, légumineuses, oléagineux sont ramassés une fois séchés, et les fruits ne demandent pas de tuer les arbres. Pour le papier, on peut utiliser du papier recyclé.

Mais d'ailleurs, que faites-vous pour améliorer le sort des plantes ? Car, enfin, il est toujours amusant de voir sortir des arguments de ce type de la bouche de personnes qui ne sont mêmes pas capables de commencer à éviter les souffrances les plus flagrantes des animaux, en devenant végétariens ou végétaliens. Ont-ils seulement tué de leur main un animal en le regardant dans les yeux et coupé une fleur en la regardant ? Ont-ils seulement visité un abattoir et une serre à légumes avant de dire que tuer un animal est pareil que tuer une plante ? Et là, il n'y a pas besoin d'intuition pour voir que les animaux souffrent. Comment osent-ils comparer ces deux actes ? Comme osent-ils être d'aussi mauvaise foi ? Ils ne cherchent qu'à excuser leur attitude, ni plus, ni moins. Si déjà, une majorité d'humains étaient végétaliens, on pourrait réfléchir à ces questions. Etre végétalien n'est déjà pas si facile, justement, à cause de ces personnes qui nous reprochent de ne pas aller assez loin sans mettre en pratique ce qu'ils nous demandent d'appliquer. Alors que d'un autre coté, ce seront les mêmes qui nous traiterons d'extrémistes seulement car nous sommes végétaliens. Etre démagogique est très facile, pour notre part, nous nous contentons de demander aux autres de faire comme nous, pas plus.

- " Et les chaussures ? "

D'un point de vue écologique, l'industrie du cuir est très contestable. Bien que le cuir soit lui-même biodégradable, les procédés de tannage et de teinture des peaux entraînent des pollutions considérables. Par exemple, le cuir importé du Brésil est tout autant responsable de la déforestation que l'industrie de la viande. Représentant jusqu'à 25% du produit financier de l'abattage, le cuir peut devenir une incitation à l'abattage. En outre, l'industrie du cuir, largement installée dans les pays non-industrialisés fait appel à la main-d'œuvre enfantine. Nous essayons d'être conséquents, en évitant le cuir, produit tiré de l'empire Boucherie.

LES REACTIONS QUE NOUS RENCONTRONS (2/3)

- " Chez nous, l'élevage est une tradition "

L'élevage industriel ne peut être une tradition chez nous, ni ailleurs. Le niveau actuel de consommation de viande et de produits animaux est une " tradition " qui n'a qu'une cinquantaine d'année ainsi que le montre la progression des maladies cardio-vasculaires et des cancers des voies digestives depuis cette époque.

De toute façon, même si l'élevage non-industriel améliore probablement la vie des animaux, il n'en reste pas moins que le sort qui leur est réservé est le même : l'égorgement dès qu'ils ne sont plus rentables ou trop vieux. Une tradition ne justifie rien du tout. L'important n'est ni de perpétuer une chose, ni de la conserver mais de considérer l'intérêt des êtres eux-mêmes.

- " Vous êtes des citadins ignorants des réalités de la campagne "

C'est bien parce que nous sommes au courant (comme chacun peut l'être) que nous dénonçons les élevages. Tout élevage signifie l'exploitation, voire la torture et dans tous les cas la mort des animaux.

- " Vous vous attaquez aux exploitants agricoles en pleine période de crise "

Au contraire, nous soutenons, par notre mode de consommation, les agriculteurs qui servent l'humanité, respecte les animaux et la terre : producteurs de céréales, d'oléagineux, de légumes, de fruits ; ainsi que tous les artisans transformateurs en fruits secs, tofu, huile, pour donner quelques exemples.

- " L'élevage participe à la préservation de nos ressources naturelles "

Au contraire. On nous dissimule par tous les moyens le lien étroit entre la production de viande et la destruction massive des forêts, la pollution des eaux et de la terre, les inondations, autant que la sécheresse, l'épuisement des ressources de la mer, l'effet de serre. Le bétail fabrique plus de méthane que l'industrie : une conclusion d'étude du Ministère de l'Energie Américain a déterminé que le bétail (principalement les 2,5 milliards de bovins de note planète) éructe ou rejette dans l'atmosphère 75 millions de m3 de méthane par an, produit par la fermentation des déjections ou durant la digestion.

Ne pas manger de viande contribue à réduire la misère de l'humanité et à la conservation de l'environnement, en prélevant une moindre part des ressources du monde. Cela soulage aussi la misère animale en boycottant l'élevage et l'abattoir. Le bétail ne produit pas de la nourriture : il la gaspille. Il faut à un bovin

30 kg

de nourriture pour fournir

1 kg

de viande. Cette nourriture est composée de précieuses protéines végétales (céréales et légumineuses), voire animales (farines de viande et de poisson). L'accroissement vertigineux de la consommation de viande et de produits laitiers, a comme conséquences inéluctables la généralisation de l'élevage industriel, un gaspillage d'énergie incroyable et une pollution exponentielle.

Au moins 50% des terres agricoles en France sont utilisées pour nourrir les élevages. Il ne s'agit donc pas, seulement, de consommer ce que nous donnons au bétail mais d'utiliser nos sols pour nourrir l'humanité tout en polluant le moins possible.

Un demi-hectare de terre peut produire assez de soja pour nourrir 61 personnes, assez de blé pour nourrir 10 personnes et du bétail pour nourrir (mal) 2 personnes.

L'industrie de l'élevage produit moins de protéines qu'elle n'en utilise. Pourtant l'industrie alimentaire et les gouvernements qui la soutiennent, persistent à promouvoir aveuglément leur économie de famine et de souffrance dans les pays développés ; pire encore, le modèle obsessionnel de nourriture occidental envahit le Tiers-Monde, aggravant les inégalités sociales entre la minorité qui adopte ce modèle et l'immense masse des affamés. Venir à bout de la famine, c'est d'abord en comprendre les causes.

- " Renoncer à la viande causerait un chômage massif "

Quels emplois disparaîtraient ? Pareur (qui dénerve la viande), désosseur, tâcheron boucher ou tueur d'abattoir. Ou, peut-être, masturbateur de dindons, castreur de porcs, sexeur de poussins, équarrisseur, chercheur en contention de porc à l'INRA. Épandeur de pesticides et de lisier ?

Je ne suis guère plus sensible à cet aspect du problème qu'au chômage des fabricants d'armes ou de centrales nucléaires. Toujours cette disproportion effroyable entre les intérêts des uns et des autres. Les animaux ne comptent pas dans ce calcul. De toute façon, des exemples de reconversion d'industrie existent (métallurgie, agriculture, etc.), elles ont produit, certes, du chômage à une période, mais l'activité humaine évolue et de nouvelles activités sont apparues. On peut dire que l'apparition de l'âge du fer à mis au chômage les tailleurs de silex dans le passé. Ne faut-il rien changer ? Il est possible, socialement, d'organiser une répartition équitable du travail et des richesses, pour que les évolutions soient profitables à tous.

- " Les végétariens doivent faire attention à ce qu'ils mangent "

Ils le font, c'est pour cela qu'ils ont définitivement exclu la viande et même les sous-produits animaux de leur alimentation. Les seules personnes que le végétarisme inquiète sont les industriels de la viande, de la pharmacie et les médecins à leur solde, qui profitent de la maladie et de la mort (des humains et des animaux).

- " Il faut une alimentation équilibrée "

Un végétarien absorbe quotidiennement une nourriture variée : céréales et légumineuses, légumes frais et fruits de qualité, afin d'assurer un bon équilibre en glucides (hydrate de carbone), protéines, lipides, vitamines et sels minéraux. La viande, bien au contraire, déséquilibre l'alimentation par un excès de graisses saturées et de cholestérol, entrave la digestion par son manque de fibres et de vitamines et encrasse l'organisme par l'urée. A ceci s'ajoutent les résidus de l'élevage industriel : métaux lourds, pesticides, hormones, antibiotiques et divers médicaments, tous lourds de conséquences pour la santé des animaux et de ceux qui les consomment.

- " L'organisme humain est adapté à l'assimilation de la viande "

Pas du tout. Contrairement aux carnivores, nous avons une petite bouche, une denture faite pour mastiquer et non déchirer : incisives bien développées, molaires émoussées, une salive neutre, un estomac volumineux, un intestin long (

10 mètres

), un colon à replis. Toutes caractéristiques impropres à une alimentation carnée.

- " On a toujours mangé de la viande "

Faux. La consommation moderne de viande et de sous-produits animaux est un phénomène sans précédent dans l'histoire de l'humanité. En France, la consommation de viande a progressé de 500% en un siècle. Obésité, goutte et rhumatismes, maladies du cœur, diabète, ostéoporose ainsi que la plupart des cancers, maladies autrefois réservées à la minorité la plus riche, frappent aujourd'hui " démocratiquement " tous les consommateurs de produits animaux. De plus, l'ancêtre de l'humain était végétarien…

Dans tous les cas l'argument consistant à dire " on a toujours fait ainsi " ne justifie pas qu'il ne soit pas possible de faire autrement et que la pratique soit moralement acceptable.

- " Les populations qui manquent de viande souffrent de malnutrition "

Les personnes qui souffrent de malnutrition dans les pays non-industrialisés sont privées des protéines et des glucides qu'ils sont contraints de cultiver et d'exporter pour nourrir le bétail occidental. Par exemple, en Thaïlande, le manioc qui constitue la principale ressource du pays est exporté à 90%. En conséquence, les disponibilités locales en fécule et en protéines régressent alors que 50 000 enfants (pour une population de 5,1 millions d'habitants) meurent chaque année principalement de malnutrition.

Parallèlement, les pays qui ont la plus forte consommation de viande (et de sucre) par habitant (USA, Canada, France) sont également ceux qui ont le plus de maladies et d'accidents cardiovasculaires, cancers et autres maladies chroniques, dégénératives ou létales. Alors que les végétariens de ces mêmes pays ont deux à trois fois moins de risques de contracter l'une de ces maladies que le reste de la population : réduction de 50% de la mortalité cardiovasculaire et de 40% des cancers.

- " Le végétarisme, d'accord pour les adultes, mais les enfants ? "

Comme les adultes, les enfants ont besoins de protéines, de calcium et autres minéraux. Pour leur croissance, ils ont aussi besoin d'une ration importante de glucides, source d'énergie, et de vitamines, d'oligo-éléments et d'enzymes pour coordonner le tout. Même si la viande contient des protéines et du fer (bien moins que beaucoup de végétaux), cela ne signifie pas qu'ils soient assimilables et / ou bénéfiques. Nous assimilons par contre les graisses nocives des viandes. A sa période de croissance maximale, durant les premiers mois, un bébé trouve une ration de protéines suffisante dans le lait maternel qui n'en contient que 5% : moins que la plupart des végétaux et bien moins que tous les oléagineux. Pauvre en magnésium, la viande contribue, par ailleurs, à la décalcification. La majorité (70%) des enfants français ont des caries dès la première dentition.

- " Mais où trouver les protéines ? "

Dans les pays industrialisés, nous sommes, en fait, victime d'une sur-consommation de protéines à cause d'une propagande lancinante qui nous assène à longueur de temps que nous " manquons " de protéines. Même en s'abstenant de consommer des produits d'origine animale, si nous nous nourrissons de céréales complètes, de légumineuses, et d'oléagineux (noix, amandes,…) et autres végétaux, notre consommation de protéines demeure supérieure à celle recommandée par l'O.M.S. et diverses organisations mondiales de la santé. De plus, les végétariens évitent les graisses saturées et le cholestérol lourd contenus dans la viande et les autres produits d'origine animale qui surchargent le système digestif, le foie et les reins en encrassant l'organisme.

- " Les protéines végétales ne sont-elles pas de qualité inférieure ? "

Toutes les protéines sont de mêmes qualité. Sur la base d'expériences pseudo-scientifiques, car effectuées sur l'animal non-humain, on a longtemps voulu nous faire croire qu'il fallait absolument absorber les 14 acides aminés dont se compose notre corps. Nous savons maintenant qu'il n'en est rien : notre organisme recompose les acides aminés dont il a besoin à partir de toutes les protéines ingérées. Seule la surcharge lui est néfaste : elle est, par exemple, cause de décalcification (l'ostéoporose est une maladie inconnue en Afrique).

- " Mais les légumes contiennent autant de substances nocives que la viande ? "

Faux. Aucun fruit, légume ou céréale ne contient de cholestérol lourd ou de graisses saturées. Quant aux divers résidus de l'élevage industriel moderne, pesticides, antibiotiques, hormone de synthèses, etc., ils s'accumulent dans la viande, d'où on ne peut les éliminer. Alors qu'en lavant simplement les végétaux, on se débarrasse de certains des additifs toxiques. De plus, rien ne vous empêche de consommer des fruits, légumes et céréales provenant de l'agriculture non-industrielle pour éviter ces suppléments empoisonnés. Les produits de l'agriculture biologique sont, en outre, plus riches en vitamines, enzymes et sels minéraux.

- " Vous buvez du lait et mangez des produits laitiers, quand même ? "

Certains le font, mais il est préférable de l'éviter. Le lait de vache (ou d'autres mammifères) et tous ses dérivés, beurre, crème, yaourts, fromages, glaces, etc., apportent trop de protéines et de minéraux, tout en étant carencés en lipides vraiment utiles à l'organisme humain. Le lait est impliqué dans des maladies les plus graves et les plus répandues : cancer du sein, tumeur de l'intestin, rhumatismes, polyarthrite. Les protéines du lait sont à l'origine de maladies allergiques réputées incurables comme l'asthme, ou l'eczéma, ainsi que les rhinites à répétition et toutes les infections de la sphère O.R.L.. Les sucres du lait sont responsables de multiples disfonctionnements digestifs. Les graisses provoquent diverses maladies cardiovasculaires par encrassement artériel : infarctus de myocarde et accidents vasculaires cérébraux en particulier. Et combien de peaux grasses et boutonneuses (et de dermatologues) peuvent bénir l'industrie du lait…

- " Il faut pourtant du lait pour les bébés "

Pour un bébé, rien ne remplace le lait de sa mère. Le lait de vache est très différent du lait de femme humaine. Par sa teneur en graisses et en sodium, il constitue un facteur d'hypertension précoce, induit le diabète précoce (qu'on prétend héréditaire) et provoque des carences en fer. On se souvient aussi de la campagne contre Nestlé " le tueur de bébés " qui, en imposant les laits " maternisés " auprès des populations mal informées des pays non-industrilisés, a fait mourir des millions de nourrissons littéralement vidés par des diarrhées à répétition, comme l'a dénoncé l'O.M.S..

- " Et le calcium alors ? "

Le mythe du calcium… Si vous avez déjà la sagesse d'éliminer la viande, car l'excès de graisses et de protéines est défavorable à l'assimilation du calcium, vous n'aurez pas de difficultés à assurer votre apport calcique quotidien avec tous les légumes verts, choux et brocolis, par exemple, les fruits secs, figues surtout, les graines oléagineuses, notamment, sésame, amandes, ainsi que les algues, spiruline, par exemple ; soja sous forme de " tofu " ou autres. Dans les végétaux, le calcium est associé à d'autres minéraux qui en favorisent l'assimilation, ce qui n'est pas le cas des produits laitiers. Il est essentiel pour le corps que le pH du sang reste neutre. Ainsi, si un régime contient trop d'éléments acidifiants (viande, poisson, produits laitiers, œufs, sucre et farine raffinée), l'organisme retire le calcium des os et s'en sert comme d'un minéral alcalin pour équilibrer le pH sanguin.

L'observation du règne animal, et des mammifères végétaliens en particulier, devrait nous faire réfléchir : ces animaux ont un squelette solide et une force musculaire supérieure à la notre et pour certains, supérieure même aux autres espèces, citons l'éléphant, le gorille, le rhinocéros ou l'hippopotame. Ils arrivent fort bien à former et entretenir leurs os, en mangeant de l'herbe, des fruits ou des feuilles, et jamais de lait d'une autre espèce à l'âge adulte. L'humain est probablement la seule espèce à boire du lait toute sa vie.

Actuellement, des instituts de recherche financés par l'industrie laitière lancent plusieurs études pour valider la consommation de produits laitiers. Ces études sont effectuées, sur des sujets à l'alimentation carencée au départ, et tiennent compte, pour leurs résultats, de paramètres ponctuels, qui ne reflètent pas la qualité de la fixation osseuse.

- " Il n'est pas nécessaire de tuer un animal pour avoir du lait "

Pas de lait sans veau. Pour produire aujourd'hui ses 4000 à

6000 litres

de lait annuel, la vache est en lactation 10 mois par an, met bas tous les 9 mois pour être inséminée artificiellement 3 mois après chaque vêlage. Son veau lui est retiré quelques heures ou quelques jours après la naissance. Si c'est un mâle, il sera abattu après quelques semaines de claustration dans l'obscurité et de nourriture volontairement carencée pour produire le veau anémique blanc à souhait. Si c'est une femelle, elle produira du lait pour finir de toute façon à l'abattoir au bout de 4 ou 5 ans, au terme d'une exploitation intensive où les supplémentations d'hormones (œstradiol, progestérone, testostérone et d'autres) jouent un rôle grandissant, qu'elles soient interdites ou non.

Derrière chaque tasse de lait, se cachent une côte de veau et une côte de bœuf. L'industrie de la viande de " bœuf " s'approvisionne à 80% de vaches laitières trop " vieilles ".

LES REACTIONS QUE NOUS RENCONTRONS (3/3)

- " Vous voulez imposer vos idées "

Comment le pourrions-nous ? Actuellement, c'est la consommation de viande qui est imposée. Très peu d'informations circulent sur le végétarisme et le végétalisme. Ne pas manger des animaux, c'est se retrouver dans le camp des minoritaires. Et même si nous voulions " imposer " le végétarisme et le végétalisme pour défendre les animaux, qu'y aurait-il de mal à défendre le faible contre le fort ? Chacun est d'accord pour protéger une femme battue, pourquoi cela serait-il différent pour les animaux ? Il n'y a pas si longtemps, peu de monde trouvait inacceptable que les femmes soient battues. Il en est de même pour les animaux actuellement. Peu de monde est choqué par le martyre qu'ils subissent et peu de monde trouve utile de les défendre. Nous ne voulons rien imposer, nous voulons juste que les animaux ne soient plus maltraités sans raisons valables.

- " Les animaux ne souffrent pas, n'ont pas de conscience "

Rien non plus ne me prouve que ce n'est pas aussi le cas des autres humains. Je me base sur des ressemblances avec moi-même pour penser qu'ils ont une conscience, et je ne m'appesantis pas sur l'aspect machinal de la vie civilisée. Si j'étais extra-terrestre, j'aurai apparemment de solides raisons de douter que les humains soient conscients. De la même façon, je ne me place pas en extra-terrestre par rapport aux animaux. De toute façon, conscient ou pas, les animaux ressentent la douleur, et c'est ce qui importe ici.

- " La viande est vitale "

C'est ce que croient (ou veulent croire) encore beaucoup de gens. C'est bien sûr totalement faux, les milliers de familles végétariennes et végétaliennes à travers le monde prouvent le contraire.

- " Je donne la priorité aux problèmes des humains. Après, je me poserai la question "

C'est là une manière de dire qu'on s'en fiche éperdument. Toujours cette volonté de donner la priorité aux humains ! Mais pourquoi aux humains spécialement, pourquoi pas aux français, ou aux coiffeurs (c'est ce que font les nationalistes et les corporatistes) ? C'est qu'en donnant une valeur particulière, sacrée même, aux autres humains, on a l'impression de s'en donner une à soi-même. Alors qu'être végétarien ou végétalien ne demande pas de temps et donne tout loisir à s'occuper d'améliorer le sort des humains les plus faibles. Pourquoi chercher à opposer l'un à l'autre ? Qu'est ce qui empêche d'être végétalien et de militer pour des causes humaines ? Cuisiner des végétaux ne demande pas plus de temps que de préparer de la viande.

- " La viande donne des forces, elle est utile (entendez : nécessaire) aux sportifs et aux bûcherons "

Il ne nous semble pas que la viande donne plus de forces que n'importe quel légume tout mou. Ce sont, en général, des hommes qui disent ça, et manger de la viande les renvoie, sans doute, à l'image vivifiante de l'homme viril qui se bat pour survivre et nourrir sa femelle et ses petits. L'idée que la viande donne des forces (jusqu'où ne conforme-t-on pas la réalité et ses désirs !) viendrait de cette croyance ancienne et un peu magique que manger de la cervelle, par exemple, rendrait plus intelligent, ou que consommer de la poudre de corne de rhinocéros (avant d'être réduite en poudre, elle était dure et pointait vers le ciel !) décuplerait la virilité. " Quel punch le bœuf ! ", c'est de la pub pour vendre du bœuf mort. Et le bœuf vivant, qui a tant de punch, il mange quoi ? Du bœuf ? Non, de l'herbe. Derrière tous ces prétextes et justifications, il y a l'envie de manger de la viande, n'importe quelle viande, de manger de l'animal tué. De se sentir quelque part un tigre, même si on est traité " comme un chien " par les autres humains.

- " La viande est bonne, meilleure, en tout cas, qu'un légume tout mou, tout flasque, tout fade ! "

Mettre en balance ce supposé bon goût avec des vies entières de souffrance montre précisément à quel point les animaux sont méprisés, niés. De plus, la viande n'a pas particulièrement de goût, elle en obtient un, uniquement, lorsqu'elle est préparée avec des épices, des légumes et qu'elle est cuite. Les piments et les épices sont des végétaux et ils ont énormément plus de goût que toutes les viandes, à par lorsque la viande se décompose et se putréfie, ce qui ne sera pas vu par beaucoup d'humains comme une " bonne odeur ".

- " Et puis, de toute façon, je n'en mange que très peu "

Nous avons fait, un jour, un débat sur le thème des animaux, étaient présents essentiellement des militants progressistes, et tous, en guise d'introduction à ce qu'ils allaient dire, nous ont sorti ça. Nous ne voyons pas bien en quoi cela signifie être sensible à la souffrance des animaux, en quoi ils avaient conscience du problème qui nous intéressait. C'est vrai que manger de la viande une fois par semaine tue, sans doute, moins qu'en manger tous les jours. Les animaux vivent, probablement, plus cette différence que nous. Quelle réaction auraient-ils si quelqu'un leur disait qu'il bat peu sa femme ?

Par ailleurs, et puisqu'on parle de militants, il semblerait qu'il y ait chez eux une gêne parce que les animaux ne sont pas une cause révolutionnaire, qui puisse, en tant que telle, déboucher sur un changement radical de société. On ne peut pas faire de démagogie aux animaux, alors que si on se lamente sur le sort des ouvriers ou des enfants, on espère qu'en retour, par gratitude ou par conscience de classe ou autre, ils nous construiront le monde idéal dont on rêve.

- " Tout ce que nous mangeons est obtenu dans ce système par l'exploitation des humains, des animaux ou des plantes ; on ne s'en sortirait pas si on voulait faire attention à tout et il faut bien manger… "

Il n'y a pas de solutions " tout ou rien "… Beaucoup disent préférer s'abstenir plutôt que faire quelque chose qu'ils jugent imparfait. Ils oublient qu'ils font quelque chose en mangeant de la viande, ce n'est aucunement une abstention, ils ne font qu'accomplir une vie médiocre, dictée par la tradition, qui les a habitué à manger de la viande malgré la barbarie que cet acte représente. Pour moi, il ne s'agit pas d'essayer d'être parfait dans telle ou telle direction, de rechercher un absolu quelconque, mais d'essayer de déterminer une " solution imparfaite " qui soit la plus en accord avec les buts que je me donne.

- " Tu ne serais pas là si tes ancêtres des cavernes n'avaient pas chassé ! "

Peut-être, mais les choses n'ont un sens que dans une situation donnée, et c'est de la situation présente dont nous parlons, pas du passé, ni de personnes lointaines. De plus nos ancêtres ont été végétariens à une période, alors on pourrait aussi bien dire " si nos ancêtres n'avaient pas été végétariens, nous ne serions pas là ". Pourquoi se référer à une situation datant de millions d'années pour justifier ses attitudes actuelles ?

- " C'est un luxe de nanti de se poser le problème. Ne faites pas le difficile, il y en a beaucoup qui aimeraient en manger et qui n'ont pas cette chance ! "

Il est paradoxal de tenir un tel discourt alors qu'on est nanti, qu'on s'adresse à un nanti, et pas au squelette moribond dont il est question. Ne pas manger de viande n'est nullement " faire le difficile ", c'est juste constater qu'il est possible de vivre sans tuer des animaux et de préférer cette solution.

Je reviens à l'argumentation qui nous traite d'enfants gâtés. Elle me semble fondée sur un double mépris. Le mépris de nos motivations d'abord : on ne nous reproche pas de ne pas manger de viande, on nous reproche de le faire pour des motifs peu sérieux. Illustration donnée : " Si tu étais paysan du Sahel, tu ne ferais pas la fine bouche pour manger ta vache quand tu en aurais besoin ". Peut-être. Si ma vie en dépendait, j'abattrai peut-être 15 personnes pour me sauver. Peut-être pas. Je me vois mal le dire d'avance. Mais ça ne prouve ni qu'abattre 15 personnes ne soit pas grave, ni que tuer une vache n'est pas grave. Je ne suis pas paysan du Sahel (et les gens en face de moi qui s'indignent en leur nom, non plus), ma vie n'est pas en danger, et dans mon existence quotidienne, j'évite d'abattre des gens et de faire tuer des vaches.

Deuxième mépris : celui contre les gens du Tiers-Monde eux-mêmes. A force de savoir qu'ils ne mangent pas à leur faim, on finit par croire qu'ils ne sont que des ventres affamés. C'est un effet pervers du tiers-mondisme. On fait abstraction de leurs pensées, de leurs différences individuelles, de tous leurs désirs autres qu'alimentaires. On ne s'attend pas à ce qu'ils puissent dire : " Nous avons faim mais ça nous gêne de manger de la viande ". On ne comprend pas que certains Indiens refusent de manger la viande. Les gens affamés ne sont pas censés réfléchir à un niveau moral ou philosophique. Et si on " respecte leur culture ", c'est un peu comme on respecte la nature, les animaux dans les réserves. Ils sont " comme ça ", une bonne fois pour toute, il ne faut pas intervenir, ce serait introduire un " élément artificiel ". Ne pas parler aux Papous de la souffrance des animaux, les observer simplement, écrire éventuellement une thèse dessus, échanger un peu de nourriture contre une sagaie à mettre dans nos musées exotiques (je ne sais pas en fait si les Papous mangent de la viande et font des sagaies, ce qui m'intéresse ici est de dénoncer ce qui se passe dans la tête des gens). Respecter les coutumes, même s'il s'agit de la chasse ou de l'excision du clitoris (Ah non ! l'excision du clitoris, c'est différent, c'est un sujet " sérieux ". L'excision du clitoris consiste à mutiler les parties génitales des filles, cette pratique est courante, encore en Afrique. Beaucoup de gens dans le monde ne trouvent pas ça horrible, comme beaucoup d'autres ne trouvent pas la chasse horrible). Ne pas leur demander de penser, ni penser avec eux.

Manque de chance, on ne voit pas bien en quoi prôner le végétarisme serait une intrusion de la culture occidentale, vu que ça ne semble pas faire partie de la culture de beaucoup de français ; et c'est justement dans les pays qui sont aujourd'hui du Tiers-Monde qu'on trouve le plus souvent des philosophies ou religions qui disent de ne pas manger de la viande pour ne pas tuer les animaux. Pas partout, loin de là. J'aurais sans doute à peu près autant de mal à convaincre la plupart des berbères que la plupart des français à ne pas manger de viande pour ne pas tuer les animaux – mais pas forcément tous, certains y ont peut-être pensé avant moi. Ça n'interdit pas, en tout cas, d'en parler.

Penser, demander aux gens de penser est toujours considéré comme un luxe artificiel, réservé aux riches oisifs. On veut voir dans le Tiers-Monde des ventres qui ne pensent pas. Les occidentaux tombent en fait eux-aussi sous le même mépris : consommateurs affamés de fric, de bagnoles et de sport d'hivers. Tant qu'on participe au gueuleton, on échappe aux critiques de ceux qui nous font les reproches dont je parle, car on se montre pauvre aussi : pauvre en pensée. On se demande après ça où est la supériorité supposée de l'humain, qui justement est censée justifier son carnivorisme ! Et sous le couvert de leur " indignation morale ", les gens qui nous font ces critiques ne montrent qu'une chose : leur désir de ne pas remette en question les choses dont ils bénéficient.

- " Je vous respecte, je suis tolérant, respectez-moi, soyez tolérants "

C'est comme si un assassin demandait qu'on respecte son goût pour le meurtre pour motif de " choix personnel ". On oubli, seulement, que la consommation de viande n'implique pas qu'une seule personne, mais elle en implique au moins deux : celui qui mange et celui qui s'est fait tuer. Un animal n'est pas un objet, mais bien un être conscient, et manger de la viande n'est pas un acte sans conséquence sur autrui. Les " choix personnels " des personnes ne sont nullement neutres, ils sont les conséquences de toutes les influences du milieu (histoire personnelle, culture, etc.). Si une personne fait souffrir une autre personne, rien ne peut justifier de ne pas y donner une réponse collective pour l'empêcher.

Toutefois, chacun peut évoluer, nous avons, nous aussi mangé de la viande. Nous essayons de respecter chaque être, mais cela ne nous empêche pas de trouver que la consommation de viande est un acte de cruauté.

- " L'humain n'est-il pas supérieur aux autres animaux puisqu'il est différent de tous les autres et qu'il est le seul à pouvoir faire certaines choses (fabriquer et créer des produits complexes par exemple) ? "

Il est clair que l'humain est différent de tous les autres animaux, comme d'ailleurs le chien ou l'oiseau sont différents de tous les autres animaux. Chaque être a ses caractéristiques propres qui permettent de le différencier de tous les autres, mais cela ne lui donne aucun motif de supériorité. L'humain est très habile pour fabriquer des outils car il arrive à transmettre un patrimoine culturel important au travers des générations, mais l'humain est incapable de voler comme un oiseau ou d'avoir un odorat autant développé que le chien. Pourquoi prendre comme référence de supériorité une particularité et pas une autre ? Le fait d'être plus habile, de toute façon, ne donne pas le droit de tuer ceux qui sont moins doués. A ce moment, dans cette logique, pourquoi ne pas en faire autant des handicapés mentaux ? Ce prétexte de supériorité a souvent été pris d'ailleurs dans l'histoire humaine pour faire des génocides.

- " Faut-il condamner le lion qui tue des animaux ? "

L'humain n'est pas un lion, alors pourquoi les comparer ? Pourquoi chercher dans l'attitude des autres animaux quelque chose pour justifier l'attitude des humains ? Les lions mangent des fois des humains, est-ce que cela légitime le cannibalisme ? Que ce soit un humain ou un lion qui tue, cela n'enlève rien au fait que l'acte est cruel. Il est juste plus simple, en pratique, de demander aux humains de ne plus manger de viande, que de rendre végétaliens les lions de la planète.

IL FAUT CHOISIR…

Certains nous reprochent de ne pas penser à la " souffrance " des végétaux que nous mangeons, d'autres nous reprochent d'être trop radicaux car nous sommes végétariens ou végétaliens. " Pas assez loin ", " trop loin ", le point commun de ces personnes est qu'elles ne veulent tout simplement pas se remettre en cause… Celles qui nous reprochent de ne pas aller assez loin ne sont pas des personnes qui appliquent les idées qu'elles nous reprochent de ne pas pratiquer. Elles n'en ont déjà rien à faire de leur consommation de viande, de la mort des animaux et du gaspillage de végétaux que cela provoque. C'est facile à ce moment de nous critiquer, tout en se maintenant soi-même dans un plat conformisme sécurisant, alors que d'autres nous traitent de fous rien que parce qu'on parle de végétarisme pour ne pas tuer des animaux.

Dans une situation où des personnes ont des attitudes différentes, ce sera toujours l'autre qui sera défini comme radical. Définir le végétarisme et le végétalisme comme une radicalité serait considérer que se nourrir juste avec des végétaux serait très difficile. Comme si dans l'alimentation omnivore il n'y avait que de la viande de consommée… D'où souvent les réactions de surprise " mais que mangez-vous ? ". La viande est tellement valorisée, que les humains ne voient plus le reste. Se nourrir avec de la viande peut très bien être vu comme un acte radical : tuer un animal pour se nourrir de sa dépouille ou le tuer juste pour le " plaisir "…

Si certains nous voient comme des radicaux, c'est juste car nous avons le courage d'essayer, autant que nous le pouvons, de tendre vers notre idéal d'existence, malgré notre faible nombre. Si le fait d'être végétarien ou végétalien était plus généralisé (comme au Royaume-Uni), personne ne nous considèrerait comme radicaux.

Notre attitude est loin d'être idéale, nous en avons conscience (d'ailleurs qui se croit parfait ?), mais nous avons le mérite d'essayer de faire évoluer la culture vers moins de cruauté, et ceci n'est pas du goût de ceux qui devraient faire un effort personnel de remise en cause.

L'INSTINCT DE CONSERVATION

Les personnes, qui travaillent dans des abattoirs, ont souvent une répulsion face à autant d'horreur (comme certains soldats à la " boucherie " militaire). Seulement, ils s'y habituent plus ou moins, il faut vivre et ne pas être faible, refouler ses émotions (ou risquer de perdre son emploi ou de devenir fou). Ils ne pourront plus jamais accepter mentalement que tuer un animal est mauvais car cela les placerait dans une position trop culpabilisatrice, trop dure à supporter pour leur propre estime. Comment vivre en ayant sur sa conscience des milliers de morts égorgés, dépecés et taillés en morceaux. Idem pour ceux qui mangent de la viande, comment admettre que celui qu'on mâche et qu'on digère est comme nous, sans voir s'effondrer toute l'image positive qu'on peut avoir de soi ? C'est passer du statut d'une personne gentille à un monstrueux cannibale. Le blocage est comparable à un instinct de survie : " ce n'est pas possible que je puisse, moi, être aussi mauvais. Ils se trompent, ils disent n'importe quoi, c'est absurde ". Les individus cherchent à refouler toute cette vision de cauchemar, peu glorieuse pour eux, au plus profond d'eux-mêmes. Ces mécanismes d'autodéfense, face à un problème très grave ou très chargé émotionnellement, sont assez complexes et souvent inconscients. On se cherche des excuses, des justifications, jusqu'à, des fois, perdre en partie la raison. On peut se rappeler cette femme politique qui s'est réfugiée dans le mysticisme (elle prétendait discuter avec des divinités), après avoir été jugée responsable de la mort de dizaines d'humains, suite à l'utilisation de sang porteur du SIDA pour des transfusions dans les années 1980. La charge émotionnelle était tellement forte qu'elle a tout refoulé.

Des militants végétaliens, au Royaume-Uni notamment, passent des années en prison pour avoir détruit des laboratoires pratiquant la vivisection, des boucheries, des abattoirs, etc.. Ils " sacrifient " leur vie à ce " problème sans importance ". Certains refusent de s'asseoir dans des fauteuils en cuir ou de tenir dans leur main un sandwich au jambon. Pour eux c'est une barbarie sans nom d'utiliser la peau d'un cadavre (d'animal non-humain) pour en faire un meuble ou de mettre un organe de ce cadavre entre deux tranches de pain. Le décalage est tellement grand lorsqu'on accepte de prendre conscience de la barbarie faite aux animaux, c'est tellement énorme ! De la folie pure. D'ailleurs, plus un problème est important, plus on y est plongé dedans, et moins on a la capacité de prendre du recul. Les gens mangent de la viande tous les jours, c'est tellement banalisé, alors comment arriver à leur faire prendre suffisamment de recul par rapport à ce qu'ils consomment chaque jour, ce qu'ils voient partout dans des assiettes et des bouches ? C'est tellement gros, tellement énorme, que (presque) personne n'y prête attention. Le choc émotionnel peut être fort, il faut savoir relativiser.

Pour les mêmes raisons, il est beaucoup plus facile aux personnes qui mangent de la viande, d'imaginer devenir végétariennes ou végétaliennes pour des raisons de santé car ceci les fait beaucoup moins culpabiliser par rapport à leur consommation de cadavres d'animaux et elles n'ont pas de remise en cause à faire par rapport à leur sentiment de supériorité face aux animaux. Avec tous les scandales actuels concernant l'alimentation omnivore (vache folle, listériose, dioxine, hormones, salmonelle, etc.) beaucoup d'humains finissent par s'inquiéter de ce qu'ils ont dans leurs assiettes, et à y regarder de plus près, peut-être finiront-ils par voir ce qui est dans leur assiette : un animal mort. S'il n'est pas rare que des humains deviennent végétariens pour leur santé, peut être le resteront-ils en s'apercevant de ce que cela implique pour les animaux.

Souvent, si la discussion est dédramatisée, la plupart des humains omnivores reconnaissent très facilement que la consommation de viande n'est " pas très jolie ", qu'il faut tuer des animaux et que c'est bien différent, moralement, que cueillir un fruit ou un légume. Ils le reconnaissent très bien si le problème est exposé de façon à ne pas les mettre en accusation (en parlant de notre expérience personnelle par exemple). Seulement, ça ne les motive pas à évoluer. Nous ne voudrions faire culpabiliser personne. Nous avons, nous aussi, mangé de la viande et nous n'en sommes pas très fiers. Qui est responsable ? On nous a mis de la viande dans la bouche dès notre sevrage, et si des fois, lorsque nous avons fait le rapprochement entre ce qu'on nous faisait manger et les animaux qui illustraient nos livres, nos animaux domestiques ou nos peluches en forme d'animaux, on nous a fait refouler nos sentiments. Les parents les plus ouverts ont accepté que, très tôt, nous arrêtions de manger des animaux. Les autres nous ont réprimé. Non par méchanceté, eux aussi ne faisaient que répéter ce qu'on leur avait appris, eux aussi ne faisaient que transmettre les traditions que leurs propres parents leur avaient donné. La plupart croient qu'il est impossible de vivre sans viande, que c'est dangereux, ils essaient juste de refouler les sentiments de leurs enfants par peur que ceux-ci ne tombent malades. Nous ne faisons généralement que répéter ce que nous avons entendu, ce qu'on nous a appris. Ces pensées, nous les avons tellement intégrées, qu'on les voit comme notre identité, alors qu'elles ne viennent pas de nous-mêmes.

Nous ne voulons pas vous faire passer pour des criminels, si cela était le cas, sachez, je le répète, que nous aussi nous en avons mangé et que jusqu'à ce que nous réfléchissions sur ce problème, nous n'avions pas du tout conscience de faire quelque chose de mal en mangeant de la viande. Nous trouvions, comme la plupart des non-végétariens que la viande avait bon goût (on nous avait appris à le trouver bon). Mais nous avons vu qu'il était possible de bien vivre sans tuer des êtres qui nous ressemblent trop : leur cerveau, leur cœur, leur langue, leurs muscles, leurs os et leurs entrailles ressemblent trop aux nôtres pour que nous puissions continuer à en manger en toute tranquillité. Nous voyons bien qu'ils éprouvent des sentiments et des sensations, que lorsqu'ils sentent qu'on va leur faire mal et les tuer, ils sont terrifiés.

Notre tâche n'est pas facile, il faut que nous arrivions à motiver les non-végétariens à changer leurs habitudes sans les faire culpabiliser. Si nous savions quoi dire pour y arriver, nous le ferions et nous ne dirions que ces phrases magiques. Seulement, nous ne savons pas comment faire pour éveiller les consciences sur ce problème sans que certaines personnes omnivores ne se sentent agressées (toutes ne réagissent pas par la défensive. Certaines cherchent vraiment à discuter et à regarder le problème en face). Si nous ne parlons pas du sujet, les animaux continueront à se faire massacrer, les gens n'y prêteront pas attention. L'importance d'une chose est seulement fonction de la valeur qu'on lui accorde. Par exemple, la mort d'une personne nous touche lorsque nous la connaissions et que nous étions liés avec, alors que la mort d'un inconnu nous indiffère presque. Dans les deux cas des êtres conscients sont concernés, mais nous ne réagissons pas pareil. Pour le sort des animaux, le but est de faire passer les personnes indifférentes aux morts que provoque leur consommation de viande, à la prise en compte des conséquences de leur acte.

Nous savons que beaucoup seraient volontiers végétariens ou végétaliens s'ils avaient une information correcte sur ces alimentations, si l'organisation sociale donnait le choix des repas dans les entreprises, les cantines scolaires et les restaurants. Faire évoluer les mœurs est difficile lorsque chaque jour on nous rabâche le contraire de ce que nous disons, que la culture qui vous a été transmise par la tradition vous pousse à nier toute considération aux animaux non-humains. Que faut-il faire pour que vous preniez en compte les animaux autrement que pour les manger ? Donnez-nous des solutions !

SOUFFRANCE ANIMALE

COMMENT PRODUIRE DES MILLIARDS D'ŒUFS ? L'EXPLOITATION DES POULES PONDEUSES

Une vie de frustration, de douleurs et de stress. C'est à cela que se résume l'existence d'une poule de batterie ; à cela et aux souffrances multiples qui en sont le corollaire. Il s'agit d'une évidence confortée par de nombreuses études scientifiques et du comportement.

A l'origine le terme " élevage en batterie " n'était utilisé que pour les poules, réparties dans des batteries de cages, empilées sur plusieurs rangées. C'est l'archétype du " hors-sol ", système productiviste qui nie l'existence de l'animal en tant qu'être sensible, sacrifiant sans la moindre hésitation le bien-être de centaines de millions d'individus à la seule rentabilité économique. Pourquoi les laisser bouger ? Etendre une aile ? Faire un nid ? Picorer comme n'importe quelle poule de basse-cour ?

Et pourtant c'est, de tous les problèmes, le plus facile à résoudre. Il vous suffit de choisir des œufs de poules ayant vécu en plein air. Sur la moyenne d'œufs achetés annuellement par un français, cela ne vous coûtera que 100 francs de plus !

- Voyage au bout de l'horreur

Les œufs fécondés destinés à la production de poules sont placés en couvoirs industriels. En ce qui concerne les poules pondeuses, les femelles représentent moins de 50% des éclosions. Les mâles ne pondent pas et ne deviennent jamais des poulets de chair car il ne s'agit pas des mêmes races. Ils sont donc inutiles et leur destruction est programmée. Poussin d'un jour, ils vont, par dizaines de millions, sur des tapis roulants soit jusqu'à une broyeuse où la mort les attend, soit dans de grands sacs en plastique où ils étoufferont lentement, soit, jetés vivants dans des bennes à ordures et sont ensevelis sous les déchets, soit, gazés, écrasés au bulldozer ou enterrés vivants, ...

- Une industrialisation à outrance

Les poules, elles, arrivent à l'âge de 21 jours dans les élevages, dont la capacité est passée de 10 à 30 000 poules il y a quelques années à 150 000 à 300 000 poules actuellement. Dans les immenses hangars de cages en batterie, qui peuvent contenir 80 000 poules, un éclairage complètement artificiel sert à accélérer la ponte. Jamais les poules n'ont le repos que leur accorde normalement le rythme des jours et des saisons.

Tout est automatisé : deux tapis roulants évacuent chacun les fientes et les œufs, un autre apporte la nourriture. Personne n'approche du fond du hangar pour éviter les mouvements de panique souvent mortels chez ces animaux totalement perturbés.

Par contre, si une poule – ou dix ou cent – meurt tout au fond, personne ne voit rien de son agonie ou de son déchiquetage par les congénères : on risquerait de perdre plus d'animaux, donc d'argent, en allant les surveiller. Et si le nombre d'œufs est globalement constant, pourquoi se déranger ?

Il faut que les œufs ne cassent pas – d'où l'extrême finesse des grillages sur lesquels reposent les pattes des gallinacés. Le grillage est en pente pour laisser rouler les œufs vers l'extérieur, et les poules doivent constamment bloquer leurs pattes. Il en résulte plus qu'un inconfort permanent : une forte et constante douleur dans les pattes.

Sur ces treillis métalliques fins et insalubres, les poules souffrent de fissures, de lésions et d'hyperkératose (corne envahissante). En dehors des maladies, les pattes sont la principale source de souffrance physique des poules pondeuses.

- Le manque d'espace

Pour une rentabilité maximale, il faut faire tenir le maximum d'oiseaux dans le minimum d'espace " vital ". La taille habituelle d'une cage est de 45 par

50 cm

, pour cinq ! Et l'envergure moyenne (les deux ailes étendues) d'une poule est de

75 cm

. En clair, voler, non. Etendre ou battre une aile, non plus. Même en vertical, les mouvements de tête habituels sont limités par la hauteur moyenne de 35/40 cm.

Il est également peu envisageable de marcher. Parfois des poules restent bloquées dans un coin, près de la nourriture. A tel point que leurs ongles se referment autour des fils de métal. Elles ne peuvent plus dégager leurs pattes et sont arrachées du grillage lors du ramassage pour l'abattoir.

Ici, en cas d'agressions – très nombreuses vu le stress – il n'y a pas d'espace pour fuir. Les poules s'ennuient, elles piquent donc tout ce dont elles peuvent se saisir, comme une petite barbule de plume, au risque de blesser leurs voisines jusqu'au sang. Cela ne se produirait jamais en liberté.

La fausse solution qu'ont trouvée les éleveurs industriels au manque d'espace et à l'inactivité, c'est le débecquage – il existe aussi chez les poulets " de chair ". On coupe une partie du bec avec une lame chauffante dont la température est très élevée ; ça brûle toujours, intensément. Mais si la lame n'est pas assez chaude, ça cautérise mal. Parfois les becs sont arrachés lors de cette atroce opération.

L'odeur est pestilentielle. Quel que soit le mode d'évacuation des fientes, des déjections restent collées au grillage avec des fragments de plumes – d'où les maladies respiratoires et les blessures et infections des pattes. Cette méthode d'élevage ne permet pas de nettoyage complet, sauf quand le hangar est " vidé ", toutes les 72 semaines. Ce qui donne un tableau facile à imaginer…

Et le bruit est infernal : des dizaines de milliers de caquètements en permanence…

- Ennui et rationnement

Une poule n'a ni sol à gratter, ni graine à picorer, ni espace, ni matériau pour construire un nid. Cette frustration permanente exacerbe l'agressivité et la folie.

La nourriture uniforme et industrielle (à base de céréales et de cadavres d'animaux, plus des produits chimiques et médicaments préventifs, antibiotiques et anti-dépresseurs notamment !) arrive automatiquement. Elle est réduite au minimum : économies ! Pendant toute leur vie de cage, les poules peuvent ne recevoir que 70% de la quantité normale de nourriture. On les affame parfois un jour sur deux et on rationne leur eau. De l'aveu des aviculteurs, ces privations provoquent aussi un stress !

- Les maladies

Les médicaments n'empêchent pas les poules de souffrir potentiellement d'une vingtaine de maladies. Dans de telles conditions d'entassement et de salubrité douteuse, qui s'en étonnerait ?

L'aération est capitale dans un hangar où sont entassés des dizaines de milliers d'animaux. Mais en cas de fortes chaleurs, elle peut ne pas suffire. En France, durant l'été 1994, plus d'un million de poules sont mortes du manque d'aération !

- Des œufs sains ?

Les scientifiques ont noté l'augmentation des salmonelloses dues à des problèmes sanitaires, dans la production d'œufs notamment.

Le journal " Le Monde " du 8 mars 1997 annonçait que quatre antibiotiques soignant la salmonellose n'avaient plus d'effet sur l'humain. Dans les élevages, de trop grandes quantités ont été administrées aux animaux en prévention des maladies ou pour accélérer leur croissance, et absorbées ensuite par des consommateurs dans la viande et les œufs. L'ingestion répétée de ces doses infimes (mais parfois cancérigènes) a rendu l'antibiotique équivalent inefficace sur l'humain.

La ponte se fait à un rythme infernal : 265 œufs par an et par poule, contre une moyenne " normale " de 170 et une douzaine pour les espèces sauvages. Les poules pondeuses sortent des cages épuisées et très amaigries.

Et il y a une promiscuité forcée. Les scientifiques ont remarqué que les poules se retiennent de pondre jusqu'à une demi-heure à chaque œuf. Ce phénomène très douloureux est motivé par la peur des autres poules et l'impossibilité de protéger sa progéniture.

- La fin du calvaire

Le ramassage brutal opéré par les équipes spécialisées va très vite. Comme elles n'ont pas eu d'exercice pendant leur captivité, les pondeuses ont peu de muscles efficaces et des os friables. A l'arrivée à l'abattoir, trois poules sur dix ont des fractures, d'autres des déboîtements d'ailes, des luxations et blessures diverses.

Elles sont accrochées par les pattes sur une chaîne mobile, plongées dans de l'eau électrifiée pour les étourdir puis égorgées manuellement ou à l'aide d'une machine automatique, et une fois que le sang a cessé de couler, elles sont plongées dans de l'eau bouillante pour faciliter le déplumage. Le tout prend un peu plus de 6 mn, et celles qui " attendent " leur tour ont tout loisir d'observer ce qui se passe.

Mais, soit que les oiseaux sont trop petits, soit que le niveau du bac électrifié est trop bas, soit que le voltage utilisé est trop faible, un certain nombre sont égorgées conscientes. D'autres, trop petites ou trop grandes, seront tranchées au niveau des yeux ou du gosier. D'autres encore " ratent " simplement l'égorgeur automatique. Ce sont chaque jour des centaines d'oiseaux qui plongent donc vivants dans l'eau bouillante.

Vu leur état pitoyable, les carcasses des poules pondeuses ne sont pas présentables pour la consommation. Les morceaux de viande récupérables deviennent donc des bouillons cube " à la poule ", des soupes au poulet, remplissages de raviolis, saucisses de volailles, …

La tuerie se passe de la même façon pour les canards, les dindes, les pintades…

Les poulets " de chair ", sélectionnés essentiellement pour leur vitesse de croissance, sont élevés en 7 à 8 semaines, au cours desquels leur poids sera multiplié par 50 ou 60. Ces conditions d'élevage provoquent la mort avant terme de 20 millions de poulets chaque année au Royaume-Uni, malgré l'utilisation massive d'antibiotiques et d'antiparasitaires.

- Ce que vous pouvez faire, à défaut de devenir végétalien

* Achetez exclusivement des œufs de poules élevées en " plein air " et " libre parcours ", ce qui garantit de meilleures conditions de vie. Ne vous laissez pas leurrer par les labels rusés : " de ferme ", " œufs frais ", " œufs datés ", …

* Persuadez d'autres personnes de vous imiter.

* Au restaurant, refusez les plats avec des œufs et dites pourquoi. La pression économique est inefficace si elle n'est pas exprimée et expliquée.

* Faites attention aux aliments industriels tels les pâtes aux œufs frais (la plupart des pâtes alimentaires sont à 100% à base de blé dur), mayonnaises, pâtisseries, gâteaux secs, flans et autres desserts. A eux seuls, ils représentent plus du tiers des œufs de batterie consommés en France. Portez-en quelquefois jusqu'à la caisse, puis " réalisez " soudain qu'il y a des œufs de batterie dedans et expliquez pourquoi vous ne les achetez pas. Faites de même chez votre pâtissier.

* Enfin, écrivez aux fabricants – leurs services consommateurs sont inscrits sur les emballages – pour motiver votre rejet définitif, sauf s'ils décident de changer d'approvisionnement et le signalent clairement. Il faudra du temps et de la persévérance mais nous pouvons les faire changer.

* Il y a de plus en plus d'œufs " libres " en rayon, qu'ils soient bio ou pas. Et plus la demande sera forte, plus les prix baisseront.

* le plus efficace reste toutefois de devenir végétalien …

LES COCHONS

Les truies passent la majeure partie de leur vie enceinte. Elles ont deux portées par an soit environ 18 porcelets qu'elles allaitent pendant deux semaines (au lieu de huit semaines normalement). Une semaine après qu'on leur ait retiré leur portée, on les immobilise et on les met en présence d'un verrat. Elles restent dans des châssis de fer nuits et jours pendant 16 semaines jusqu'à ce qu'elles mettent bas. Le sol de la partie arrière est fait de lattes pour que les excréments et l'urine passent à travers, mais ça leur fait mal aux pattes arrières ; pour y échapper, elles sont amenées à se mettre dans des positions telles qu'elles boitent et ont des douleurs de la colonne vertébrale.

A l'accouchement, elles sont transférées dans des cages spéciales dans lesquelles elles ne restent que 7 jours, après quoi c'est reparti pour un tour.

Les porcelets, eux, lorsqu'ils atteignent 2 à 3 semaines, sont transférés dans des cages en batterie sur trois rangées superposées. Ce sont de toutes petites boîtes où ils ne peuvent guère bouger. Selon certaines méthodes d'élevage, ils y resteront jusqu'à ce qu'on les convoie à l'abattoir.

Les cochons sont réputés pour être des êtres sociables, mais à cause des conditions de surpopulation, parce qu'ils sont privés d'espace suffisant, d'exercice et de confort, ils en arrivent à se mordre les uns les autres, la queue notamment. Alors on la leur coupe.

Ils souffrent de stress à cause du confinement, et souvent en meurent. C'est connu sous le nom de " syndrome de stress porcin " : rigidité, peau pustuleuse, halètement, anxiété et souvent – mort subite.

LE TRANSPORT

Les animaux de boucherie arrivent entassés par trains ou par camions jusqu'au lieu de sacrifice. Certains subissent de très longs trajets de transport, avec tout ce que cela peut comporter de souffrance (être enfermés et entassés sans possibilité de se mouvoir, avoir chaud ou froid, faim et / ou soif, stationner dans les excréments). A titre indicatif, un bœuf perd en moyenne une trentaine de kilos pendant le transport et l'attente précédant l'abattage. Le déchargement des animaux se fait dans des conditions déplorables qui entraînent des fractures et des lésions diverses.

Pour leur éviter le stress qui agit négativement sur la qualité de la viande, on leur administre des calmants (ce n'est pas par pitié pour les animaux, il ne faut pas rêver…), ce qui exige un délai pour l'abattage de 24 heures… qui entraînent des frais et réduisent d'autant les profits. Et ici, comme ailleurs, le profit passe avant toute autre chose.

L'ABATTOIR

La loi fait obligation de tuer les " animaux de boucherie " dans des abattoirs (sauf dérogations pour les égorgements rituels musulmans ou juifs). Et aussi de les étourdir avant de les tuer (les animaux non tués en abattoir reçoivent 4 à 5 coups de bâton sur la nuque pour être " assommés "). Pour cela, on utilise le plus souvent des tenailles électriques de 90 volts (pour les porcs, les veaux, les moutons) ou bien encore un appareil électrique en forme de fer à cheval ressemblant à un gros aimant (pour les veaux, les vaches, les moutons) ou bien un " pistolet à retenue " où un cylindre de métal vient percuter très violemment la tête de l'animal.

Les animaux deviennent fous lorsqu'ils s'aperçoivent, quand ils le peuvent, que leurs congénères sont battus et électrocutés. Il est scandaleux que des personnes puissent prétendre que les animaux en abattoir sont tués sans souffrance.

Les animaux sont étourdis pour que leur cœur continue à battre et aide ainsi le sang à s'écouler après l'égorgement. Il s'écoule alors par un conduit et est recueilli dans un bac - rien ne se perd. Les employés en tenue bleue ou blanche, selon leur poste, s'affairent sur des tables de travail, suspendent des quartiers de viande à des crocs. Ils scient, découpent, désossent. Les ouvriers ne font même plus attention à ce décor. Ici, pas de sentimentalisme, ni laisser-aller, c'est l'industrie et le travail à la chaîne.

Les boyaux sont traités à part, vidés. Les peaux sont étendues sur le sol et salées : elles seront transformées en sacs à main, valises et chaussures. Les os sont broyés pour faire – entre autre – des engrais. Tout cela a été organisé rationnellement avec tapis roulant, rails garnis de crochets. Les carcasses défilent à une grande vitesse. Direction : le frigo de stockage en attendant l'expédition. Certaines sont conservées entières, d'autres désossées. L'expédition des carcasses ne doit être faite qu'après le délai légal de réfrigération, appelé " ressuage " (24 heures).

L'abattoir est une machine à tuer les animaux industriellement, d'une façon planifiée. On a peine à imaginer que ce sont des êtres conscients qui sont traités de la sorte.

LE LAIT,

LA VACHE ET

LE VEAU

Pour pouvoir survivre, l'industrie laitière perpétue deux mythes. Le premier est qu'on ne prend à la vache que le surplus de lait, lorsque le veau est rassasié. Le deuxième est que le lait de vache est nécessaire pour la santé des humains

- Lait riche… pauvre vache

Pour fournir au marché non-végétalien le lait, le fromage, la crème et le beurre, on enlève le veau à sa mère à peine quelques jours après sa naissance, et parfois immédiatement. Souvent la vache pleure et cherche son veau pendant des jours (idem pour le veau). Mais après qu'on lui ait pris son petit, elle va devoir donner encore.

Si la vache fournit continuellement du lait, c'est parce qu'elle est soumise à une grossesse chaque année. La première à lieu à (plus ou moins) 2 ans, et chaque grossesse dure 9 mois. Après avoir donné naissance, elle sera traite durant 10 mois, mais dès le troisième mois, elle sera de nouveau fécondée, le plus souvent par insémination artificielle (65 à 75% des conceptions). C'est seulement 6 à 8 semaines après qu'elle n'ait plus de lait qu'elle devra de nouveau donner naissance. Donc, durant 6-7 mois chaque année, la vache est traite alors qu'elle est enceinte.

Véritable machine à lait, elle sera forcée à fournir jusqu'à

6000 litres

par an, soit 5 fois plus qu'une vache dans les années 50. Traite 2 et parfois 3 fois par jour, ses mamelles pleines peuvent peser l'équivalent de 50 paquets de sucre, et dans des cas extrêmes il arrive qu'elles traînent sur le sol. Son estomac, conçu pour digérer de l'herbe, ne peut pas supporter les grandes quantités nécessaires pour un tel rendement, alors pour augmenter la production, on lui donne également des pastilles concentrées de protéines de céréales, importées ou non. Malgré cela, sa production risque de dépasser son appétit, et elle devra " prendre sur ses propres réserves ", ce qui est souvent cause de maladies et de malnutrition. On estime que 25% des vaches sont traitées pour boiteries et maladies des pattes, causées par la mauvaise alimentation et souvent aggravées par l'environnement des fermes industrielles, où de grands troupeaux passent de longues périodes sur le béton, avec leurs pieds immergés dans les excréments. Avec 60 à 100 vaches, représentant le nombre " classique " d'un troupeau sur un élevage, produisant chacune

40 litres

d'excréments par jour, il se crée un foyer d'infection et seule une grande quantité d'antibiotiques, drogues et suppléments nutritionnels permet d'éviter les maladies, fièvres, pneumonies, etc..

La vache laitière sera poussée jusqu'à sa limite. Quand, après 3 années de souffrance et d'exploitation (en moyenne, alors que son espérance de vie est de 20 ans), son rendement baissera, elle sera immédiatement envoyée à l'abattoir, et finira entre deux tranches de pain ou en boite. Près de 80% de la viande de " bœuf " est en fait issue de sous-produit de l'industrie laitière (vaches laitières ou veaux tuées).

- Et que devient le veau ?

Certains veaux seront séparés de leur mère dès le premier jour de leur vie (en liberté, le veau téterait pendant près d'un an, mais l'industrie laitière se fiche de cela), d'autres resteront quelques jours. Mais tous devront subir l'un des quelques sorts possibles :

- Les veaux les plus faibles seront abattus presque immédiatement : pour fournir de la viande pour animaux, farine animale, et autres aliments ; ou pour extraire la présure, qui provient de l'estomac, utilisée pour fabriquer presque tous les fromages.

- Certaines femelles seront nourries de substituts de lait et subiront un développement forcé pour devenir à leur tour vaches laitières, et entreront à l'âge de 18-24 mois dans le cycle des grossesses continuelles.

- Certains seront destinés à produire de la viande de bœuf, envoyés dans des parcs à engraisser puis abattus après 11 mois, souvent sans avoir connu les pâturages. Beaucoup sont envoyés dès l'âge d'une ou deux semaines dans des unités d'engraissement intensif où ils seront gavés principalement de céréales jusqu'à l'obésité et maintenus à l'étroit pour éviter la moindre perte de poids.

- Quelques-uns seront sélectionnés pour devenir des taureaux reproducteurs, et passeront leur vie confinés dans l'isolement, fécondant des vaches ou, plus probablement, des éprouvettes pour l'insémination artificielle. Les taureaux âgés sont souvent castrés avant d'être enfermés et engraissés pour la boucherie.

- Les autres seront destinés à la viande de veau, passant leur misérable vie dans d'étroits boxes (

60 cm

x

150 cm

), sur des lamelles de bois, sans paille. Ils n'ont même pas la place pour se retourner ou se nettoyer. Ils sont exclusivement nourris d'un liquide à base de substitut de lait ; on leur crée volontairement des carences en fer et en fibres qui provoquent l'anémie, afin que leur chair ait la couleur blanche exigée par la mode ; pour chercher à satisfaire leur système digestif de ruminants, ils rongeront le bois de leurs boxes et mangeront leurs propres poils. On ne leur donne pas de paille car ils la mangeraient. On leur administre de grandes quantités d'hormones et d'antibiotiques pour accélérer leur croissance et prévenir les nombreuses maladies causées par le stress du confinement et la malnutrition, mais ils souffriront cependant de pneumonies, diarrhées, carences en vitamines, ulcères et abcès, teignes, septicémies. Après 14 semaines, les pattes à peine capables de les supporter, ils seront conduits à travers de longues et pénibles distances jusqu'à l'abattoir.

- Nécessaire pour les humains ?

Si le lait apporte effectivement certains éléments nécessaires à la vie, tous ces éléments peuvent être trouvés dans les végétaux. L'humain est pratiquement le seul animal qui boit du lait après son sevrage. Il n'est pas très bien adapté à cette consommation, le lait restant peu digeste pour de nombreuses personnes. La consommation de lait n'est pas une pratique ancestrale, l'humain est resté sans des centaines de milliers d'années. Il a été établi que 90% de la population mondiale ne peut pas le digérer correctement à cause d'une déficience d'enzyme lactase, nécessaire pour la digestion des sucres du lait (lactose). Cette déficience est presque anodine pour ceux qui ne boivent pas de lait mais dans le cas contraire, cela peut entraîner des diarrhées chroniques ou occasionnelles, des boursouflures, des flatulences, des douleurs abdominales et des possibilités pour les femmes âgées d'ostéoporose (infection des tissus osseux plus ou moins généralisée).

L'intolérance au lait est la plus fréquente des allergies alimentaires. Les symptômes incluent l'asthme, l'eczéma, les éruptions cutanées, les gènes nasaux et sinaux chroniques, les angines, les colites ulcéreux, les irrégularités intestinales, l'hyperactivité, la dépression, les migraines et certaines formes d'arthrites. Le lait des vaches peut causer des saignements gastro-intestinaux chez les enfants, menant à l'anémie ; il y a aussi un lien prouvé entre la consommation de lait et les cataractes chez les personnes âgées. Près de 16 millions de français souffriraient d'une allergie au lait (toutes causes confondues), ce qui représente 27% de la population. L'allergie au lait toucherait jusqu'à 7% des enfants des pays européens, et 35% des bébés dans le monde. Même les laits " maternisés " peuvent déclencher des allergies de ce genre.

Une étude de M. Tember et A. Tamm " Absorption de lactose et infarctus du myocarde " (British Medical Journal, 09/01/88) a conclu que les gens qui boivent 3 verres de lait par jour ont 4 fois plus de risque d'infarctus du myocarde (" crise cardiaque ") que ceux qui en boivent moins, indépendamment de l'hypertension, de l'excès de poids, du fait de fumer et des antécédents familiaux. Les acides gras saturés sont bien connus pour être néfastes (maladies du cœur, obésité, etc.) ; les produits laitiers constituent la moitié de l'apport en graisses saturées, l'autre moitié provenant principalement de la viande.

Selon le docteur Alexandre Minkowski, professeur en néonatalogie à Paris, le lait de vache expose le nourrisson à des troubles métaboliques marqués, notamment par des concentrations trop élevées de deux acides aminés dans le sang : la tyrosine et la phénylalanine, ce qui constitue un danger potentiel pour le cerveau (risque de retard mental). D'autre part, les courbes de croissance d'enfants nourris au lait de vache sont plus ascendantes que celles de bébés nourris au sein (croissance trop rapide). Rappelons les conséquences possibles de cette croissance accélérée du squelette : anomalies osseuses, et formation d'un terrain préostéoporotique.

Les veaux et les vaches endurent toute cette souffrance pour produire pour les humains une nourriture qui ne leur est pas nécessaire. Si les bébés humains étaient nourris du lait de leur mère, les veaux pourraient l'être aussi ! Pour les enfants et les adultes qui le désirent, du lait végétal à base de soja existe.

LES ANIMAUX MARINS (POISSONS, CRUSTACES, ETC.) SOUFFRENT AUSSI !

Malgré ce que les apparences nous poussent à croire, le monde des animaux aquatiques est d'une grande complexité. Les poissons, tout comme les humains ou les autres animaux terrestres perçoivent, ressentent, souffrent, communiquent.

La plupart des poissons produisent des sons (malheureusement seulement audibles grâce à un hydrophone) lorsqu'on les touche, lorsqu'on les tient, lorsqu'on les poursuit.

Leurs sensations, qu'elles soient visuelles, olfactives, gustatives ou tactiles sont aussi très développées, souvent beaucoup plus que chez la majorité des autres animaux. Leur système nerveux présente les mêmes récepteurs à la douleur que les nôtres.

Ils ressentent aussi la peur : comme chez l'humain, leur fréquence cardiaque augmente, ainsi que leur rythme respiratoire ; une décharge d'adrénaline est libérée lorsqu'ils sont traqués, par exemple. Il a été démontré que les perches apprennent rapidement à éviter les hameçons en voyant d'autres poissons se faire prendre.

Les poissons ressentent donc la douleur, la peur, la privation de liberté ou le stress dus aux stimuli sensoriels violents. Les maintenir enfermés en aquarium les prive de leurs besoins fondamentaux, les soumet quotidiennement aux chocs que sont les bruits, la lumière, les polluants domestiques (fumées, parfums). Nombre d'entre eux meurent ou sont blessés lors de la capture (dynamite, bombe de cyanure, anesthésiant, prise au filet). Ceux qui survivent souffrent d'ennui, de stress, et / ou de troubles divers.

Des milliers de milliards de poissons meurent aussi pour le commerce agroalimentaire, leur mort n'est alors ni rapide, ni indolore (l'agonie pouvant durer plusieurs jours). Dans les filets, les poissons meurent étouffés, écrasés. Lorsqu'on les remonte, les frottements leur mettent les flancs à vif, la décompression fait exploser leur vessie natatoire, sortir les yeux de leurs orbites, ou l'œsophage et l'estomac par la bouche. Beaucoup sont congelés ou vidés vivants, on les extrait souvent du filet au moyen de crochet. Outre les poissons, de nombreux mammifères, tortues, oiseaux sont pris dans les filets et meurent.

La pêche de loisirs, elle, ne tue les poissons que par " amour " du sport. La douleur infligée par l'hameçon perforant les chairs, déchirant la bouche, provoque de vives manifestation de panique : le poisson se débat, crache, coule. Ensuite, il est jeté à terre où ils sont brûlés et asphyxiés lentement par l'oxygène de l'air. Relâcher les poissons, parfois avec l'hameçon encore accroché aux branchies ou aux organes intérieurs, s'ils l'ont avalé, revient à leur infliger une incapacité temporaire ou permanente à s'alimenter, à se déplacer, voire une agonie interminable. Certains poissons sont mutilés pour servir d'appât afin d'en pêcher d'autres.

Des millions de poissons pêchés chaque année dans les cours d'eau sont issus de la reproduction artificielle et consanguine : dégénérés, si peu craintifs qu'ils ne savent même plus se protéger.

Les poissons comme beaucoup d'autres animaux sont assimilés par l'humain à des objets : on peut les empoisonner, assécher leur plan d'eau, on peut les mutiler, les frapper, les éventrer, les capturer, les décapiter, aucune importance, notre incapacité à percevoir leur terreur et leurs souffrances nous invite à penser qu'ils n'en éprouvent aucune !

Même si nous ne ressentons généralement que peu de compassion pour les animaux aquatiques, refuser de pêcher, de manger ou de tenir des poissons enfermés dans des aquariums, c'est prendre conscience de leur capacité à éprouver des émotions et des sensations douloureuses.

LE FOIE GRAS : UN CONCENTRE DE SOUFFRANCES

Traditionnel ou industriel, le gavage n'est pas un simple excès de nourriture, mais un vrai supplice qui mène irrémédiablement à l'agonie et à la mort les oies et les canards au bout de deux à trois semaines.

On croit parfois que le gonflement du foie, bien qu'exagéré, est naturel. Il n'en est rien : c'est une maladie forcée (stéatose hépatique nutritionnelle donnant un énorme organe malsain) qui débouche sur la mort si le gavage se poursuit. Mais avant la mort viennent de multiples souffrances.

- Le tuyau de l'entonnoir est enfoncé très profondément. La douleur est souvent accentuée par des accidents de gavage (perforation du cou ou du jabot, brûlures internes par le maïs trop chaud…).

- Le foie, multiplié par 8, 10, ou 12, presse sur les poumons de ces oiseaux qui n'ont pas de diaphragme et rend leur respiration très difficile. Ils halètent péniblement pour trouver de l'air.

- Le confinement est tel que les canards ne peuvent pas bouger dans leur cage de gavage (

25 cm

par 15 !) : imaginez une cellule de prison où vous ne pourriez pas écarter les bras du corps !

- Dans les parcs collectifs, la surpopulation est une autre source de stress. Pour éviter les agressions, on pratique le débecquage : le bec est coupé par une lame chauffée à blanc, il restera profondément douloureux toute la vie.

- L'insalubrité accentue le développement des maladies. Les diarrhées, l'impossibilité de bouger due aux chocs de gavage fini par rendre les oiseaux, qui étaient propres et beaux avant le gavage, souillés d'excréments et malades. Au bout de quelques jours de gavage les oiseaux ne peuvent plus émettre de son et un silence de mort règne dans les parcs. Juste leur respiration est perceptible.

- Ces oiseaux mâles (les femelles sont tuées à la naissance) au comportement de couple fidèle souffrent cruellement de leur isolement forcé.

- Ils ont tendance à fuir le gaveur qui leur prend le coup. Au moment du gavage, leur stress intense dû à l'appréhension de la douleur est très perceptible.

Officiellement, 4 à 10% des canards meurent avant l'abattage. De l'aveu même des gaveurs : " Beaucoup ne tiennent pas le choc… ". Imaginez-vous, recevant deux fois par jour, en cinq secondes, l'équivalent de 15 kilos de spaghettis !

Douleur et anxiété, privations des moindres besoins comportementaux, sociaux et physiologiques : voilà la réalité du gavage, indéniable.

LA LAINE ET

LES MOUTONS

On se pose rarement des questions sur l'élevage des moutons pour leur laine, on se dit qu'on leur rend service en les tondant de temps en temps, et on ne trouve pas non plus beaucoup d'informations sur ce sujet.

Actuellement, la plus grande partie de la laine est importée d'Australie où les moutons sont élevés à l'air libre mais de façon presque intensive. En moyenne, plus de 2 000 moutons par éleveur, et des troupeaux de 8 à
10 000 ne sont pas rares (au Royaume-Uni, ce nombre ne dépasse guère 500). 80% de la laine utilisée dans le monde provient d'Australie, qui totalise 148 millions de moutons.

Les moutons ont beau évoluer sur de larges espaces, il y a tout de même surpopulation et impossibilité, de par leur nombre, de les surveiller, soigner, entretenir. Du coup, 20% des agneaux meurent la première année.

Et puis, ils paissent dans les régions semi-arides de l'Australie centrale, où des pluies torrentielles succèdent à de longues périodes de sécheresse, avec de grandes variations de température. De nombreux fermiers entretiennent un troupeau trop important et lorsqu'une sécheresse advient, il n'y a pas assez de nourriture ni d'eau, et ils sont laissés à eux-mêmes pour survivre ou mourir. D'où famine et longues agonies (même si c'était plus économique de tuer ceux qui agonisent, peu le feraient, car la pluie peut toujours tomber le lendemain et en sauver quelques-uns).

D'autre part, beaucoup d'opérations de " routine ", comme la castration ou la coupe de la queue sont faites sans anesthésiques et sans soins particuliers. On leur découpe aussi une large bande de chair autour de la région anale, ceci afin d'éviter, vainement d'ailleurs, les infestations parasitaires.

Enfin, et toujours pour des raisons de profit et de facilité, les fermiers ont de plus en plus tendance à tondre au début de l'hiver, et beaucoup de moutons en meurent (le nombre est estimé à un million de morts) ; leur température normale est de

39°C

, ce qui est un avantage lorsqu'il fait chaud, mais ce qui les rend très sensibles au froid. Les tondre en hiver signifie aussi qu'ils supportent leur épaisse toison tout l'été, car les variétés actuelles, contrairement aux moutons d'origine non encore domestiqués, ne muent pas.

Et lorsqu'ils cessent, avec l'âge, d'être productifs, les moutons sont transportés sur de longues distances vers les parcs de vente, où ils restent jusqu'à 2 jours sans nourriture ni eau, puis sont encore transbahutés jusqu'à l'abattoir. Bon nombre sont expédiés vers des abattoirs du Moyen Orient. Ils sont chargés sur de gigantesques bateaux de 14 étages. La traversée dure trois semaines ou plus, durant lesquelles ils croupiront dans leurs excréments. A l'arrivée, ceux qui ne sont pas morts pendant le voyage sont menés à l'abattoir, où on les égorge en pleine conscience (aucune forme d'insensibilisation). Les malades et les agneaux nés pendant la traversée sont jetés à la mer.

Comme la production de lait ou d'œufs, la production de la laine est en l'état actuel des choses étroitement liée à celle de la viande. Cautionner l'une, c'est cautionner l'autre, et c'est cautionner des souffrances et des morts machinales, de masse. Cela est valable non seulement pour les unités de production industrielles et / ou concentrationnaires, mais aussi pour toutes les exploitations artisanales, à " échelle humaine " qui, moins horribles dans le détail, n'en aboutissent pas moins au même résultat.

Nous pouvons tous faire quelque chose : En évitant la laine, les articles en peau de mouton, la lanoline (extraite des toisons). Il existe des alternatives à la laine en matière végétale (coton, chanvre, lin) ou synthétiques (acrylique, polaire…).

LE CUIR,

LA FOURRURE

- La fourrure

Chaque année plus de 25 millions d'animaux sont condamnés à une mort lente et cruelle pour la production de fourrure.

Pourquoi des humains veulent-ils porter la fourrure d'animaux tués et dépecés ? Pour satisfaire un goût de luxe inutile. La fourrure ne sert à rien de plus …

Les animaux destinés à ce commerce passent leurs vies dans de minuscules cages électrifiées, pour empêcher les animaux de se frotter contre les barreaux de ces cages, afin qu'ils n'abîment pas leurs fourrures.

Pour éviter que les fourrures ne soient endommagées, les fourreurs utilisent également des méthodes de mise à mort extrêmement lentes et douloureuses telles que la suffocation, l'électrocution, la strangulation, …

Nombre d'animaux tués pour fabriquer un seul manteau de fourrure : Visons : 65, Renards : 10, Ratons laveurs : 40, Lynx : 15, Opossums : 25, Guépards : 6 à 12, Léopards : 3 à 5.

- Le cuir

Le cuir comme la fourrure est la peau d'un animal vivant qui a été tué. Le cuir est utilisé pour les vêtements, les chaussures, pour le luxe et la vanité. Au XXième siècle, l'industrie du cuir est très rentable. Des milliards de francs lient étroitement l'industrie du cuir, de l'élevage, et l'industrie de la viande. Beaucoup de gros producteurs de viande ont d'ailleurs leurs propres tanneries de cuir.

Chaque année, plus de 230 millions de bœufs, 350 millions de moutons, 175 millions de chèvres et 700 millions de cochons sont tués à travers le monde pour leurs chairs et leurs peaux.

Les plus gros producteurs de peaux animales sont

la C.E

.I. (ex URSS), les USA et l'Inde. L'Inde et

la Chine

produisent la plupart des peaux de chèvres. La plupart des peaux de moutons proviennent, elles, de Nouvelle-Zélande et d'Australie.

Les plus gros exportateurs de cuir fini sont

la France

, l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie, les USA et le Japon.

Les peaux de millions d'animaux sont produites dans la souffrance et l'horreur des fermes industrielles (surpopulation, empoisonnement, privation, castrations non-anesthésiées, marquage au fer rouge, coupage de la queue et des cornes, traitement cruel durant le transport et l'abattage, …).

Les producteurs de viande et les éleveurs peuvent ainsi faire de l'argent avec n'importe quelle partie de l'animal. En effet, le profit de l'industrie de la viande est largement dépendant des ventes de " sous-produits " (le cuir, le lait, la gélatine, …). Le négoce du cuir rapportait en France, en 1983, plus de 20 milliards de francs.

Quand un jeune bœuf d'environ 450 kilos est abattu, on obtient 200 kilos de viande, le reste de la carcasse part dans la fabrication des sous-produits. Cela consiste à récupérer les os, les cornes, les sabots pour fabriquer la gélatine et le papier de verre, les poils pour faire des brosses et des couvertures grossières, le sang, la viande et les organes " impropres à la consommation humaine " transformés en farine pour nourrir du bétail, pour l'agriculture, pour les aliments pour chiens et chats. La peau compte quant à elle, pour 50% du total de la valeur des sous-produits du bétail ...

Le succès économique des abattoirs et des fermes laitières dépend d'ailleurs directement de la vente de ces sous-produits.

- Les victimes du cuir

La plupart du cuir produit et vendu à travers le monde provient de la peau du bétail et des veaux mais aussi des chevaux, des moutons, des agneaux, des chèvres et des cochons abattus pour la viande.

Cependant dans le monde de nombreuses autres espèces sont aussi chassées et tuées spécialement pour leurs peaux : les mules, les zèbres, les buffles, les sangliers, les kangourous, les opossums, les éléphants, les tigres, les léopards, les autruches, les cerfs, les anguilles, les requins, les baleines, les dauphins, les marsouins, les phoques, les morses, les tortues, les alligators, les crocodiles, les lézards, les serpents, …

Approximativement 1/3 des cuirs " exotiques " proviennent d'animaux menacés qui sont braconnés et dont le meurtre et l'importation sont des crimes d'après les lois. De plus, les braconniers n'hésitent pas à utiliser un animal pour en tuer un autre d'une espèce différente (appât).

Dans le sud de l'Afrique, un abattoir procède au meurtre de 700 autruches par jour. Pendant ce temps, la plupart des crocodiles et des alligators sont capturés à l'aide de rochets géants ou sont massacrés à coup de gourdin. Les serpents sont souvent embrochés sur des pieux et écorchés vifs. Les chevreaux peuvent être bouillis vivants afin de confectionner des gants pour enfants. La peau des veaux et agneaux non-nés (certains sont avortés et d'autres viennent de brebis et vaches abattues) ainsi que celles des brebis sont considérées comme très luxueuses.

- Les toxines dans le processus de tannage

Dans le passé, la peau de l'animal était salée, séchée et tannée avec des produits de tannage végétaux ou des huiles.

Aujourd'hui, pour passer de la peau brute de l'animal au cuir fini, les producteurs de cuir utilisent beaucoup de substances dangereuses telles que des sels minéraux (chrome, aluminium, fer et zirconium), d'autres substances (phénol, crésyl, naphtalène) et une variété d'huiles, de teintures et de conservateurs dont quelques-uns ont des bases de cyanure.

La plupart des tanneries rejettent ces substances toxiques dans les rivières, fleuves avoisinants.

Des centres de contrôle des maladies ont révélé que le taux de malades de la leucémie est 5 fois plus élevé que la moyenne, à proximité des tanneries et qu'il n'est pas rare que les gens qui y travaillent meurent de cancers causés par des expositions aux nombreux produits toxiques. Selon une étude faite par le New York State Health Department (USA), plus de la moitié des victimes du cancer des testicules travaillent dans des tanneries.

- Alternatives

Il existe des alternatives aussi bien au cuir, qu'à la fourrure ou qu'à la laine. Il n'est pas nécessaire de fabriquer des ballons de football, des ceintures, des vestes, des chaussures ou d'autres choses avec du cuir. Il n'est pas obligatoire de torturer des animaux et de les tuer pour leurs fourrures. Il n'est pas obligatoire de porter des vêtements, des couvertures en laine (d'ailleurs beaucoup de personnes y sont allergiques).

De très nombreuses alternatives à ces produits existent, elles sont aussi solides, facilement lavables, souvent moins chères, plus écologiques, … comme par exemple les produits à base de coton, de lin, le lorica (matière recyclée), ou toute sorte de matière synthétique, de caoutchouc. Des chaussures (style Doc Martens, chaussures de ville, …) ressemblant à s'y méprendre à du cuir (texture, solidité,…), et n'étant composées que de matières non-animales, sont disponibles depuis déjà longtemps (voir contacts chapitre 4).

D'autre part, il est facile de se procurer des couvertures, pulls, tricots, vestes, blousons, manteaux en matières synthétiques.

En France, il est facile de trouver des chaussures en synthétique ou en toile dans la majorité des grandes surfaces et des magasins de sport.

LA SOIE

La soie est obtenue par déroulement du fil du cocon du ver à soie, après avoir ébouillanté celui-ci dans un bain de vapeur ou d'eau portée à ébullition. Cent cinquante chenilles sont ainsi sacrifiées pour obtenir

10 grammes

de ce textile de luxe.

LE DOUX ANGORA

L'angora est exclusivement la fibre textile du lapin blanc à poil long du même nom. Depuis longtemps

la France

occupe la première place mondiale des producteurs, elle " produit " environ 200 tonnes par an. Tous les trois mois environ, le lapin (ou plus souvent la lapine, car elle est plus " productive ") est épilé et fournit jusqu'à

1 kg

de mèches par an. Il est communément admis maintenant que la fourrure est un commerce de souffrance et de mort, malheureusement un grand nombre de gens préfèrent ne rien savoir des autres produits animaux (cuir, laine, etc.) qui sont obtenus en échange de la vie de millions d'animaux.

MIEL ET AUTRES PRODUITS DE

LA RUCHE

L'apiculture, c'est aussi la souffrance des abeilles. Le miel est la nourriture dont les abeilles ont besoin pour vivre. Après son extraction, lorsque l'effet calmant de la fumée s'est dissipé, les abeilles sont de mauvaise humeur et plus agressives. Pour qu'elles ne meurent pas de faim en hiver, l'apiculteur leur donne du sirop de sucre ou de mélasse. Mais, qu'il soit raffiné ou non, de betterave ou de canne, le sucre est extrait et séché à chaud. Vitamines et enzymes sont détruites, si bien que le sucre et la mélasse deviennent nocifs car déminéralisés. On peut tenter l'expérience de se nourrir uniquement de sucre et d'eau pendant quelques jours, voire quelques semaines. Divers symptômes font rapidement leur apparition : migraines, tiraillements dans les gencives, les sinus et les yeux, diminution de l'acuité visuelle. Le monde autour de vous semble changer de couleur, au sens propre comme au figuré : il paraît moins amical, plus agressif… En effet, c'est vous-même qui le devenez parce que vous avez les nerfs à fleur de peau. Le contact avec les autres devient difficile. Vous perdez le plaisir de vivre et devenez réellement souffrant si vous prolongez l'expérience : alternance d'états toniques et dépressifs ; dépendance vis-à-vis du sucre devenant petit à petit chronique ; des problèmes inflamatoires peuvent alors plus facilement se manifester sous diverses formes, telles que : sinusite, otite, angine, arthrose… Vulnérabilité accrue au diabète occasionnel ou névrotique, etc..

Par contre, une personne placée dans des conditions de survie peut rester en bonne santé en ne consommant que du miel non chauffé et de l'eau pure.

Cette souffrance, ce cauchemar, c'est celui que subissent les abeilles en hiver, alors que le sucre les détruit lentement et transforme leur vie en enfer. Leur force de vitalité diminue, si bien qu'elles deviennent une proie beaucoup plus vulnérable pour les maladies dégénératives.

L'apiculteur ajoute souvent d'autres produits au sirop de sucre, comme des antibiotiques, espérant ainsi prévenir les maladies. Maintenant, l'apiculteur qui, avant, aimait les abeilles, est devenu l'apiculteur qui aime l'argent. Il se livre à des pratiques plus cruelles les unes que les autres : il coupe les ailes aux reines ou en tue pour empêcher les essaimages ; il tord le cou aux faux-bourdons dont il veut se servir pour les inséminations artificielles (cause supplémentaire de dégénérescence) et détruit les autres mâles inutiles, pour s'approprier leur part de miel. Dans certaines régions des USA, les ruchers sont brûlés vifs après la récolte du miel, parce que l'importation de nouvelles colonies provenant de régions chaudes, au printemps suivant, coûte moins cher à l'apiculteur que de nourrir ses propres abeilles durant l'hiver.

Pollen, propolis, gelée royale, cire, … tout peut leur être pris au moyen des techniques actuelles, de sorte que l'apiculture doit être comptée aujourd'hui parmi les élevages industriels (sans toutefois généraliser car, ici comme ailleurs, il y a bien sûr des exceptions).

Les abeilles effectuent 80% de la pollinisation des cultures. Ce rôle qu'elles jouent est nettement plus important qu'il ne l'était jadis, parce que les abeilles d'élevage ont aujourd'hui remplacé un grand nombre de variétés d'insectes sauvages disparus suite à l'utilisation des pesticides.

L'exploitation des abeilles n'est pas seulement égoïste et inutile : elle provoque aussi leur dégénérescence, grave menace pour la production agricole, maraîchère et fruitière dans le monde entier, autrement dit pour notre propre survie. C'est pourquoi nous devrions veiller à prendre plus intelligemment soin des abeilles et autres insectes pollinisateurs tels que les bourdons, ainsi que leur environnement.

FILM PHOTO

Tout d'abord, il y a le support ; soit en papier pour les tirages, ou acétate, ou acétate de cellulose, ou en polyester. Sur ce support, est couché une gélatine contenant des cristaux de bromure d'argent et, en plus pour certains films couleur ou papier, des colorants.

La gélatine est une substance protéique. Elle est obtenue par traitement spécial de différentes substances animales : os, peau, tendons.

Suivant les régions de provenance des déchets d'animaux, la gélatine aura des propriétés très différentes (c'est pour cette raison que certains fabricants photographiques ont leurs propres troupeaux). Cette gélatine sert de liant pour retenir les cristaux de bromure d'argent.

La gélatine photographique n'est ni plus, ni moins la même qu'on trouve chez le charcutier, en sachant que la gélatine photographique est de meilleure qualité que celle utilisée dans l'alimentation.

A noter que la rumeur qui prétendait que Fuji n'utilisait plus de gélatine pour ses pellicules est fausse.

La seule alternative possible est d'utiliser des appareils photos numériques. Leur prix devient de plus en plus abordable et ils sont de plus en plus performants.

POUR LES BESOINS DU CINEMA…

Les films qui comportent des scènes de violence, de torture et de meurtre sur des animaux nous proposent des images très réelles. Et pour cause, quand il s'agit d'animaux, le trucage consiste à faire croire, trop souvent, aux spectateurs, que les animaux sont mutilés, souffrent et meurent " pour de faux "…

Les animaux dressés spécialement pour la figuration sont loués pour des sommes qu'une majorité de producteurs de films ne peuvent et / ou ne veulent pas débourser. Aux USA et en Europe (officiellement) les " animaux de cinéma " sont protégés. Mais rien n'empêche un producteur de les utiliser dans des séquences révoltantes, dès l'instant qu'il tourne dans des pays où les animaux ne sont pas (ou peu) protégés (exemple classique : Espagne, Italie, Mexique,…). Des chevaux, des chats, des chiens, des oiseaux (ou d'autres animaux si besoin est) sont mutilés et tués après bien souvent une longue et douloureuse agonie.

CHASSE, PECHE ET PREDATION

En France chaque année, près de 1,3 millions de chasseurs tuent 50 millions d'animaux, provoquent 300 accidents de chasse impliquant des blessés humains et tuent une 50aine d'humains. A 90%, les victimes humaines sont des chasseurs.

L'humain n'est pas fait physiquement pour être un prédateur comme peut l'être un renard, un ours, un loup, un aigle. Sans ses armes, l'humain n'est qu'un piètre chasseur, il peut juste à la rigueur tuer quelques petits animaux, ou manger des charognes. La chasse ne s'est développée dans l'espèce humaine qu'à partir du moment où il s'est mis à fabriquer des outils. Un fusil (mais aussi un arc, une lance) n'a rien de " naturel " et quelques milliers de tonnes de plomb toxiques sont déversés tous les ans, par eux, dans l'environnement. Il en est de même pour les pêcheurs, ce qui est tout, sauf écologique… Essayer donc de tuer un sanglier à mains nues ou de rattraper un lièvre… L'humain n'en est pas capable, pas plus que son ancêtre. Les sens de l'humain sont tellement peu adaptés à la chasse, qu'il utilise des chiens pour dénicher des proies : sans eux, ils pourraient très bien passer à côté d'animaux sans les voir (les animaux ont une fourrure ou un plumage qui leur sert de camouflage). Lorsque le chien du chasseur fait s'enfuir un animal, l'humain n'a alors qu'à braquer son fusil et tirer. C'est ça qu'ils prétendent être du sport.

Certains prétendent que la chasse que pratiquent les humains régule les espèces. Seulement, il faut savoir que les chasseurs sont obligés de faire des élevages de gibier, comme des lièvres et des faisans pour pouvoir tuer quelque chose. Ils les lâchent juste avant l'ouverture de la chasse et il n'est pas rare de voir dans la nature vers cette période, des faisans et des lièvres qui ne s'enfuient même pas à la vue des humains : les chasseurs les tuent à bout portant. Et si ce ne sont pas eux qui les tuent, ces animaux d'élevage meurent car ils ne savent pas se débrouiller tout seul. Pour la pêche c'est la même chanson, avant l'ouverture, des poissons d'élevages sont versés dans les rivières. L'environnement a été tellement pollué et la place tellement réquisitionnée par les humains que les animaux n'ont plus d'espace viable pour se développer. Quel est le but ? Que chacun puisse continuer à tuer pour satisfaire son petit ego, avoir une sensation de puissance en tuant des êtres ? Nous faire croire que la chasse et la pêche sont nécessaires ? Veut-on nous faire croire que des actes, qui consistent à tuer, développent les bons côtés de l'humain ? Cultiver un jardin permet d'apprendre sur l'environnement d'une façon bien plus positive. Et si les sentiers ne sont plus entretenus par les chasseurs qu'est-ce que cela fait ? Croit-on aussi que les sentiers sont naturels ? Ce qui est naturel, c'est que des arbustes et des fougères fassent disparaître ces chemins.

Même dans l'hypothèse où un contrôle des populations animales soit nécessaire, pourquoi chercher à tuer ? On peut très bien imaginer des contraceptifs qui pourraient être répandus dans la nature ou injectés dans les animaux. Ces méthodes existent déjà d'ailleurs pour les pigeons ou pour des espèces protégées comme les éléphants. Il s'agit juste d'avoir la volonté de développer ces méthodes, même si c'est moins facile et moins dans les mœurs actuelles que de tuer.

La prédation, même si certains la qualifient de naturelle n'en reste pas moins cruelle et non-acceptable moralement. A l'heure actuelle, aucune solution simple n'existe pour éviter que les animaux se tuent entre eux (à part les animaux " domestiques " comme les chats et les chiens qu'il est facile de nourrir d'une façon végétalienne). Cette question est, pour le moment, réservée aux philosophes éthiques.

LA VIVISECTION

: CRUELLE ET INUTILE

Utiliser des animaux comme modèle pour des expériences est le plus souvent trompeur et parfois dangereux. L'Open, un médicament utilisé pour essayer de soulager la vie des handicapés moteur, a causé de multiples morts d'humains avant d'être retiré du marché. Il avait pourtant été vérifié sur les animaux.

L'emploi de certains médicaments utiles pour les humains a été retardé en raison de leurs effets nocifs sur les animaux : La digitaline, utile pour les maladies cardiaques, fut trouvée dangereuse pour les chiens sur lesquels elle fut testée. La pénicilline, l'antibiotique si utile, est mortelle pour les cochons d'Inde mais ne fut heureusement pas testé sur eux. L'usage du chloroforme fut longtemps retardé en raison de sa grande toxicité pour les chiens. La morphine est un calmant pour les humains et les rats mais produit un état d'excitation maniaque chez les chats et les souris. L'aspirine, d'usage si courant, produit des malformations fœtales chez les rats et les chats. Le persil est mortel pour les perroquets et l'abus de sel pour tous les oiseaux, l'amanite phalloïde ne dérange ni les limaces ni les écureuils, mais est mortelle pour l'humain.

Des solutions de substitution à l'expérimentation animale existent : la culture en " masse " d'unicellulaires (texte écrit par le Docteur Gustave Mathieu)

Oui, il existe des méthodes substitutives à l'expérimentation animale ; et notre lutte contre cette dernière depuis tant d'années auprès des autorités de tutelle ainsi que des instances scientifiques commence à porter ses fruits…

En effet , certaines unités de laboratoires de recherche commencent à innover et à rechercher leur " matériel " expérimental ailleurs que chez les animaux, et certains scientifiques éclairés n'hésitent pas à rejoindre les thèses que nous défendons depuis toujours quant au peu de fiabilité des résultats obtenus chez l'animal, quand on veut expérimenter une substance qui devra être ultérieurement utilisée chez l'humain.

Il est donc rassurant pour tous les amis et défenseurs des animaux de savoir qu'il existe à Paris (Université Paris VII) et à Angers des chercheurs qui ont mis au point une méthode de substitution à l'expérimentation animale, grâce à l'utilisation de culture en masse d'unicellulaires.

L'intérêt de l'utilisation expérimentale d'unicellulaires dans les méthodes de recherche en toxicologie par exemple, provient du fait qu'il s'agit en quelque sorte d'une " duplication " absolument identique d'un même type de cellule ; ce qui permet donc d'obtenir toutes les données statistiques basées sur la loi des grands nombres… exactement de la même manière que dans l'expérimentation animale habituelle ; mais là, sans devoir sacrifier un seul animal !

De plus, les cellules utilisées offrent même une plus grande " adaptabilité " aux diverses conditions de culture d'une part, et d'expérimentation ultérieure d'autre part ; ainsi, les réponses obtenues d'une substance testée sont beaucoup plus fiables du fait qu'il n'y a plus ici, grâce à cette utilisation d'unicellulaires, d'interférences regrettables qui étaient jusqu'ici rencontrées chez l'animal : le stress normal et dû au milieu carcéral de l'expérimentation, le poids, la nature, l'origine de l'animal… Et tout ceci amenait donc obligatoirement à l'aberration de devoir répéter quantitativement toujours la même expérience… en sacrifiant toujours un plus grand nombre d'animaux.

La culture de ces unicellulaires peut en outre s'effectuer dans toutes les conditions possibles, de jour comme de nuit, en basse ou haute température, etc., sans une grande incidence sur les résultats ; et sans provoquer la moindre souffrance.

Ces cellules unicellulaires peuvent pousser comme une cellule animale, dès qu'elles sont mises en présence d'une substance nutritive comme le sucre, l'alcool, l'acide lactique, etc. Les cellules unicellulaires utilisent les éléments naturels pour se développer : la lumière, le gaz carbonique qu'elles réduisent en sucres et oxygène qui est rejeté dans l'atmosphère.

Mieux encore, savez-vous que ces unicellulaires se comportent aussi comme de véritables cellules hépatiques, en transformant par exemple des lactares en glycogène ? Etc..

Ainsi, sur le plan pratique, on peut demander aux cellules unicellulaires absolument tous les tests auxquels sont habituellement soumis – cruellement – des animaux ; avec elles, on peut donc obtenir une A.M.M. (Autorisation de Mise sur le Marché) d'une manière beaucoup plus fiable qu'en sacrifiant des milliers d'animaux issus de diverses espèces. Car il est possible de prouver que la substance proposée, à un dosage déterminé, ne présente aucune toxicité pour l'humain ; et cela est le fruit d'une recherche datant déjà de plusieurs années, par toute une équipe dirigée par les Professeurs Joël Briand et Danielle Laval-Martin, notamment. Aussi devrions-nous leur adresser un beau " coup de chapeau " et les féliciter tout en les encourageant à continuer dans cette " voie royale " qu'ils se sont tracé.

Tous les types de tests peuvent être effectués : qu'il s'agisse d'une substance médicamenteuse, d'une lessive, d'un désherbant, d'un cosmétique… ou de toute autre substance ! Et les résultats obtenus laissent apparaître – par rapport à ceux déjà obtenus depuis longtemps au prix d'atroces souffrances animales – des résultats encore plus rapides et plus probants que ceux anciennement obtenus chez les animaux.

Aussi, pour conclure ici, nous apparaît-il absolument nécessaire que les autorités de tutelle (Ministère de

la Recherche Scientifique

et de

la Santé

) engagent une politique d'envergure en ce sens, afin de pouvoir " standardiser " ce type de méthode alternative à l'expérimentation animale.

Continuons donc notre combat en ce sens.

PRODUITS COSMETIQUES ET HYGIENIQUES

Parlons d'abord des ingrédients : la plupart des crèmes, fonds de teint, savons, rouges à lèvres et fards à paupières contiennent des graisses animales. Plus de 20 000 baleines sont tuées annuellement, leur graisse sert à la production de savons, produits cosmétiques et lubrifiants. L'instrument le plus cruel dans ce massacre est le harpon à charge explosive : éventrées et horriblement mutilées, les baleines se débattent parfois des heures avant de mourir. Un autre produit provenant des baleines est l'ambre gris utilisé dans beaucoup de parfums. Cette substance grisâtre et cireuse est prélevée dans l'intestin des baleines tuées.

Souvent les parfums contiennent aussi de la civette, une sécrétion des glandes odorifères du chat musqué – en Ethiopie, d'où ces animaux proviennent, il existe même des fermes spécialisées dans la production de civette ; les chats musqués y restent enfermés toute leur vie dans des cages beaucoup trop petites, dans des conditions de vie inimaginables – ou encore du castoréum, provenant du castor, et du musc. Pour plus de commodité, les castors aussi bien que les chevrotins fournisseurs de musc sont tout simplement abattus par les chasseurs convoitant leurs précieuses sécrétions glandulaires.

Œstrogènes (extrait de l'urine des juments maintenues constamment enceintes), placenta, escargots écrasés, extraits d'embryon ou de fœtus et huile de vison sont encore d'autres matières couramment utilisées par les fabricants de produits de beauté.

Analysons ensuite les méthodes d'essai : tous les produits chimiques (colorants, agents conservateurs, etc.) contenus dans les produits de beauté sont essayés au moins une fois au cours de leur développement sur les animaux pour voir s'ils sont nuisibles, et, si oui, dans quelle mesure.

Pour se rendre compte si le produit n'irrite pas les muqueuses, on utilise surtout des lapins : on leur met par exemple du shampooing dans les yeux. Etant donné que les glandes lacrymales du lapin produisent beaucoup moins de liquide que celles de l'humain, la substance reste dans l'œil en état concentré pendant des jours et des jours, provoquant de graves irritations et souvent même la cécité.

Pour contrôler si le produit n'irrite pas la peau, celle des animaux d'essai est entaillée ou enlevée jusqu'à la chair vive, on applique ensuite le produit à tester (crème, colorant pour cheveux, etc.) sur la plaie. De graves brûlures en sont souvent la conséquence. Pendant toute la durée du test, les animaux sont ligotés afin qu'ils ne puissent pas se gratter ou se lécher.

Lors du test de toxicité, on vérifie la toxicité du produit par l'application d'une dose déterminée soit en l'introduisant au moyen d'une sonde dans l'estomac des animaux, soit en les forçant à inhaler le produit, soit encore en l'injectant dans leurs muscles, leurs veines ou leur cavité abdominale. On observe ensuite les spasmes, paralysies et autres réactions. Après quelques jours, les animaux – s'ils sont encore vivants – sont tués et on analyse les dégâts causés. Lors du test DL50, la dose est progressivement augmentée jusqu'à ce qu'elle cause la mort de la moitié des animaux constituant l'échantillonnage.

Ce n'est qu'après toutes ces tortures qu'on en vient aux tests sur le consommateur. Et là, les méthodes s'humanisent ; soudain, il suffit d'essayer le produit pendant quelques semaines sur la peau intacte, au lieu de le mettre dans les yeux ou des plaies. Là, on tient compte aussi de l'usage auquel le produit est destiné, c'est-à-dire, qu'on n'oblige personne à avaler un rouge à lèvres ou un flacon de bain-mousse.

Les alternatives : il y a des fabricants de produits cosmétiques qui n'emploient pour leurs produits que des ingrédients végétaux et minéraux ; ces producteurs se sont engagés à ne pas faire de tests sur les animaux et ils n'utilisent aucune matière première ayant été soumise à de tels tests.

On pourrait objecter que ces maisons n'offrent pas les garanties nécessaires en ce qui concerne l'innocuité de leurs produits.

N'ayez pas de crainte : les essais sur animaux ne sont prescrits (bien qu'indirectement) que pour les produits contenant des ingrédients qui pourraient être nuisibles . Si un produit est donc admis sur le marché sans avoir fait l'objet de tests sur les animaux, c'est que les ingrédients qu'il contient ont été jugés inoffensifs. Par contre, les produits que l'on teste d'abord sur des animaux contiennent des substances jugées susceptibles d'être nuisibles. En outre, une preuve de non-toxicité obtenue par des tests sur animaux ne présente aucune garantie que ce produit est sans danger pour les humains.

Les tests sur les animaux ne servent donc nullement à la sécurité du client, ils n'ont que fonction d'alibi pour les producteurs.

En utilisant des produits de beauté non-testés sur animaux, vous avez donc la garantie qu'ils ne contiennent pas d'ingrédients dangereux. Ainsi, en achetant ces produits, vous contribuez à l'abolition des tests sur les animaux, et vous utilisez un produit qui présente beaucoup moins de risques pour votre santé que les produits usuels.

Quelques marques sûres ne testent pas sur les animaux (vérifier la composition de leurs produits, tous ne sont pas vegans), ces marques sont trouvables en magasins bio, de diététiques où ont leurs propres magasins : Argiletz, L'Arche Bleue, L'Artisan Savonnier, Aux Senteurs De Delph, Callyope, Cosmonaturel (Gravier), Diproma (Gravier), Harmonie Verte (Gravier), Herbes Savantes (Gravier), Jacques G. Paltz, Lerutan (Gravier), Lise Du Castelet (Gravier), Marie M. (Gravier), L'Occitane, Phytoceane (Codif), Phytomer (Codif), Pur'Air (Gravier), Thalgo Cosmetic (Thalgo), Physiocea (Thalgo), Logique Marine De Thalgo (Thalgo) Weleda, The Body Shop, Honesty Cosmetic.

" SENSIBLERIE "

Entendu dans la bouche d'un adulte, mère de deux enfants : " mes filles aiment beaucoup les animaux. Heureusement, je crois qu'elles n'ont pas fait le rapport avec la viande qu'elles mangent ".

Ce rapport, on le leur expliquera plus tard, en même temps que l'inexistence du Père Noël. En attendant, on donne aux enfants l'image d'animaux gentils et mignons qu'on retrouve dans les dessins animés, par exemple, ceux de Walt Disney (bambie, blanche neige et les sept nains, les cent un dalmatiens, etc.). Les enfants gobent cette image, parce qu'elle est agréable. Elle évoque tout plein de sensibilité et d'amour. D'autre part, comparée à la réalité, elle est ridicule. Elle est faite pour l'être.

Phase 2 : on explique aux enfants que la nature est pleine de carnage et de compétition ; que les animaux sont en général soit méchants soit indifférents, et que si nous on les bouffe, c'est forcé, et que de toute façon c'est normal, ils ne méritent que ça, puisqu'ils se bouffent entre eux. C'est une image aussi fausse que la première, mais comme elle est " dure ", alors que la première est " douce ", on ne se moquera pas de celui qui la met en avant, car il montre ainsi qu'il " n'est pas un enfant ". On s'arrange alors pour identifier toute sensibilité envers les animaux à la première image ; on l'appelle alors " sensiblerie ".

Les enfants comme beaucoup d'animaux sont capables d'affectivité, d'amour, de haine, de cruauté et d'indifférence envers à peu près tout : un lézard, un frère, un chat, ou un jouet. L'altruisme dont ils font souvent preuve peut s'appliquer à un animal comme à un humain. L'éducation qu'on leur fourgue sert entre autre à remplacer en grande partie la notion de bon / mauvais qu'ils peuvent avoir, pour eux-mêmes ou pour les autres, par la notion de socialement permis / interdit. C'est seulement alors qu'ils comprendront, par exemple, que c'est faire preuve de sensibilité que de se préoccuper des conditions de vie des pauvres mais que c'est de la sensiblerie que de se demander si les raticides ne tuent pas les rats dans d'horribles souffrances. Pendant la guerre, c'est de la sensiblerie que de ne pas vouloir tuer des humains.

Bien sûr, dit comme je le dis, cela ressemble à un complot pour manipuler l'enfant. Ce n'est sans doute pas un complot au sens propre. Mais comment rendre compte du fait que tant de végétariens racontent que quand ils ont voulu cesser de manger de la viande, la pression de leurs parents contre eux a été formidable ? Comment rendre compte de la mauvaise foi énorme d'une partie du corps médical français, des " éducateurs ", qui affirment contre leur propre logique la nécessité de manger de la viande ?

Comment rendre compte de l'indifférence complète de la quasi-totalité des gens envers les conditions d'élevage des animaux et envers leur abattage ?

Comment expliquer que quand je parle de ces problèmes devant les gens, d'abord on ne comprend pas, ensuite on se moque doucement de moi, et, si j'insiste, on devient agressif ?

On a l'impression que parler du crime quotidien massif que commettent les gens contre des êtres sensibles revient à transgresser un tabou. Se préoccuper des animaux rappelle la sensibilité brute qu'on a tous eu dans notre enfance ; c'est un acte asocial. C'est un acte qui dit qu'on veut porter son regard hors de la société, vers des choses et des êtres qui existent autrement que par un statut social. C'est aussi un acte gratuit : jamais les animaux ne voteront pour nous, jamais ils ne nous mettront au pouvoir. On ne peut attendre d'eux aucune gratitude. La rapacité est fortement encouragée socialement ; celui qui arnaque les autres est admiré, celui qui en est la victime est méprisé.

J'ai demandé un jour à une " écolo " dans une coop bio si les shampooings qu'elle amenait étaient testés sur les animaux. Elle a cru tout naturellement que je voulais qu'ils soient testés ; des fois que ça puisse me donner des boutons ! Ça, c'est bien vu, c'est être un consommateur averti, qui se défend, pas un con.

MANGER DE

LA VIANDE

/ TUER DES ANIMAUX

Pendant longtemps je n'ai pas fait le rapport, je n'ai pas vu le rapport, entre " manger de la viande " et " tuer des animaux ". Je mangeais de la viande et ne tuais pas d'animaux. Je savais pourtant très bien que la viande est de la chair d'animaux morts, et pas morts de maladie ou de vieillesse, mais tués en bonne santé. Seulement, je ne les tuais pas, ces animaux ; quelqu'un d'autre les tuait, et indépendamment de moi. Ils m'étaient offerts. Ils m'étaient présentés, tués et découpés dans les magasins, assaisonnés et cuits par mes parents.

Je mangeais de la viande et ce n'était pas ma faute si des animaux étaient tués ; comme si, si je n'en avais pas mangé, ils auraient été tués quand même ; comme si des animaux étaient tués comme ça, indépendamment des mangeurs de viande. Un peu comme si la viande pouvait ne pas provenir d'animaux tués et que ce ne soit pas ma faute qu'il en existe provenant d'animaux tués ; comme pour certains produits tels que des margarines du commerce qui ont un petit pourcentage de produits animaux alors qu'il pourrait très bien ne pas y en avoir. Ce n'est pas moi qui demande qu'il y en ait, comme ce ne serait pas moi qui demanderait qu'il y ait de l'animal mort dans la viande.

La viande, je n'avais pas demandé que ça existe, mais comme ça existait, non seulement ça me paraissait logique d'en manger mais je pensais qu'en manger ne changerait rien. Je ne voyais pas que c'était plusieurs vies différentes ; et que, ne pas manger de viande pouvait en épargner quelques-unes.

C'était comme s'il y avait des animaux tués de toute façon, comme si ça ne dépendait pas de la demande.

Je ne me voyais vraiment pas intervenir dans ce grand tout, ni même en avoir la possibilité ; je ne savais pas que beaucoup d'autres gens ne mangeaient pas de viande, et que beaucoup plus encore et même tout le monde pourrait ne plus en manger.

Je ne me voyais pas pouvoir faire ce choix de ne plus en manger, comme s'il était réservé à une élite ou plutôt à une certaine catégorie de gens un peu originaux, dans le mauvais sens du terme, idéalistes / irréalistes.

Si ça m'était passé par la tête de penser que c'était dégueulasse, je n'aurai même pas osé en parler. Je n'osais parler que de ce qui était bien, je me montrais toujours sous un bon aspect, je n'osais même pas formuler ce que je trouvais mal, ce qui me faisait mal…

Pourtant c'est plus qu'évident : c'est par définition que la viande est de la chair d'animaux tués, que chaque morceau de viande a été une partie du corps d'un animal vivant en bonne santé.

Horrible ! Tout le monde sait bien ce que veut dire tuer, et tout le monde ou presque trouve ça horrible. Et pourtant très peu de gens trouvent horrible de manger de la viande. Ils trouvent horrible le paysan qui tue un poulet, les métiers dans les abattoirs, et un peu moins le métier de boucher. Personne ne se demande pourquoi ils font ces " horreurs ".

L'horreur est dans chaque personne qui mange de la viande. On a bien l'habitude de toujours voir l'horreur ailleurs, de la voir en quelqu'un de particulier, autre que soi, ou de la voir, loin de soi, dans un grand chiffre. On voit l'horreur du paysan qui tue et l'horreur des 145 000 poulets tués, tout en ne trouvant pas horrible de manger de la viande " soi-même ". On se banalise d'une part, et on ne se voit pas, on ne voit pas ce que l'on fait.

On " fait les courses " pour le repas, on n'achète pas de cadavre ; on ne mastique pas du cadavre, on se nourrit.

Dire que la viande est du cadavre n'est pas bien compris. Cadavre, c'est dans la tête des gens et aussi dans la mienne, corps mort allongé sur le bord de la route, corps dans un cercueil, corps d'un oiseau déchiqueté par un chat, corps mort au milieu d'un pré… C'est corps mort à enterrer, ce n'est pas corps mort à découper pour manger. Un cadavre, c'est l'horreur de la mort. C'est un corps que personne ne penserait à découper, à faire cuire pour le manger. On est bien habitué à la différence, " faut pas tout mélanger ".

La viande n'a plus aucun rapport avec l'animal vivant, alors que le cadavre, on aurait envie qu'il revive. Le cadavre est près de la vie, il en a la forme mais plus le souffle. Pourtant la viande aussi reste un peu de l'animal vivant dans la tête des gens, elle en garde les qualités et il n'y a pas de meurtre.

J'avais écrit une phrase un peu slogan qui semble ne pas pouvoir être comprise par beaucoup de gens : " je ne mange pas de cadavre même bien découpé et bien présenté dans les rayons d'un magasin " ; le sens m'en paraissait très clair. Et puis, j'ai entendu beaucoup de gens me dire : " mais il n'y a pas de cadavre dans les magasins " ou " en tout cas je n'en ai jamais vu " ou " je ne vois pas de quels magasins il s'agit "…

Je mangeais de la viande parce que mes parents en mangeaient et qu'ils me nourrissaient, comme ils m'habillaient et m'emmenaient à l'école. Je n'aurais jamais pensé pouvoir choisir mes vêtements, ma nourriture, etc.. Ils m'ont habituée à beaucoup de choses, certaines dont je suis contente et d'autres pas, je me suis débarrassée de certaines, je me bats contre d'autres et j'en laisse aussi certaines plus ou moins dans un coin. Je ne mange plus de viande…

Je mangeais de la viande parce que c'était comme ça, ça se vendait, s'achetait, se mettait au frigo, se faisait cuire et avait un bon goût, un goût habituel ; et ça donnait des forces et était indispensable pour rester en bonne santé, pour pouvoir travailler, comme on me disait.

Pourquoi d'ailleurs on me disait ça, parce qu'on pensait que c'était vrai ? Parce qu'on pensait qu'il fallait faire attention si on n'en mangeait pas et qu'on ne me faisait pas confiance pour ça ? Parce qu'on ne voulait pas que me vienne à l'idée de ne pas en manger ? Et pourquoi ? Pour ne pas avoir dans la famille quelqu'un qui sort un peu de la norme ? Pour légitimer ces meurtres ? Pour légitimer qu'on en mange soi-même ? Pourquoi légitimer… ? J'en mangeais tout bêtement parce qu'on m'avait appris à trouver ça bon, je pouvais aussi m'arrêter juste à cet argument et essayer d'oublier l'horreur que représente la consommation de cadavres.

LA CONTRACEPTION

Les pilules contraceptives et tous les moyens contraceptifs sont testés sur les animaux. La plupart contiennent des produits d'origine animale. En 1997, au Royaume-Uni, la seule pilule sans produit d'origine animale était " Femulen ", fabriqué par la firme Gold Cross Pharmaceuticals, mais elle a été testée sur les animaux.

Le latex utilisé pour les préservatifs peut être fabriqué par un procédé incluant de la caséine (une protéine du lait). La seule marque disponible facilement, au Royaume-Uni, ne contenant pas de produit d'origine animale est Jiffi. De plus, ces préservatifs ne sont pas testés sur les animaux, mais par des humains volontaires.

Nous n'avons pas d'informations sur la matière des préservatifs en France. On peut supposer qu'elle contient des produits d'origine animale et qu'elle est testée sur les animaux.

Des préservatifs sans produits d'origine animale et non-testés sur les animaux peuvent être commandés à

la Vegan Society

(voir adresse au chapitre 4). Ils s'appellent " Condomi ".

Il est toujours possible aussi de n'avoir des relations sexuelles que lors des périodes de non-fécondité (ce qui ne met pas à l'abri des M.S.T.).

LA MEDECINE

Actuellement, tous les médicaments sont testés sur les animaux. Il n'existe pas de choix, si ce n'est utiliser des méthodes alternatives à la médecine " légale ". Chacun est libre de pousser jusqu'où bon lui semble son refus d'utiliser des produits issus de la souffrance d'un animal. Toutefois, il faut prendre en compte le fait qu'il est plus profitable qu'un végétarien ou un végétalien continu à être en bonne santé, quitte à utiliser des médicaments, ponctuellement, plutôt que de se sacrifier car nous sommes trop peu nombreux pour qu'un de nous disparaisse pour ce motif. Lorsque nous n'avons à notre disposition aucune alternative, notre responsabilité ne peut pas être prise en compte. La meilleure solution est de faire attention à son hygiène de vie pour ne pas tomber malade : faire un peu de sport (jogging, marche, vélo, natation, musculation, etc.), ne pas prendre de risques inutiles, ne pas se droguer (alcool, tabac, café, autres drogues), manger végétarien ou végétalien correctement, s'aérer.

LES ZOOS, CIRQUES, CORRIDAS, AQUARIUMS, ETC..

Les zoos sont de véritables prisons pour les animaux, où ils devront passer leur vie entière sous le regard des humains. Beaucoup sont capturés violemment dans des pays lointains et une bonne partie meurt durant le convoyage. Les cirques, qui utilisent des animaux, sont eux-aussi de véritables bagnes où les animaux sont martyrisés pour apprendre à obéir à des humains dans des spectacles ridicules. Une fois trop vieux, les cirques se débarrassent d'eux. Tous ces spectacles, tous ces enfermements d'animaux ne sont là que pour flatter l'ego des humains, assouvir leur désir d'avoir des êtres sous leur pouvoir. Ces actes sont cruels et ne développent pas les bons côtés de l'humain.

Pour découvrir la vie des animaux, on peut très bien aller se promener dans la montagne ou les bois. Ou, encore, regarder des reportages et lire des livres.

PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT ET DU TIERS-MONDE

GASPILLAGE ALIMENTAIRE

La proportion d'énergie des végétaux transformée en viande ou en lait par l'animal qui s'en nourrit est extrêmement faible. Les pertes sont énormes. Les chiffres suivants en donnent un aperçu global :

PERTES RESULTANT DE

LA TRANSFORMATION DU

VEGETAL EN ANIMAL

Animal

Végétal

Vache

Poulet (viande)

Porc

Lait

1 unité

1

1

1

Poids

10,0

9,5

6,5

0,8

Energie

17

19

9

4

Pour produire de l'énergie sous forme de viande de bœuf, il faut 17 fois plus d'énergie que sous forme d'alimentation végétale, etc.. La comparaison du contenu énergétique est particulièrement édifiante. Il en ressort que, même pour le lait, on a des pertes considérables.

Cet échec économique est également traduit par la comparaison des superficies nécessaires pour produire des protéines végétales et animales. Pour une superficie déterminée qui produit une unité de protéines de viande, on peut en produire : 5 de céréales, 10 de légumineuses et 26 d'épinards.

SURFACE DE TERRE NECESSAIRE POUR

LA PRODUCTION DE

NOURRITURE

Produit

Hectare pour 1 tonne de protéines / an

Hectare pour une énergie de 100 MJ / an

Chou

Pomme de terre

Froment

Lait

Œufs

Viande de bœuf

0,9

2,4

2,9

8,3

12,5

33,3

3

1

1,7

9,5

20,8

13

DESTRUCTION DE L'ENVIRONNEMENT

Les humains se sont multipliés pour peupler progressivement toute la surface de la planète. Leur nombre, allié à un mode de vie dépensier en énergie peut finir par épuiser toutes les matières premières et les sources d'énergie, tout en détruisant l'environnement, d'ici un ou deux siècles. Notre présence ne doit pas polluer d'avantage l'air, l'eau et l'environnement.

Si on regarde autour de soi, on est frappé par le peu d'espace libre qu'on peut encore trouver. La production de viande et de produits laitiers n'est pas étrangère à cet état de chose. Des superficies considérables sont occupées à cette fin : l'espace où on tient les animaux en captivité (même si celui-ci est réduit à son strict minimum), mais aussi toute l'infrastructure du commerce liée à l'élevage, comprenant les abattoirs, clos d'équarrissages, usines de transformation et de retraitement, etc. ; et surtout les énormes surfaces de terres arables utilisées pour la transformation du végétal en animal. En France, au moins la moitié des terres agricoles est utilisée à grand renfort de produits chimiques de synthèse dans ce but. 80% des productions de soja, maïs, pois sont destinées à nourrir le bétail.

Les élevages industriels consomment de grandes quantités d'oxygène et d'eau potable. L'agriculture est le secteur d'activité qui utilise le plus d'eau de captage. Ainsi, la production d'un kilo de viande nécessite entre
10 000 et

24 000 litres

d'eau, tandis que la production d'un kilo de céréales, par exemple, n'en demande que 250 à

1 200 litres

. Cette contribution peut donc elle aussi devenir des dizaines de fois moins lourde si on arrête le gaspillage consistant à transformer de la nourriture végétale en produit animal.

La quantité d'énergie provenant de combustibles fossiles utilisés pour la production de nourriture est également inférieure pour une alimentation 100% végétale :

Menu non-végétarien = 33 900 kcal. Menu végétarien = 18 900 kcal. Menu végétalien = 9 900 kcal.

En plus d'une dépense d'énergie catastrophique, la production de viande produit une surcharge supplémentaire de polluant (fumier, purin, gaz) pour les facultés d'autopurification du sol, de l'eau douce, de l'eau de mer et de l'air. En plus des 24 millions d'humains qui vivent en Belgique et en Hollande, 40 millions de têtes de gros bétail sont entassées dans des conditions déplorables, ainsi que des centaines de millions de petits animaux d'élevages industriels (poules, dindes, canards, etc.).

Parmi les problèmes que nous connaissons actuellement, on peut clairement entrevoir deux menaces qui pèsent pour l'avenir : les pluies acides, et la pollution du sol et des nappes phréatiques. D'après les chiffres du Ministère de

la Santé Publique

hollandais (WVC), 50% des retombées acides en Hollande proviennent des élevages industriels. On prévoit la mort de la moitié de nos bois et forêts à brève échéance.

Selon une enquête du Centre d'Etude sur l'Energie en Hollande, le refoulement des déchets ammoniacaux provenant des élevages devrait avoir la priorité absolue en matière de lutte contre les pluies acides.

De plus en plus de nappes phréatiques sont polluées par les nitrates et phosphates provenant des engrais chimiques mais aussi de l'excès de déjections animales. Les substances qui atteignent actuellement les eaux souterraines furent épandues sur les champs il y a quelques quinze ans, ce qui signifie que la pollution des eaux souterraines augmentera encore pendant 15 ans, même si on devait réduire les fumures dès aujourd'hui.

Outre les pluies acides, le déboisement constitue une cause importante de disparition des forêts dans le monde entier, et particulièrement en Amérique Centrale et du Sud : au Costa Rica, par exemple, on défriche les forêts à la vitesse de 50 à 70 mille hectares par an. Une grande partie de ces terres est consacrée à l'élevage de bétail dont la viande est transformée notamment pour les trusts de hamburgers qui l'importent chez nous.

Les pratiques évoquées ci-dessus sont en voie de mener à une pollution généralisée. La gravité de la situation est claire et tout le monde sait qu'il est nécessaire de changer " quelque chose " si nous voulons éviter la catastrophe aux générations qui devront vivre après nous dans le monde que nous leur laissons. Mais souvent, on n'a pas encore bien réalisé qu'ici comme ailleurs, la meilleure solution consiste à prendre le mal à sa racine : dans le cas présent, les immenses élevages d'animaux pour produire de la viande comme principaux responsables (avec la surpopulation humaine) ; car l'acceptation d'une telle prise de conscience demande la remise en question de ses propres conceptions et un changement de mentalité.

En France, outre les pollutions de l'agriculture et des élevages pour la production de viande, 2,6 millions de tonnes de déchets d'abattoir (visières, viandes " impropres à la consommation humaine ", etc.) sont produits et transformés en farine animale qui sert à son tour à nourrir les élevages, malgré les risques sanitaires de telles pratiques (transmission de maladie comme la " vache folle ", par exemple). Face à une telle quantité de déchets, les autorités sont dans l'incapacité de trouver d'autres alternatives, comme remplacer ces farines animales par des farines végétales (qu'il faudrait produire en polluant encore plus !), tout en devant se débarrasser des déchets d'abattoir en les incinérant par exemple (transformant

la France

en un vaste crématoire !). Le résultat en serait une pollution démentielle ! Chaque pays est confronté à ce problème !

En Bretagne, on compte actuellement : 12 millions de porcs, 500 millions de poulets, 10 millions de canards. Leurs déjections représentent l'équivalent d'une locomotive tirant 12 000 kms de wagons remplis à ras bord. Alors qu'en même temps le nombre d'humains vivants en Bretagne est de 2 873 000 habitants… La " solution " que propose les autorités consiste à tenter de répartir cette pollution sur l'ensemble du territoire tellement la situation en Bretagne est dramatique. Par contre, le végétarisme et le végétalisme ne sont pas évoqués une seconde, alors qu'ils représentent la solution la plus efficace, la moins coûteuse et la plus simple !

LA FAIM DANS

LE MONDE

D'innombrables êtres humains souffrent de la faim. Chaque année, environ 40 millions d'humains meurent de faim (par sous-alimentation ou malnutrition) alors que, quantitativement et qualitativement, les plantes cultivées actuellement suffisent amplement pour nourrir la population mondiale.

Une importante proportion de la nourriture consommée dans les pays riches consiste en produits animaux, impliquant un gaspillage énorme, tandis que la faim règne notamment dans les pays pauvres. Ainsi, 40% de la nourriture du Hollandais moyen, par exemple, est couverte par des produits importés de l'étranger.

Paradoxalement, dans les pays en voie de développement où le marché économique est ouvert à l'extérieur, environ un quart de la population souffre de la faim.

Cette répartition inégale des biens n'est pas le fait du hasard. Dans de nombreux pays et régions du monde, le mode de vie traditionnel fragile mais plus ou moins stable est détruit par le contact brutal de la civilisation occidentale venue chez eux apporter son commerce. Avec de bonnes intentions, mais des conséquences catastrophiques. A présent, les terres les plus fertiles sont souvent réservées à la culture intensive de diverses plantes commercialisées à grande échelle pour la nourriture du bétail. Ces terres arables conviendraient pour nourrir directement les humains à partir de plantes, mais ce sont généralement des sols de médiocre qualité qui sont utilisés à cet effet.

Les paysans d'origine ont perdu leur liberté : les uns sont maintenant assujettis à des puissances financières ; les autres ont été écartés des terres sur lesquelles ils vivaient depuis des générations. Ces derniers doivent se contenter de mauvais sols ou échouent dans l'environnement misérable de la périphérie des grandes villes.

Ainsi, ces peuples souffrent-ils pour la plupart de carences alimentaires malgré les fréquentes surproductions mondiales. Souffrir de la soif au milieu de son propre oasis, et ne pas pouvoir en consommer l'eau, telle est la situation actuelle.

Les produits des nouvelles cultures à grande échelle ne reviennent généralement pas aux pauvres (immense majorité de ces populations). La production ne répond pas aux besoins locaux mais à une demande au niveau du marché international, lequel se trouve entre les mains de quelques " producteurs et commerçants " totalement inconscients de la catastrophe qu'ils engendrent. On en arrive ainsi à des situations aberrantes, comme par exemple, l'exportation de la nourriture cultivée en Inde, qui est un pays touché par la faim.

En Ethiopie, plus de 40% de la population souffre de la faim. Pourtant, de ce pays comme dans la plupart des autres pays du Sahel, on exportait et on exporte toujours des produits agricoles vers l'étranger, malgré la famine catastrophique qui sévit dans cette partie du monde depuis les années 1970.

Au Mexique, au moins 80% des enfants des campagnes sont sous-alimentés. Le bétail, élevé en grande partie pour la production de viande exportée aux USA, mange plus de grain que l'ensemble de la population mexicaine ! Cet exemple, choisi parmi d'autres tout aussi éloquents, illustre le fait que la production de viande reçoit la priorité par rapport aux intérêts des populations indigènes. Notons aussi que de telles pratiques sont souvent liées directement à la destruction massive de forêts.

Les sociétés " de consommation " des pays industrialisés ont par conséquent une lourde responsabilité dans le problème de la faim dans le monde. Diverses études concluent que la culture (croissante) de céréales destinées à la vente en dehors de leur environnement direct constitue une situation indésirable.

S'il est vrai que cette question relève de la problématique du commerce et concerne aussi les autres produits tels que le café, le tabac, le sucre, les matières grasses et les bananes, etc., il n'en reste pas moins vrai que le cas des cultures céréalières pour la production de viande consommée à l'étranger est le plus catastrophique.

En fait, il y a assez de nourriture sur terre pour tous les êtres humains, mais celle-ci est trop souvent enlevée aux gens qui meurent de faim pour être vendue à l'étranger. On se retrouve d'ailleurs dans une situation ridicule où d'un coté des gens meurent de faim, et de l'autre, des gens meurent de trop manger de viande !

L'accent doit davantage être mis sur la responsabilité du consommateur, car la vente répond toujours à la demande. Le comportement individuel est actuellement le meilleur moyen d'améliorer la situation. Même si la faim dans le monde (entretenue notamment par le gaspillage alimentaire inhérent à la production de produits animaux) était réduite de 90%, 400 000 êtres humains mourraient encore de faim chaque année (100 fois moins que la situation actuelle tout de même).

La responsabilité en incombe à tous : au niveau individuel comme à celui des gouvernements nationaux, mais aussi à celui des organisations de coordination chapeautant plusieurs pays, comme l'O.N.U., qui n'ont pas encore défini clairement quelle est leur tâche précise. Aussi longtemps que cela ne sera pas fait, et qu'on ignorera ses responsabilités, la faim restera une douloureuse plaie de l'humanité.

Développer le commerce est bien, mais seulement à partir du moment où des organismes se chargent de garantir prioritairement la sécurité des intérêts des êtres humains. A savoir, la vie des populations indigènes et de ceux qui sont à la base de l'échelle de la production, autrement dit, les plus petits.

Les forces de ce qu'on appelle le " marché libre " sont devenues aujourd'hui des puissances purement économico-financières qui ne tiennent aucun compte des conditions de vie, du libre choix et de la volonté de ceux qui sont sous leur emprise (êtres humains, animaux et environnement). Pas plus que de ceux qui contribuent à maintenir ces forces en activité, travaillant derrière leur bureau, ordinateur ou téléphone. Les uns sont écrasés, les autres sont asservis à ces puissances dépourvues d'intelligence et de sensibilité.

Plus tôt nous examinerons sérieusement la situation, plus vite nous construirons bonheur et sécurité pour l'avenir. Rendons d'abord aux autres le droit de marcher librement dans leur propre pays, et nous pourrons ensuite récolter ensemble le fruit de notre travail. C'est la seule façon de réaliser l'harmonie sur la planète.

LE CORPS HUMAIN EST FAIT POUR ETRE VEGETARIEN

LE CORPS DE L'HUMAIN EST-IL FAIT POUR ETRE OMNIVORE OU VEGETARIEN ?

Malgré l'opinion répandue la plus largement dans le public, les naturalistes les plus reconnus ont été végétariens et, en plus déclarèrent l'un après l'autre que l'humain était végétarien par nature.

Nous devons tenir compte du fait que les mots " végétarien " et " végétarisme " apparurent vers 1838 ; donc, avant cette date, ils n'apparaissent dans aucun écrit et, pour cette raison, les naturalistes parlent de nourriture végétale ou de régime végétal. L'inexistence de ces mots rend les investigations difficiles.

De plus, pour savoir si un naturaliste était ou non-végétarien, nous devons lire les biographies de chacun d'entre eux. Les biographies sont difficiles, voire impossible à trouver, car toutes n'ont pas été écrites. Si des biographies ont été écrites sur des artistes célèbres, très peu l'ont été sur des scientifiques. A cette difficulté s'en ajoute une autre : la rareté ou le peu d'importance que les écrivains accordaient aux habitudes alimentaires des gens sur lesquels ils écrivaient. Ainsi, par exemple, Colin Spencer se plaint dans son livre " The heretics feast " que parmi soixante biographies sur Léonard De Vinci seulement deux d'entre elles mentionnent qu'il était végétarien. Même avec toutes ces difficultés, les déclarations des plus célèbres naturalistes de l'humanité ont donné un message très clair et comme preuve vous pouvez lire ce qu'ils ont dit :

John Ray (1628-1704) était appelé le père de l'Histoire Naturelle anglaise et une association qui porte son nom a été fondée en son honneur : " The Ray Society ". D'après John Ray : " Il n'y a pas de doute que l'humain n'est pas conçu pour être un animal carnivore ". Et il déclare aussi : " Quelle charmante, plaisante et innocente vision, que le spectacle d'une table ainsi servie et quelle différence avec une préparation de viande animale fumante, abattue et morte ! En aucune façon, l'humain n'a la constitution d'un carnivore. Chasse et voracité ne lui sont pas naturelles. L'humain n'a ni des dents acérées ni des griffes pour tuer sa proie. Au contraire, ses mains sont faites pour cueillir des fruits, des baies et des légumes, et ses dents sont appropriées pour les mâcher. ". " Tout ce dont nous avons besoin pour nous nourrir, nous restaurer, et nous régaler, est abondamment pourvu dans le magasin inépuisable de la nature. Quelle vision agréable, plaisante et innocente qu'une table frugale servie, et quelle différence avec un repas composé de viande animale fumante et tuée. En résumé, nos vergers offrent tous les délices imaginables, tandis que les abattoirs et les boucheries sont pleins de sang coagulé et d'une abominable puanteur. ".

Un autre naturaliste célèbre, Carl Linné (1707-1778), médecin dans

la Marine

suédoise, Président de l'Académie des Sciences, et professeur de Botanique à Stockholm et à l'Université d'Uppsala : Linné créa la méthode de classification naturelle des plantes et des animaux qui est toujours utilisée aujourd'hui, bien que deux siècles soient passés. Linné écrivit : " Les fruits et les plantes comestibles constituent la nourriture la plus appropriée pour l'humain ". " D'après son anatomie, l'humain n'a pas été physiologiquement préparé pour manger de la viande . " " Les fruits sont la nourriture la plus adéquate pour l'humain, d'après ce qui a été démontré par l'analogie avec les quadrumanes dans la structure de ses dents et de son appareil digestif. ".

Le naturaliste français Georges Louis Leclerc, plus connu comme Comte Buffon (1707-1788) fut membre de l'Académie des Sciences, Administrateur du Jardin du Roi, et, avec plusieurs collaborateurs, écrivit " Histoire Naturelle " en 36 volumes. Il dit : " L'humain pourrait vivre seulement de végétaux. Pourtant, la nature entière n'est pas suffisante pour satisfaire son intempérance et l'inconsistance variété de son appétit. L'humain lui-même consomme et dévore plus de viande que tous les animaux réunis, sans nécessité, mais de façon abusive. ".

Le Dr. Louis d'Aubenton, un collaborateur de Buffon, plus connu comme Daubenton (1716-1799) et qui fut professeur de Minéralogie au jardin du Roi et d'Histoire à l'Ecole de Médecine dit ceci : " Il est à présumer que l'humain, quand il vit à l'état naturel et dans un climat tempéré où la terre produit spontanément tous types de fruits, s'en nourrit lui-même et ne mange pas d'animaux. ".

Georges Cuvier (1769-1832) naturaliste français, anatomiste et géologue : Il fut professeur au Muséum National d'Histoire Naturelle, secrétaire de l'Académie des Sciences et Chancelier de l'Université. Il créa la théorie de l'Anatomie Comparée et

la Paléontologie. Grâce

à ses études nous avons pu reconstituer les squelettes d'espèces qui avaient disparu. Cuvier reçut les distinctions et titres de Baron et Grand Officier de

la Légion

d'Honneur, et fut honoré par Napoléon 1er, Louis XVIII, et Louis-Philippe. Cuvier affirma dans son ouvrage Leçon d'Anatomie Comparée, que : " L'anatomie comparée nous enseigne qu'en toute chose, l'humain ressemble aux animaux frugivores, et en rien aux carnivores… Ce n'est qu'en déguisant la chair morte rendue plus tendre par des préparatifs culinaires, qu'elle est susceptible d'être mastiquée et digérée par l'humain chez qui, de la sorte, la vue des viandes crues et saignantes, n'excite pas l'horreur et le dégoût. ". Regardons quelques constatations faites par Cuvier : " D'après la constitution des organes principaux de l'humain, il a été démontré que son alimentation ne devrait pas consister en autre chose que des végétaux. ". " La nourriture naturelle de l'humain, au regard de sa structure, devrait consister en fruits, racines et légumes. ". " Le corps humain entier, même jusqu'au plus petit détail, est destiné, par nature, à un régime exclusivement végétal . ". " L'humain apparaît organisé pour se nourrir de fruits, racines, et des parties succulentes des légumes. Ses mâchoires courtes, de force moyenne, ses canines de même longueur que ses autres dents, et ses molaires tubéreuses ne lui permettent pas de mâcher de l'herbe ou de dévorer de la viande sans préparer ces nourritures en les cuisant. Ses organes sont formés en accord avec la disposition de ses dents. Son estomac est simple et son conduit intestinal est de longueur moyenne et très bien ancré à son gros intestin. ".

Alexander Von Humbold (1769-1859), naturaliste allemand, explorateur et géographe, effectua des études sur le magnétisme et soutint la théorie de l'origine éruptive des roches. Il est considéré comme le fondateur de la climatologie et de la biogéographie de la planète et des océans. Il écrivit un ouvrage de trente volumes sous le titre " Cosmos et Voyages dans les régions équinoxiales du Nouveau-Monde. ". Humbold statua ceci : " Se nourrir des animaux n'est pas loin de l'anthropophagie et du cannibalisme. La même quantité de terre utilisée pour paître et nourrir du bétail pour produire de la viande pour alimenter un humain, pourrait nourrir dix personnes avec des végétaux ; si de plus, nous la cultivions avec des lentilles, haricots en grains ou petits pois, cela pourrait nourrir une centaine de personnes… Le Bassin de l'Orénoque peut produire suffisamment de bananes pour nourrir l'humanité entière confortablement ".

Richard Owen (1804-1892 ) un naturaliste anglais qui étudia avec Cuvier, catalogua la collection de chasse du British Muséum et organisa le Muséum d'Histoire Naturelle du Sud Kensington. Il étudia l'anatomie et la physiologie comparée. Il écrivit " Cours d'Anatomie Comparée ", " Paléontologie et Physiologie des Vertébrés ". Il dit : " Les anthropoïdes et tous les quadrumanes dérivent leur alimentation des fruits, graines et autres succulentes substances végétales et la stricte analogie entre la structure de ces animaux et celle de l'humain démontre clairement leur frugivorisme naturel. ". " Les singes dont la dentition est à peu près égale à celle de l'humain vivent principalement de fruits, noix et d'autres variétés similaires de textures savoureuses et de valeur nutritive élaborée par le règne végétal. La profonde similitude entre la dentition des quadrumanes et celles des humains démontre que l'humain était à son origine adapté à manger les fruits des arbres. ".

Bien sûr, le plus célèbre de tous les naturalistes anglais fut d'accord avec les autres naturalistes. Je fais référence à Charles Darwin (1800-1882) qui, à l'âge de 22 ans, débuta un voyage à travers le monde qui dura 5 ans. Pendant ce voyage, Darwin collecta du matériel qui servit à publier son plus célèbre livre en 1859 : " De l'Origine des Espèces au moyen de

la Sélection Naturelle

". Darwin fut membre de

la Royal Society

de Londres et, après sa mort, fut enterré à l'Abbaye de Westminster avec d'importants honneurs funéraires et la présence diplomatique de grandes nations à ses funérailles. Darwin écrivit : " La classification des formes, des fonctions organiques et des régimes a montré d'une façon évidente que la nourriture normale de l'humain est végétale comme celle des anthropoïdes et des singes, que nos canines sont moins développées que les leurs, et que nous ne sommes pas destinés à entrer en compétition avec les bêtes sauvages ou les animaux carnivores. ". Dans son livre " l'Origine de l'Humain ", il nous dit : " Bien que nous ne sachions rien avec certitude quant à l'époque ou l'endroit où l'humain vit se réduire l'épaisse couche de poils qui le recouvrait, nous pouvons dire avec une faible probabilité d'erreur qu'il a vécu dans une contrée chaude où les conditions étaient favorables au frugivorisme ce qui, compte tenu des analogies, doit avoir été la façon dont l'humain vivait. ". Et il rajoute dans " De l'Origine des Espèces au moyen de

la Sélection Naturelle

" : " Nous avons vu que les sens et les intuitions, les différentes émotions et facultés, comme l'amour et la mémoire, l'attention et la curiosité, l'imitation, la raison, etc., dont l'humain se vante, peuvent être trouvées à l'état naissant, ou même pleinement développées chez les animaux inférieurs. Les animaux, dont nous avons fait nos esclaves, que nous ne voulons pas considérer comme nos égaux ".

Thomas Henry Huxley (1825-1895), docteur et anthropologue anglais, soutint les théories de Darwin et devint le Président de

la Royal Society.

Parmi d'autres livres, il écrivit " Evidences Zoologiques ", "

La Place

de l'Humain dans

la Nature

" et " l'Anatomie Comparée ". Regardons quelques déclarations d'Huxley : " L'humain vint avant la hache et le feu, il ne pouvait donc pas être omnivore ". " La longueur de l'appareil digestif de l'humain est de 5-

8 mètres

et la distance entre la bouche et le coccyx est de 50 à

80 centimètres

, ce qui nous donne un rapport de 10 comme pour les autres animaux frugivores, et non pas de 3 comme les carnivores ou de 20 comme les animaux herbivores. ". " Le seul animal qui existe ayant une morphologie omnivore est l'ours, qui a quelques dents pointues et les autres plates. ".

Sir Arthur Keith (1866-1955) célèbre anatomiste et anthropologue anglais, découvrit, avec Martin Flack, le nœud sinoauriculaire, où les contractions cardiaques ont leur origine. Il fût recteur de l'Université d'Aberdeen et écrivit : " Instructions pour l'Etude des Singes Anthropoïdes ", " Anciens Types d'Humains " et " Essais sur l'Evolution des Humains ". Cet anthropologue nous dit : " Les chimpanzés et les gorilles ont les mêmes mécanismes digestifs que l'humain. C'est la preuve de l'Anatomie Comparée en faveur d'un régime de crudité qui permet à la fermentation de produire plusieurs selles quotidiennes, molles et sans putréfaction. ".

Tout ceci représente les recherches des plus célèbres naturalistes que l'humanité ait eu. Nous devons observer que leurs études furent confirmées et servirent de référence pour la comparaison de l'anatomie de l'humain avec celle d'autres mammifères, spécialement la famille des singes, et qu'elles nous parlent de la formation des dents et des appareils digestifs de ces animaux. Dans ce sens, tous ces naturalistes célèbres arrivèrent à la même conclusion impressionnante : l'humain est végétarien par nature et si le mot " végétarien " n'apparaît pas dans leurs écrits c'est parce que le mot n'existait pas avant 1838, et que les études de ces naturalistes furent écrites avant cette date.

Nous pourrions arguer contre le végétarisme que les images de l'humain préhistorique sur les roches des cavernes le montrent comme un chasseur. Cependant, cela ne veut pas dire que la viande est la meilleure nourriture pour l'humain. Nous devons prendre en compte que l'anthropologue Alan Walker, de l'Université John Hopkins, en étudiant les empreintes de dents fossilisées, trouva un assortiment d'aliments et affirma que nos premiers ancêtres ne vécurent pas principalement de viande, de graines, de bourgeons, de feuilles, ou d'herbe, pas plus qu'ils ne furent omnivores, mais il semble qu'ils subsistèrent essentiellement d'un régime de fruits. Il n'a pas été trouvé d'exceptions. Chaque dent fût examinée, et celles provenant des hominidés d'il y a 12 millions d'années, ancêtres directs de l'Homo Erectus, prouvèrent qu'ils étaient des mangeurs de fruits.

CHAPITRE 2 : L'alimentation végétarienne et végétalienne

INTRODUCTION, GENERALITES ET EXPERIENCES PERSONNELLES

Dans ce chapitre, l'accent a surtout été mis sur le végétalisme pour deux raisons : la première est que le végétarisme ne demande pas de précautions particulières si l'alimentation est variée. Il ne s'agit pas, bien sûr, lorsqu'on est végétarien, de se nourrir juste de lait et de chips, ou juste de noix de coco, ou juste de pâtes aux œufs. Une nourriture variée et équilibrée en légumineuses, céréales, légumes, fruits, œufs et lait (en quantité modérée pour ces deux derniers) apporte tout ce dont l'organisme humain à besoin. La deuxième raison est que le végétalisme est moins connu, l'information manque beaucoup en France à ce sujet, et il semble important de combler cette lacune, ainsi que de montrer que la consommation de lait et d'œuf n'est nullement une obligation.

A défaut d'arrêter d'en consommer, les végétariens pourront éviter l'erreur qui consiste à consommer trop de lait et d'œufs, ce qui supprime, au passage, la plupart des avantages que peut procurer le végétarisme à la santé humaine par rapport à une alimentation omnivore.

Si vous manquez d'imagination pour vos menus végétariens, des livres de cuisine végétarienne sont facilement trouvables dans les FNAC, des librairies, dans des magasins bio & diététiques et même en grandes surfaces. Certains livres, par contre, peuvent inclure des dépouilles d'animaux marins dans leur recette, ce qui n'est nullement une alimentation végétarienne, alors feuilletez avant d'acheter. Au cas où il n'y aurait pas de livre de cuisine végétarienne au moment où vous passez, demandez au chef de rayon les références qu'il peut avoir.

Vous pouvez aussi commander par " vente par correspondance " des livres de cuisine végétarienne à l'association " Alliance Végétarienne " (voir le contact au chapitre 4 de cette brochure, ils ont un catalogue très fourni, demandez-le-leur), ce qui est encore la meilleure solution car vous aurez l'opportunité de soutenir et donner votre argent à des végétariens qui sont actifs pour développer cette façon de vivre.

Si vous ne vous sentez pas capable d'organiser votre alimentation végétarienne malgré les informations données dans ce chapitre et les livres de cuisine que vous pourrez trouver, essayez de demander conseil à des végétariens qui le sont depuis longtemps, c'est encore le mieux. Ou si vous n'en connaissez pas, vous pouvez consulter un diététicien (diplômé d'état) qui vous conseillera personnellement sur l'alimentation végétarienne. Certains diététiciens français peuvent être encore réticents au sujet de l'alimentation végétarienne, alors, avant de les consulter, demandez-leur au téléphone s'ils sont favorables au végétarisme, vous en trouverez qui sont favorables et qui vous conseilleront personnellement. Ce n'est pas la peine de perdre votre temps et votre argent avec ceux qui passeront plus de temps à vous dissuader qu'à vous conseiller, car leurs éventuelles réticences ne seraient que l'expression de leur incompétence, de leur ignorance, ou plus probablement de leur malhonnêteté à ce sujet : en toute logique, ils ne peuvent pas vous déconseiller d'être végétarien, vu qu'il n'y a pas de difficulté particulière au niveau alimentaire (pour sa vie sociale c'est effectivement un autre problème). Malheureusement, personne n'est impartial, et il n'est pas surprenant que des personnes qui vivent d'un métier qui consiste à conseiller les gens sur leur alimentation, aient tout intérêt à vous faire voir l'alimentation (végétarienne), comme une science compliquée, dont eux seuls ont le secret. D'ailleurs les diététiciens (ou les médecins) ne s'amuseront à effrayer que ceux qui ne connaissent pas de végétariens et qui sont les plus craintifs et ignorants à ce sujet. Si vous avez dans vos connaissances une (ou plusieurs) personne (s) végétarienne (s) de longue date, il leur sera difficile de vous faire des descriptions apocalyptiques car ils passeraient pour des personnes incompétentes.

D'un point de vu concret, le végétarisme, est un mode de vie tout à fait adapté à la vie entière des humains, de leur naissance au terme biologique d'une vie d'une durée " normale ". Nous avons rencontré sur la région toulousaine, qui n'est pourtant pas un haut lieu de regroupement des végétariens, 4 familles végétariennes de longue date avec qui nous avons pu discuter. Dont une femme végétarienne de naissance, dont sa fille et sa mère sont aussi végétariennes de naissance, et dont la grand-mère est aussi végétarienne (probablement pas de naissance). Un homme, végétarien de naissance dont les enfants sont aussi végétariens de naissance et dont les parents sont végétariens (pas de naissance). Une femme végétarienne (pas de naissance) dont la fille (âgée de plus de 20 ans) est végétarienne de naissance. Et une femme d'origine indienne, végétarienne de naissance avec enfants végétariens de naissance, dont les ancêtres étaient végétariens de naissance, depuis 3 générations (le plus ancien n'en était probablement pas de naissance). Nous n'avons pas, malheureusement, connaissance de tous les cas de végétariens de longue date, il en existe, bien sûr, beaucoup plus que ceux que nous avons rencontré pour le moment sur la région toulousaine (et encore plus ailleurs en France). Deux d'entre-nous, aussi, sont végétariens depuis l'âge de 4 ans (Laure) et 6 ans (Joan). Ils sont tous en bonne santé et aucun ne prend de suppléments (cachets de vitamines ou autres).

Le végétalisme est par contre très peu développé en France (contrairement aux pays anglo-saxons), non à cause de problèmes qu'il produirait sur la santé, mais car peu de français ont accès à de l'information sur ce sujet, alors, forcément, ils ne peuvent pas décider de faire ce choix.

Le végétalisme demande de faire attention à son apport en vitamine B12 (d'origine non-animale). C'est le seul point qui peut poser des difficultés. Même si les déficiences sont extrêmement rares, les médecins anglo-saxons conseillent de prendre des suppléments d'origine non-animale en cette vitamine. La plupart des médecins et diététiciens français sont peu informés sur le végétalisme, même si certains cas particuliers, qui ont voyagé dans les pays anglo-saxons ou qui ont fait l'effort de se pencher sur cette alimentation seront mieux informés. Il faut dire que dans leur travail quotidien, ils n'ont que peu de chance de croiser un végétalien, vu le nombre si réduit de végétaliens en France actuellement.

Le plus ancien végétalien français que nous ayons rencontré, l'est depuis un peu plus de 20 années. Il prend un supplément en B12 sous forme de cachets qu'il commande au Royaume-Uni. Nous avons aussi rencontré un végétalien originaire du Royaume-Uni, végétalien depuis une 15aines d'années, il prenait des produits supplémentés en B12 au Royaume-Uni, et n'en pend plus depuis 6 ans qu'il vit en France (il fut aussi végétarien durant 6 ans avant d'être végétalien). Nous avons aussi rencontré une végétalienne originaire du Royaume-Uni qui l'est depuis une dizaine d'années (elle a été végétarienne, avant, durant plusieurs années), elle ne prend pas de produits supplémentés depuis 7 ans qu'elle vit en France, juste des produits de son jardin végétalien.

Un d'entre-nous est végétalien depuis 7 années (Philippe). Il a été végétarien, avant, durant 5 ans. Il a consommé du Tempeh (soja fermenté) et de la levure, en croyant assurer, ainsi, un apport en B12, car ces produits étaient " traditionnellement " vus comme contenant de

la B

12 (ce qui n'est pas le cas d'après les études anglo-saxonnes). Il n'a jamais pris de supplément jusqu'à présent (mais peut-être qu'il le fera dans le futur). Il ne fume pas et ne boit pas non plus d'alcool. Il est très actif physiquement (sport et travail), le végétalisme ne lui a pas posé de problèmes pour ses activités physiques. Et une analyse de sang après 5 années de végétalisme n'a révélé aucun problème dans la formulation de son sang.

Nous connaissons, bien sûr, d'autres végétaliens, sur la région toulousaine et ailleurs en France, mais ils ne sont pas végétaliens depuis plus de 10 années (au moment de l'impression de cette brochure).

Les végétaliens que nous connaissons ne prennent pas de suppléments en vitamine D. L'exposition au soleil, régulière, assure l'apport (la vitamine D est synthétisée au niveau de la peau au contact du soleil. Une exposition régulière de 15 mn / jour, des avant-bras et du visage, suffit pour une personne à la peau claire).

Actuellement, nous n'avons pas rencontré de végétaliens de naissance en France, ni de famille. Nous avons eu un témoignage écrit d'une jeune fille se réclamant végétalienne de naissance, mais nous n'avons pas pu vérifier ses propos. Elle disait ne pas avoir pris de précaution pour son apport en B12, pas plus que ses parents.

Par contre, les familles végétaliennes, au Royaume-Uni, sont aussi fréquentes que les familles végétariennes en France actuellement (voir le chapitre 3 de cette brochure).

Nous conseillons à ceux d'entre vous qui veulent devenir végétalien et qui veulent des informations complémentaires de prendre contact avec des associations végétaliennes et végétariennes anglo-saxonnes (Vegan Society, VIVA, par exemples. Voir les contacts au chapitre 4 de cette brochure) ou de contacter des associations végétariennes françaises comprenant des végétaliens (Alliance Végétarienne, Koala, Cahiers Antispécistes ou nous-mêmes, par exemple. Voir les contacts au chapitre 4 de cette brochure).

Etre végétalien n'est pas particulièrement risqué si on prend de nouvelles habitudes progressivement. Nous conseillons d'ailleurs aux personnes qui veulent devenir végétaliennes, d'être d'abord végétariennes durant quelques années avant. Cela laisse le temps de prendre de nouvelles habitudes, de tester sa motivation, et aussi, cela laisse le temps à l'entourage de s'habituer (car il faut toujours expliquer " pourquoi ", se faire comprendre et accepter par les autres, etc. ). Mettre un an à devenir végétarien, puis être végétarien durant 5 ans, avant d'être végétalien est une évolution très souple qui laisse le temps de " digérer " ses évolutions. Certains deviennent végétaliens plus rapidement : végétariens du " jour au lendemain " et un an après deviennent végétaliens. Néanmoins, le but n'est pas la rapidité de l'évolution, mais que l'évolution soit durable, et encore mieux, ne plus changer durant le restant de sa vie. Nous ne conseillons à personne de devenir végétalien " du jour au lendemain " car en France le poids culturel est assez lourd (voir les difficultés sociales au chapitre 3). Par contre des personnes deviennent végétariennes du " jour au lendemain " sans problème.

Etre végétarien ou végétalien réclame aussi d'être " clair dans sa tête ". Certaines personnes qui se sentent toujours malades et qui croient se " guérir " au travers du végétarisme ou du végétalisme pourront ne pas se sentir mieux en étant végétariennes ou végétaliennes : le végétarisme et le végétalisme peuvent apporter un plus à la santé, mais ils ne peuvent rien pour les " malades imaginaires ". L'équilibre est à trouver dans sa tête aussi, car certains projettent sur leur alimentation des problèmes qu'ils ne peuvent régler que dans leur tête (les éternels " je me sens faible et mou ").

Souvent, aussi, l'entourage aura un malin plaisir à vous " rendre malade ", à force d'annoncer les pires catastrophes, d'être hostiles et méchants, à force de toujours devoir se justifier, d'être isolé, de voir la boucherie des animaux (et des humains… ) laisser les humains indifférents, certains peuvent effectivement " craquer " et déprimer. Il est clair qu'il est plus facile d'être en bonne santé quand le milieu où l'on vit n'est pas hostile.

Nous conseillons aux personnes qui voudraient fonder une famille végétalienne de contacter d'autres familles végétaliennes anglo-saxonnes (c'est facile car les structures existent, contacter Plamil ou

la Vegan Society

par exemple, voir les contacts aux chapitres 3 et 4 de cette brochure) pour profiter de leurs conseils pratiques. Vous pouvez aussi contacter l'association Alliance Végétarienne qui peut connaître quelques familles végétaliennes en France. Nous imaginons, sans peine, que fonder une famille végétalienne en France est, actuellement, très dur, déjà que ce n'est pas forcément facile pour les familles végétariennes, face aux préjugés d'une partie du corps médical français et de la population (entourage, à l'école par exemple). Voir les articles " les familles végétaliennes " et " les difficultés sociales à être végétarien ou végétalien " au chapitre 3 de cette brochure.

Les articles publiés dans ce chapitre sont issus :

1) Position officielle de l'Association Américaine de Diététique sur les alimentations végétariennes, extrait d'une brochure, éditée par l'association Alliance Végétarienne, s'appelant " végétarisme et question de santé " traduit par eux avec l'autorisation de l'A.A.D..

2) Articles détaillés sur les protéines et la vitamine B12 : traduit par nous-mêmes d'un livre de référence sur le végétalisme intitulé " Vegan Nutrition ", écrit au Royaume-Uni par le Docteur diplômé d'Etat Gill Langley (MA PhD MIBiol) et publié par

la Vegan Society

(1ière édition en 1988, 2ième édition, remise à jour, publiée en 1995)

3) Article sur la nutrition des enfants végétaliens et femmes végétaliennes enceintes ou allaitantes : traduit par nous-mêmes d'un livret de

la Vegan Society

sur ce thème.

4) Le reste est issu de diverses sources, que nous pouvons communiquer sur demande.

Les études qui soutiennent les propos des médecins anglo-saxons sont référencées dans les publications originales, nous n'avons pas reporté les références ici car dans le cadre étroit de notre brochure, nous ne pouvions pas y consacrer 3 ou 4 pages de plus. Nous avons essayé de mettre juste ce qui vous sera utile de savoir pour être végétalien ou végétarien. Nous tenons, bien sûr, sur demande, à disposition, une photocopie des références pour les lecteurs, des diététiciens ou des médecins qui les voudraient.

A noter, que les produits supplémentés et suppléments (cachets, capsules, ampoules, poudre) dont il est question dans les articles ne sont disponibles, actuellement, que dans les pays anglo-saxons. En France, les suppléments sont souvent d'origine animale (extrait de foie d'animaux morts, tués dans les abattoirs). Il vaut mieux les éviter. Peut-être que certains ne sont pas d'origine animale, demandez au pharmacien et écrivez au fabriquant pour vérifier. Pour notre part, nous préférons commander, au Royaume-Uni, des cachets et capsules certifiés vegans. Voir adresses au chapitre 4 ou nous contacter.

Dans les pays anglo-saxons

la B

12 végétalienne est fabriquée par un processus de fermentation microbien durant lequel divers nutriments (comme des sels minéraux, des acides aminés végétaux et du sucre) sont ajoutés à la liqueur de fermentation, aucun produit d'origine animal n'entre en compte dans sa fabrication. La vitamine D végétalienne (D2) est de l'ergostérol et est extraite à partir de levure (la vitamine D d'origine animale est désignée sous l'abréviation D3).

Nous avons fait le choix de détailler très précisément le thème des protéines car l'apport en protéines est la rengaine que sortent le plus communément les personnes ayant le moins de connaissance sur le végétarisme ou le végétalisme. Et nous avons fait le choix de détailler d'une façon approfondie celui sur la vitamine B12 car ce point est le seul qui peut vraiment poser des difficultés pour certains végétaliens et des informations contradictoires circulent sur les sources valables de vitamines B12 (les suppléments sont les seules sources reconnues fiables à 100% par les médecins officiels anglo-saxons).

Suivant les pays, des choses différentes sont apprises dans les écoles de médecine et de diététique au sujet de l'alimentation, et il est amusant de constater que les pays anglo-saxons n'ont pas le même avis sur le végétarisme et le végétalisme par rapport à leurs homologues français. La science n'est pas impartiale et les connaissances, qu'elle donne, peuvent évoluer en fonction des recherches et des circonstances... Chacun se souviendra d'ailleurs, du nuage radioactif qui s'était échappé de la centrale nucléaire de l'ex URSS, Tchernobyl, lors d'un accident, dans les années 1980 : les scientifiques français, soutenus par les autorités, étaient les seuls scientifiques européens qui n'avaient pas retrouvé de trace de radioactivité sur leur territoire. Comme si le nuage radioactif, échappé de la centrale, s'était arrêté aux frontières de

la France. Des

études indépendantes ont bien sûr prouvé que leurs propos étaient faux (des mensonges ou des " erreurs "). Et cela discrédita beaucoup le milieu scientifique français. Il en est de même pour la nutrition. Si, encore actuellement, la position d'une partie du milieu médical sur le végétarisme et le végétalisme peut faire illusion, car le nombre de végétariens et de végétaliens restent encore limité en France, avec les moyens de communications modernes (Internet) et les moyens de transports de plus en plus accessibles, qui permettent d'obtenir des informations des pays anglo-saxons, il va devenir de plus en plus difficile à une partie du milieu médical français de continuer à désinformer le public sur le végétarisme et le végétalisme, sans être discrédité et ridiculisé, une fois de plus.

Quand une partie du corps médical français se couvre de ridicule et fait rire les millions de végétaliens et de végétariens de la planète : Article paru dans le journal "

la Dépêche

du Midi " le 26/05/1997, intitulé " Le régime végétarien en question " : " loin d'être " bon " pour la santé, le régime végétarien, qui connaît un net regain d'intérêt depuis le début de la crise de la vache folle, est un régime à risque susceptible d'entraîner des carences en fer, en vitamines et en calcium. Les médecins réunis à Paris pour la vingt-cinquième édition du salon de la médecine, ont mis en garde contre les dangers de ces régimes sans viande (végétarien) ou sans aliments provenant d'une source animale (végétalien). Certes, plusieurs études américaines ont établi que la fréquence des maladies cardio-vasculaires était nettement moins importante dans la population végétarienne que la population générale. Mais ces études sont aujourd'hui fortement contestées. En effet, le végétarisme n'est qu'un des aspects d'un mode de vie excluant non seulement les viandes, mais aussi le tabac et l'alcool. Dans les études qui, au contraire, prennent en compte ces facteurs de confusion, il n'y a plus de différence entre végétarien et non-végétarien ".

Nous pouvons noter une contradiction de cet article : le début de l'article prétend qu'être végétarien ou végétalien provoquerait des carences (sans préciser que manger de la viande ne met pas à l'abri de carences, ni préciser la différence de proportion d'apparition des éventuelles carences entre les omnivores et les végétariens ou végétaliens, ni faire référence aux études qui prouveraient leurs propos), or plus loin, ce qui est remis en cause, c'est la meilleure santé des végétariens et des végétaliens révélée par les études américaines. Comment se fait-il qu'une population puisse être à la fois carencée et en meilleure santé que le reste de la population ? C'est un mystère dont seul une partie du corps médical français a le secret...

Néanmoins, des chercheurs Français reconnus et réputés pour leur sérieux sont favorables au végétarisme comme l'équipe du Dr Lecerf du service nutrition de l'Institut Pasteur de Lille.

POSITION OFFICIELLE DE L'ASSOCIATION AMERICAINE DE DIETETIQUE SUR LES ALIMENTATIONS VEGETARIENNES

Voici donc la position d'une partie du corps médical anglo-saxon sur le végétarisme et le végétalisme :

Position officielle de l'Association Américaine de Diététique sur les alimentations végétariennes

Cet article exprimant le point de vue officiel de l'Association est paru dans le journal de l'Association Américaine de Diététique, en novembre 1997. Comme l'AAD est une référence en matière de diététique outre-atlantique, il semble important que sa position favorable au végétarisme soit mieux connue en France, où une partie du milieu médical officiel reste encore persuadée qu'en dehors de la viande il n'y a point de salut.

Le point de vue de l'AAD sur les bienfaits du végétarisme en matière de santé humaine n'est d'ailleurs pas récent. L'Association précise que : " cette position a été adoptée par la " House of Delegates " (1) le 18 octobre 1987, réaffirmée le 12 septembre 1992 et le 6 septembre 1996. Elle est effective jusqu'au 31 décembre 2001 ".

Dans un langage mesuré, typique des publications officielles, mais néanmoins très clair quant à l'utilité des régimes végétariens, l'AAD argumente son point de vue sur la base d'une série d'articles scientifiques de qualité, dont la grande majorité a été publiée dans les années 1990, et plus de la moitié à partir de

1994. C

'est dire que les informations fournies sont tout à fait d'actualité.

Voici enfin la liste des personnes ayant contribué à la rédaction de cet article (2) :

Auteurs : Virginia K. Messina, MPH, RD ; Kenneth I. Burke, PhD, RD.

Relecture : Winston J. Craig, PhD, RD ; Johanna Dwyer, DSc, RD ; Suzanne Havala, MS, RD, FADA ; D. Enete Larson, MS RD ; A Reed Mangels, PhD, RD, FADA ; Vegetarian Nutrition dietetic practice group (Lenore Hodges, PhD, RD ; Cyndi Reeser, MPH, RD).

(1) : " Assemblée des délégués " : c'est l'instance délibérative de l'AAD, formée de représentant des divers domaines de la diététique ; elle se réunit deux fois l'an pour discuter de questions professionnelles et formuler des recommandations

(2) : MPH : Diplômé en Santé Publique ; RD : Diététicien diplômé d'Etat ; PhD : Docteur d'Etat ; DSc : Docteur es Sciences ; MS : Diplômé es Sciences ; FADA : Membre honoraire de l'AAD.

Le végétarisme et le végétalisme :

Les données scientifiques suggèrent l'existence de relations de cause à effet entre une alimentation végétarienne et un risque réduit de plusieurs maladies et affections dégénératives chroniques, telles que l'obésité, les maladies coronariennes, l'hypertension, le diabète sucré, et certains types de cancers. Les alimentations végétariennes, comme toutes les alimentations, doivent être élaborées d'une façon convenable afin d'être satisfaisantes au plan nutritionnel.

Position Officielle : la position officielle de l'Association Américaine de Diététique est que les alimentations végétariennes bien conçues sont bonnes pour la santé, adéquates au plan nutritionnel, et sont bénéfiques pour la prévention et le traitement de maladies spécifiques.

Le végétarisme et son contexte

Les végétariens ont des modes d'alimentation très variés. Les Lacto-ovo-végétariens consomment des céréales, légumes, fruits, légumes, graines et " noix " (le terme anglo-saxon inclus : noix, noisettes, amandes, cacahuètes), ainsi que des produits laitiers et des œufs, et excluent de leur alimentation les viandes, poissons et volailles. Les végétaliens, ou végétariens stricts, excluent, de plus, les produits laitiers, les œufs, ainsi que d'autres produits animaux (miel). Mais à l'intérieur de ces cadres, d'importantes variations peuvent exister et les produits animaux plus ou moins strictement exclus. C'est pourquoi, seule une évaluation personnelle permet de déterminer précisément la qualité nutritionnelle d'une alimentation végétarienne.

Les études montrent que les taux de morbidité et de mortalité de plusieurs maladies dégénératives chroniques sont souvent plus faibles chez les végétariens que chez les non-végétariens. Bien que des facteurs non-alimentaires, tels que l'activité physique et l'abstinence de tabac et d'alcool puissent jouer un rôle, l'alimentation est clairement un facteur qui contribue à cet état de fait.

En dehors des bénéfices pour la santé, les autres considérations pouvant conduire une personne à adopter une alimentation végétarienne sont l'intérêt pour l'environnement, l'écologie, et la question de la faim dans le monde. Les végétariens citent également les questions économiques, les préoccupations éthiques, et les croyances religieuses, comme autant de raisons pour suivre ce genre d'alimentation. La demande des consommateurs pour des options végétariennes aux USA a conduit un nombre de plus en plus grand de services de restauration à proposer des plats végétariens. Actuellement, la plupart des services de restauration universitaires aux USA offrent des menus végétariens.

Conséquences du végétarisme en terme de santé

Des alimentations végétariennes pauvres en graisses ou en graisses saturées ont été utilisés avec succès dans le cadre de programmes de santé visant à renverser le cours de maladies coronariennes sévères. Les alimentations végétariennes apportent une protection bénéfique dans ces maladies du fait de leur faible teneur en graisses saturée, cholestérol et protéines animales, et de leur teneur souvent élevée en folate (qui abaissent le niveau sérique d'homocystéine), antioxydants comme les vitamines C et E, caroténoïdes, et divers composés phytochimiques (il s'agit des substances présentes dans les fruits et légumes ayant des effets protecteurs pour la santé, par exemple : les sulfures diallyles de l'ail et des oignons renforçant le système immunitaire, les polyphénols du thé vert neutralisant les agents carcinogènes, ou les isoflavones du soja réduisant le niveau du cholestérol sérique). Non seulement la mortalité par maladie coronarienne est plus faible chez les végétariens que chez les non-végétariens, mais les alimentations végétariennes ont réussi avec succès à enrayer ce genre de maladie. Les niveaux de cholestérol sérique total et le cholestérol LDL (fraction basse densité du cholestérol. Un taux élevé de LDL entraîne un risque accru d'athérosclérose) sont habituellement faibles chez les végétariens, mais les niveaux de cholestérol HDL (fraction haute densité du cholestérol. Un taux faible de HDL entraîne un risque accru d'athérosclérose) et de triglycérides varient en fonction du type d'alimentation végétarienne suivie.

Les végétariens ont tendance à être moins sujets à l'hypertension que les non-végétariens ; ceci apparaît indépendant du poids et du sodium absorbé. Le diabète de type 2 (" diabetes mellitus ", ou diabète sucré) a beaucoup moins de chance d'être une cause de décès chez les végétariens que chez les non-végétariens, sans doute du fait que les premiers consomment davantage de carbohydrates complexes et que leur indice de masse corporelle est plus faible (l'indice de masse corporelle, ou indice de Quételet (Q), est une mesure de corpulence calculée en divisant le poids en kilo (P) par le carré de la taille en mètres (T) : Q = P/T². Une classification couramment admise est : Q<19 = poids insuffisant ; 19<Q<25 = poids normal ; 25<Q< 30 = surpoids ; Q>30 = obésité).

Les végétariens sont moins sujets aux cancers des poumons et aux cancers colorectaux que les non-végétariens. Cette réduction de risque de cancer colorectal est associée à la consommation plus élevée de fibres, de végétaux et de fruits. Le milieu intestinal au niveau du colon est notablement différent chez les végétariens de celui des non-végétariens, en des termes qui pourraient affecter favorablement le risque de cancer. Chez les végétariens des pays occidentaux, il n'a pas été observé des taux moindres de cancer du sein, mais les données à l'échelle mondiale montrent que les taux de cancer du sein sont plus faibles chez les populations consommant des alimentations à base de plantes. Un facteur de protection pourrait être le faible taux d'œstrogènes rencontré chez les femmes végétariennes.

Une alimentation végétarienne équilibrée pourrait être utile dans la prévention et le traitement des affections rénales. Les études sur l'humain suggèrent que certaines protéines végétales augmentent les taux de survie et diminueraient la protéinurie, le taux de filtration glomérulaire, le flux sanguin rénal et les lésions rénales, par rapport à une alimentation non-végétarienne.

Considérations nutritionnelles à l'usage des végétariens

Les sources végétales de protéines peuvent, à elles seules, fournir les acides aminés essentiels en quantité adéquate, si la variété alimentaire est suffisante et si les besoins énergétiques sont satisfaits. Les recherches suggèrent qu'il n'y a nul besoin de consommer en même temps des protéines complémentaires, mais que la consommation de sources variées d'acides aminés au cours d'une journée devrait suffire à assurer une bonne rétention et utilisation de l'azote chez les personnes en bonne santé. Bien que les alimentations végétariennes soient moins riches en protéines, et que les besoins individuels puissent être plus élevés à cause d'une moins bonne qualité de certaines protéines végétales, on constate que l'absorption protéique est adéquate, aussi bien chez les lacto-ovo-végétariens que chez le végétaliens.

Les aliments végétaux contiennent du fer non-hémique, qui est plus sensible que le fer hémique aux inhibiteurs comme aux facilitateurs de l'absorption ferrique. Bien que les alimentations végétariennes apportent davantage de fer que les alimentations non-végétariennes, les stocks de fer sont plus faibles chez les végétariens, car le fer issu des plantes est moins bien absorbé. Mais l'importance clinique de ce fait, si tant est qu'il existe, n'est pas claire, en effet, les taux d'anémie par déficit en fer sont similaires chez les végétariens et les non-végétariens. La teneur élevée en vitamine C des alimentations végétariennes pourrait faciliter l'absorption du fer.

Bien que les aliments végétaux puissent contenir, en surface, de la vitamine B12 provenant des composants du sol, cet apport en vitamine B12 n'est pas une source fiable pour les végétariens. Une grande partie de la vitamine B12 que l'on trouve dans la spiruline, les algues, le tempeh et le miso, se présente plutôt sous la forme d'un analogue inactif que sous la forme vitaminique active. Bien que les produits laitiers et les œufs contiennent de la vitamine B12, les recherches suggèrent que le taux sanguin de cette vitamine est faible chez les lacto-ovo-végétariens. Une supplémentation ou l'usage de produits enrichis sont recommandés pour ceux des végétariens qui excluent ou restreignent l'usage des sous-produits animaux (œufs et lait).

Du fait que les besoins en vitamine B12 sont faibles, et qu'elle est à la fois stockée et recyclée dans l'organisme, les symptômes de carence peuvent mettre des années à apparaître. L'absorption de vitamine B12 devenant moins efficace avec l'âge, une supplémentation pourrait être recommandée pour tous les végétariens âgés.

Les lacto-ovo-végétariens bénéficient d'apports en calcium comparables ou supérieurs à celui des non-végétariens. Les végétaliens, toutefois, ont un apport en calcium généralement moindre que celui des lacto-ovo-végétariens et des omnivores. Il faut remarquer que les végétaliens pourraient avoir de plus faibles besoins en calcium que les non-végétariens, car on a montré que les alimentations moins protéinées et plus alcalines ont un effet d'épargne sur le calcium. De plus, quand une personne suit une alimentation à faible teneur protéique et sodique et qu'elle pratique régulièrement une activité de dépense physique comme la marche ou la course, ses besoins en calcium peuvent être diminués par rapport à ceux d'une personne sédentaire suivant une alimentation occidentale standard. Ces facteurs, ainsi que les influences génétiques, pourraient aider à comprendre les écarts de santé osseuse qui sont indépendants des apports calciques.

Parce que les besoins en calcium spécifiques des végétaliens n'ont pas été établis, et qu'un apport calcique inadéquat est relié à un risque d'ostéoporose chez les femmes en général, les femmes végétaliennes devraient suivre les recommandations d'apport calcique fixé selon les groupes d'âges par l'Institut de Médecine de l'Académie Nationale des Sciences (USA, Washington). Le calcium est bien absorbé à partir de nombreux végétaux, et les aliments végétaux sont à même de fournir un apport adéquat si l'alimentation comprend régulièrement des aliments riches en calcium. De plus, beaucoup de nouveaux aliments végétariens sont enrichis en calcium (d'origine non-animale). Une supplémentation n'est conseillée pour les végétaliens que s'ils ne satisfont pas à leurs besoins par leur alimentation courante.

Aucun type d'alimentation ne fournit des quantités importantes de vitamine D, sauf si sont consommés des aliments enrichis en cette vitamine. Les alimentations végétaliennes peuvent être déficitaires en vitamine D, car c'est le lait de vache qui est la source alimentaire la plus commune. Mais il existe des aliments végétaliens complémentés en vitamine D, tels que les laits de soja et certaines céréales pour petit-déjeuner. De plus, les recherches ont montré que la lumière solaire est un facteur d'importance majeure pour l'équilibre en vitamine D, et que l'apport alimentaire ne prend d'importance que dans la mesure où l'exposition du corps au soleil n'est pas suffisante. Une exposition au soleil pendant 5 à 15 minutes par jour des mains, bras et visage, semble suffisante pour fournir de la vitamine D en quantité adéquate. Les personnes à peau sombre, celles vivant à des latitudes élevées ou des zones à forte densité de nuages ou de brouillards, pourraient avoir besoin de s'exposer au soleil plus longtemps. L'utilisation de crèmes anti-solaires interfère avec la synthèse de la vitamine D. Des suppléments en vitamine D sont recommandés pour les végétaliens en cas d'expositions trop faible au soleil. Ceci concerne particulièrement les personnes âgées, qui synthétisent la vitamine D moins efficacement, et dont l'exposition au soleil est limitée.

Les études ont montré que l'apport en zinc chez les végétariens est plus faible ou de même niveau que celui des non-végétariens. Mais la plupart des études montrent que les taux de zinc dans les cheveux, le sérum ou la salive sont normaux chez les végétariens. Des mécanismes compensatoires pourraient aider les végétariens à s'adapter en cas d'alimentation pauvre en zinc. Toutefois, comme le zinc provenant des végétaux est faiblement assimilé, et que les conséquences des déficiences en zinc sont mal comprises, les végétariens devraient s'efforcer de suivre ou dépasser les Apports Journaliers Recommandés.

Les alimentations excluant les poissons ou les œufs manquent d'acide docosahéxanoïque (DHA), un acide gras à longue chaîne de la série oméga-3. Les végétariens peuvent avoir un taux sanguin faible en cet acide gras, bien que toutes les études ne soient pas d'accord entre elles à ce sujet. L'acide alpha-linolénique, qui est un acide gras essentiel, peut être transformé en DHA, bien que le processus de transformation apparaisse peu efficace, et que des apports élevés en acide alpha-linolénique interfèrent avec ce processus. Les conséquences d'un faible niveau de DHA ne sont pas claires. On recommande néanmoins aux végétariens d'inclure dans leur alimentation de bonnes sources d'acide alpha-linolénique.

Le végétarisme au cours des âges de la vie

Les alimentations végétaliennes ou lacto-ovo-végétariennes bien conçus sont appropriées à tous les âges de la vie, y compris durant la grossesse et la lactation. Ces alimentations bien planifiées satisfont aux besoins nutritionnels des nourrissons, des enfants, des adolescents, et favorisent une croissance normale. Les carences ont toutes les chances de n'être observées que dans des populations suivant des régimes très restrictifs (macrobiotique végétalien ou frugivore, par exemple). Tous les enfants végétaliens devraient bénéficier de sources fiables de vitamine B12 et, si l'accès au soleil est limité, de suppléments en vitamine D ou d'aliments enrichis. Les aliments riches en calcium, fer et zinc devraient être privilégiés. Des repas et des en-cas fréquents, ainsi que l'emploi de certains aliments raffinés ou riches en matière grasse peuvent aider les enfants végétariens à satisfaire leurs besoins en énergie. Les recommandations pour les supplémentations en fer ou vitamine D et pour l'introduction des aliments solides sont les mêmes pour les nourrissons végétariens ou non-végétariens. Quand arrive le moment d'introduire des aliments riches en protéines, les nourrissons végétariens peuvent prendre de la purée de tofu, du fromage blanc, et des légumineuses réduites en purée. Les nourrissons végétaliens nourris au sein devraient recevoir un apport en vitamine B12 si l'alimentation de la mère n'est pas supplémentée, et en vitamine D si l'exposition au soleil est insuffisante.

Suivre une alimentation de type végétarien est un peu plus courant chez les adolescents ayant des troubles de l'alimentation que dans la population adolescente en général; c'est pourquoi les professionnels de la diététique devraient prêter attention à ceux de leurs jeunes clients qui restreignent fortement leurs choix alimentaires et qui présentent des symptômes de tels troubles. Toutefois, des données récentes indiquent que le fait d'adopter une alimentation de type végétarien n'est pas un facteur d'apparition de ces troubles. Assortis de conseils dans l'organisation des repas, les alimentations végétariennes sont des choix appropriés et bénéfiques pour les adolescents.

Les alimentations végétariennes peuvent également répondre aux besoins des athlètes de compétition. La demande en protéines peut être élevée, parce que l'entraînement accroît le métabolisme des acides aminés, mais une alimentation végétarienne conforme aux besoins énergétiques et incluant de bonnes sources protéiques (par exemple : produits à base de soja et légumineuses), est capable de fournir les protéines requises sans avoir recours à des aliments spéciaux ou des suppléments. Chez les adolescents pratiquant l'athlétisme, l'attention doit particulièrement porter sur la satisfaction des besoins en énergie, en protéines et en fer. L'aménorrhée peut se rencontrer davantage chez les athlètes végétariennes que non-végétariennes, mais toutes les études ne sont pas d'accord à ce sujet. Maintenir un cycle menstruel normal pourrait nécessiter d'augmenter l'apport en énergie et matières grasses, et de réduire l'apport en fibres, ainsi que les entraînements trop rigoureux.

Les alimentations lacto-ovo-végétariennes et végétaliennes peuvent satisfaire aux demandes en nutriments et énergie des femmes enceintes. Le poids à la naissance des enfants nés de femmes végétariennes convenablement nourries est normal et similaire à celui des enfants nés de femmes non-végétariennes. L'alimentation des femmes végétaliennes enceintes et allaitantes devrait être supplémentée respectivement par 2,0µg et 2,6µg de vitamine B12 par jour, et par 10µg de vitamine D par jour en cas d'exposition au soleil restreinte. Des suppléments de folate (vitamine B9) sont conseillés pour toutes les femmes enceintes, bien que les végétariennes aient typiquement des apports plus élevés que ceux des non-végétariennes.

Organisation des repas végétariens

Les règles suivantes peuvent être une aide pour composer des repas bons pour la santé :

. utiliser une grande variété d'aliments, comprenant céréales complètes, légumes, fruits, légumineuses, noix, graines, et si l'on veut des produits laitiers et des œufs.

. choisir souvent des aliments entiers, non raffinés, et réduire la consommation des produits trop raffinés et trop chargés en sucres et en matières grasses.

. si des produits laitiers et des œufs sont utilisés, choisir des variantes appauvries en matières grasses. La consommation des fromages, des autres produits laitiers riches en graisses et des œufs devraient être limités, du fait de leur teneur en acides gras saturés, et parce que leur usage fréquent remplace dans certaines alimentations végétariennes l'emploi des aliments végétaux.

. les végétaliens devraient utiliser dans leur alimentation une source régulière de vitamine B12, ainsi que de vitamine D en cas d'exposition insuffisante au soleil.

. les nourrissons alimentés exclusivement au sein devraient recevoir un supplément de fer après l'âge de 4 à 6 mois, ainsi que de vitamine D si leur exposition au soleil est limitée. Les enfants de végétaliens nourris au sein devraient également recevoir des suppléments en vitamine B12, si l'alimentation de leur mère n'est pas enrichie en cette vitamine.

. il ne faut pas restreindre l'apport en graisses alimentaires chez les enfants de moins de 2 ans. Chez les enfants plus âgés, afin de les aider à satisfaire leurs besoins en nutriments et en énergie, il faut inclure dans leur alimentation des aliments riches en graisses non-saturées (par exemple : des noix, des graines, des beurres de noix ou de graines, des avocats, et des huiles végétales).

Guide de composition des repas végétariens (nombre de portion à prendre par jour dans chacun des groupes considérés).

* Graisses végétales, huiles végétales, sucres (modérément) : inférieur à 0,5 portions / jour

* Produits laitiers : inférieur à 3 portions / jour. Exemples de portions : 1 portion = 240 ml de lait, 1 portion = 240 ml de yaourt, 1 portion = 45g de fromage

* Légumineuses, noix, graines, œufs : 2 à 3 portions / jour. Exemples de portions : 1 portion = 120 ml de légumineuses cuites, 1 portion = 1 œuf, 1 portion = 30 ml de noix et graines, 1 portion = 240 ml de lait de soja, 1 portion = 60 ml de tofu ou tempeh, 1 portion = 30 ml de beurre de cacahuète

* Fruits : 2 à 4 portions / jour. Exemples de portions : 1 portion = 180 ml de jus de fruits, 1 portion = 60 ml de fruits séchés, 1 portion = 120 ml de salade de fruits frais, 1 portion = 120 ml de fruits en conserve, 1 portion = 1 fruit entier de taille moyenne (banane, pomme, orange)

* Légumes : 3 à 5 portions / jour. Exemples de portions : 1 portion = 120 ml de légumes cuits ou râpés crus, 1 portion = 240 ml de légumes à feuilles, divers, crus

* Pain, céréales, pâtes : 6 à 11 portions / jour. Exemples de portions : 1 portion =

30 g

de céréales de petit-déjeuner, prêtes à consommer, 1 portion = 1 tranche de pain, 1 portion = 120 ml de céréales cuites divers, 1 portion = 120 ml de pâtes cuites

Exemples de calcul à partir des portions :

légumes = 3 à 5 x (120 ml de légumes cuits ou râpés crus) = 360 à 600 ml de légumes cuits ou râpés crus.

Ou légumes = 2 à 3 x (120 ml de légumes cuits ou râpés crus) + 1 à 2 x (240 ml de légumes à feuilles, divers, crus) = 240 à 360 ml de légumes cuits ou râpés crus + 240 à 480 ml de légumes à feuilles, divers, crus.

Remarque : les médecins sont très prudents car ils doivent préconiser des conseils généraux valables pour l'ensemble de la population. En pratique, il n'y a pas besoin de faire particulièrement de calcul savant. Les végétariens ont juste besoin de manger à leur faim des légumineuses, céréales, légumes et fruits d'une façon variés (+ modérément des œufs et du lait), et les végétaliens, en plus des légumineuses, céréales, légumes et fruits, doivent par précaution prendre un peu de B12 en supplément car l'apport par d'autres moyens n'est pas totalement sûr dans notre milieu de vie aseptisé (le sol d'un jardin peut ne pas être assez riche en B12, etc.).

LES PROTEINES

Position officielle de l'Association Américaine de Diététique sur le végétarisme (1993) : " les protéines de soja se sont révélées équivalentes nutritionnellement, en qualité, aux protéines d'origines animales, par conséquent, elles peuvent servir comme source unique d'apport en protéines si on le désire ".

Les protéines sont de grosses molécules constituées par de petites unités appelées " acides aminés ", lesquelles sont liées ensemble comme des perles dans un collier. Après avoir été mangées, les protéines sont digérées dans l'estomac et le petit intestin où les " perles " - les acides aminés - sont séparées, et sont, à ce moment, absorbées dans la circulation sanguine. Nos corps fabriquent les protéines dont ils ont besoin pour entretenir nos tissus et pour soutenir la croissance à partir des acides aminés séparés par la digestion - ils réorganisent les " perles " dans un ordre différent. Les acides aminés sont aussi utilisés par notre corps pour fabriquer des hormones et d'autres substances physiologiques actives.

Il y a 20 acides aminés communément trouvés dans l'une et l'autre des protéines végétales et animales. Les plantes peuvent synthétiser tous les acides aminés dont elles ont besoin à partir de simples substances inorganiques telles que le carbone, l'hydrogène, le souffre et l'eau. Les humains et les autres animaux ne le peuvent pas. Nous avons juste des aptitudes limitées à convertir un acide aminé en un autre. Pour les adultes, il est généralement admis qu'il y en a huit indispensables qui doivent être présent dans la nourriture que nous mangeons : ce sont l'isoleucine, la leucine, la lysine, la méthionine, la phénylalanine, la thréonine, la tryptophane et la valine. Les enfants ont besoin de sources d'aliments contenant de l'histidine, et probablement de la taurine.

Les besoins en protéines

Les experts ne sont toujours pas entièrement sûr de la quantité de protéines dont nous avons besoin, et les estimations ont été révisées souvent ces dernières années. Les organisations nationales et internationales qui donnent des conseils sur les besoins nutritionnels suggèrent des standards qui sont calculés pour faire face ou dépasser les besoins de pratiquement tout le monde dans la population. Ils prennent explicitement en compte les variations individuelles, et leur niveau a donc une large marge de sécurité surévaluée. Les recommandations de l'Organisation Mondiale de

la Santé

de 1985 forment encore la base pour beaucoup de références nationales en matière de quantité nécessaire de protéines.

En 1991, le Ministère de

la Santé

du Royaume-Uni a introduit de nouveaux termes de références pour la prise de nutriment. Il recommande une quantité de nutriment de référence nécessaire pour les protéines, dépendant du sexe et de l'âge, décrit dans le tableau " WHO " (voir tableau n°1). La recommandation de référence est estimée être suffisante ou plus que suffisante pour près de 97% des gens dans un groupe, et les recommandations du Royaume-Uni de 1991 pour les enfants sont de 2 à 3 fois plus faibles que les recommandations de 1979 qu'elles remplacent. Les apports diététiques recommandés aux USA publiés en 1989 sont de 0,8g de protéines par kilogramme de poids de personne par jour pour la plupart des adultes, c'est à dire respectivement 58g et 50g pour les hommes et les femmes, elles sont similaires aux valeurs du Royaume-Uni.

Une autre façon commune de considérer l'apport de protéines est de l'exprimer par la proportion de calories, en %, produits par les protéines par rapport au total des calories consommées chaque jour : (nombre de calories issues de protéines / nombre total de calories mangées) x 100% = apport de protéines (comme un pourcentage d'énergie apporté).

L'O.M.S. suggère que manger 10% de notre énergie quotidienne en protéines doit fournir une quantité adéquate. La recommandation courante au Royaume-Uni pour l'apport de protéines, converti en pourcentage d'énergie correspond approximativement à 9%. L'apport de protéines des populations omnivores en Occident est compris entre 10% et 15%, et est de 15% au Royaume-Uni.

Les aliments qui procurent communément le plus de protéines dans une alimentation végétalienne sont les légumineuses (pois, haricots, lentilles, soja et produits de soja), les céréales et produits de céréales (blé, avoine, riz, orge, sarrasin, millet, pâte, pain), noix (noisette, amande) et graines (tournesol, potiron, citrouille, sésame).

Le niveau moyen de protéines dans les légumineuses, à 26% de leur teneur en énergie (calorie), est supérieur à celui de la viande. Les graines de soja et le tofu (" fromage de soja ") sont particulièrement riches en protéines avec une teneur respectivement de 40% et 43%. Les céréales contiennent de 7% à 17% de leur énergie en protéines, et 8% à 17% pour les noix et les graines. Le pain et les patates contiennent 10% de leur énergie en protéines. Comme tous ces aliments sont aussi " dense en énergie ", il est facile de voir pourquoi tant que les recommandations en énergie sont correctement respectées, la nourriture végétale peut facilement couvrir les recommandations en protéines. Voir les contenances en protéines de quelques plantes dans le tableau n°2.

La qualité des protéines – les humains ne sont pas des rats

Certains nutritionnistes ont cru un moment que toutes les protéines des plantes sont d'une qualité inférieure à toutes les protéines animales, car les acides aminés sont présents dans des proportions moins idéales. Dans les premières années de recherche sur les protéines, cette croyance est apparue suite à des expériences sur des rats de laboratoire, quand il est devenu clair que l'ajout d'acides aminés à une source de protéines végétales améliore sa valeur biologique au point de pouvoir supporter la croissance d'un rat sevré. Le problème majeur avec le test de croissance des rats est que les rats et les humains ont des besoins nutritionnels différents, en conséquence les tests surestimaient la valeur des protéines animales tout en sous-estimant la valeur des protéines végétales. En 1991, après des décennies d'utilisation de ces résultats, l'O.M.S. abandonna officiellement le test de croissance du rat pour la raison que celui-ci est une méthode inadaptée pour déterminer la valeur des protéines nécessaires aux corps des humains.

Les protéines dans chaque type de nourriture ont leurs compositions spécifiques en acides aminés, qui sont riches en certains acides aminés et pauvres en d'autres. Depuis longtemps, la qualité chimique d'une protéine, correspond à sa composition en acides aminés, et, est mesurée, par usage, par rapport aux protéines des œufs de poule, qui sont prises comme valeur 100%. Par cette méthode, pour chaque protéine, l'acide aminé le plus en dessous du standard de référence est considéré comme l'acide aminé " limitant " – qui n'est pas nécessairement celui qui est présent en plus faible quantité en valeur absolue, mais en plus faible proportion comparée à ce qui est trouvé dans les protéines des œufs de poule. Dans la plupart des céréales et des graines, par exemple, l'acide aminé " limitant " est la lysine, alors que dans la plupart des légumineuses c'est la méthionine. La tryptophane est la limite en acide aminé dans le maïs, et dans la viande de bœuf c'est la méthionine. Presque chaque aliment à un acide aminé " limitant ", la plupart des aliments ont tous les acides aminés dans une quantité suffisante pour la santé humaine.

Le rapport " WHO " de 1985 formule de nouvelles méthodes de comptage des acides aminés. Celles-ci sont basées sur l'estimation des besoins des humains à différents âges, plutôt que des comparaisons avec des aliments jugés être de hautes valeurs, comme les œufs de poule. En 1991 le " WHO " confirma la nouvelle méthode de mesure de la valeur des protéines, qui prend en compte la composition en acides aminés et la digestibilité de la protéine. La digestibilité est influencée par la structure de la protéine, ainsi que par d'autres facteurs comme la quantité de fibre, de tanin ou de phytate dans les aliments. Ainsi les protéines issues de plantes sont peut-être légèrement moins digestibles, et certaines autorités, en conséquence, suggèrent que 10% de protéines végétales en plus soient nécessaires par rapport au standard. Le Ministère de

la Santé

du Royaume-Uni recommande que les gens qui suivent une alimentation à base de végétaux multiplient par

1,1 l

'indication du tableau n°1, pour obtenir les quantités conseillées.

Les combinaisons de protéines ne sont pas nécessaires

Les erreurs issues des recherches sur les rats ont aussi conduit à la théorie des combinaisons de protéines. Cette théorie prétend que des protéines complémentaires ayant de différents acides aminés " limitants ", comme les haricots et les céréales, doivent être mangés strictement à chaque repas pour assurer l'apport en acides aminés. Même les végétariens sont, parfois, conseillés de combiner des protéines végétales avec des produits laitiers. Ce conseil est maintenant complètement dépassé.

La combinaison de protéines peut réduire la quantité de protéines nécessaire pour que le corps ait un apport équilibré en protéines, mais plusieurs études sur des humains ont indiqué que ce n'était ni nécessaire ni tout le temps le cas.

Par exemple, pendant une période supérieure à 60 jours, on a nourrit 7 humains volontaires d'une façon où les protéines étaient seulement fournies, soit par des haricots + du maïs et + du blé raffiné, ou haricot + riz et + du blé raffiné, ou une combinaison de nourriture végétale avec une addition de lait de vache. Tous les sujets ont gardé un bon équilibre en azote (une mesure de validité de l'apport en protéines), et il n'y avait aucune différence d'équilibre en azote entre les sujets mangeant uniquement des végétaux, et ceux qui prenaient du lait en supplément.

Une autre étude a observé la validité d'une alimentation à base de plantes où 76% des protéines provenaient du blé. Le but était de déterminer si cette alimentation peut être améliorée par l'ajout d'autres sources de protéines végétales, comme des haricots, riz et du beurre de noix. La nourriture était totalement végétalienne, contenait
46g de protéines, et fut suivie par 12 jeunes hommes pendant plus de 60 jours durant lesquels ils ont continué leurs activités quotidiennes normales. Tous les volontaires ont gardé un bon équilibre en azote, et remplacer 20% des protéines de blé par des protéines d'haricots, riz ou beurre de noix n'a pas augmenté le niveau des acides aminés essentiels dans leur sang.

Encore plus saisissant peuvent être les résultats d'une étude sur 59 jours sur 6 hommes qui ont eu une alimentation où la seule source de protéines était le riz. Pour 2 niveaux de quantité de protéines (36g et 48g par jour), l'alimentation comprenait seulement le riz comme source de protéines, ou remplaçait 15% à 30% de protéines de riz par des protéines de poulets. Le remplacement partiel du riz par du poulet n'a pas eu d'effet significatif sur l'équilibre en azote des volontaires (en contradiction avec les anciennes expériences sur les rats qui montraient qu'une alimentation à base unique de protéines de riz ne permettait pas un développement normal). Dans cette étude sur des humains, même pour l'alimentation ayant le plus bas apport en protéines, le riz, comme seul apport de protéines, assurait de 1,5 à 4,5 fois plus que les recommandations du " WHO " pour tous les acides aminés indispensables. Pour l'alimentation ayant le plus haut apport en protéines, le riz fournissait entre 2 et 6 fois plus d'acides aminés indispensables que le niveau conseillé par le " WHO ", et tous les sujets avaient un bon équilibre en azote.

La position officielle de l'Association Américaine de Diététique en 1993 sur les alimentations végétariennes confirme que, comme les acides aminés obtenus dans l'alimentation peuvent se combiner avec les acides aminés fabriqués par le corps, il n'est pas nécessaire pour les végétaliens ou les végétariens de combiner les protéines à chaque repas. D'abondantes quantités d'acides aminés sont obtenues si différents aliments sont mangés chaque jour. En plus de cela, l'Association spécifie que " les protéines de soja se sont révélées équivalentes nutritionnellement, en qualité, aux protéines d'origines animales, par conséquent, elles peuvent servir comme source unique d'apport en protéines si on le désire ".

De meilleures méthodes d'évaluation de la qualité des protéines ont été trouvées, basées sur l'estimation des besoins humains plutôt que par des tests sur des rats. Même une nourriture, avec une " pauvre " quantité d'acides aminés en contient, généralement, plus qu'assez pour les besoins humains. Plusieurs études sur des humains montrent clairement qu'une alimentation basée seulement sur les végétaux assure facilement les quantités recommandées en acides aminés, et que les combinaisons de protéines à chaque repas ne sont pas nécessaires. En particulier, les protéines de soja qui sont équivalentes biologiquement aux protéines animales.

Référence de prise nutritionnelle pour les protéines (tableau n°1)

Groupe d'âge

protéines (grammes par jour)

Bébés et enfants

0 à 12 mois

12,5 à 14,9

1 à 3 ans

14,5

4 à 10 ans

19,7 à 28,3

11 à 14 ans

42,1 (garçons)   41,2 (filles)

15 à 18 ans

55,2 (garçons)   45,0 (filles)

Hommes

19 à 50 ans

55,5

Plus de 50 ans

53,3

Femmes

19 à 50 ans

45,0

Plus de 50 ans

46,5

Durant la grossesse *

+ 6

Durant l'allaitement *
0 à 6 mois

+ 11

plus de 6 mois

+ 8

Informations issues de " Dietary Reference Values for Food Energy and Nutrients for the

United Kingdom

", 1991

* à ajouter à la prise habituelle

Ces recommandations sont basées sur la digestibilité complète des protéines du lait et de l'œuf. Les protéines des végétaux peuvent être légèrement moins digestes, et le Ministère de

la Santé

du Royaume-Uni recommande que les végétariens et les végétaliens multiplient par un facteur de 1,1 les valeurs.

Quantité de nourriture végétale fournissant 10g de protéines (tableau n°2)

Aliments

niveau d'aliment
fournissant 10g de protéines

NOIX

Cacahuètes

39g

Amande

47g

Pistaches

50g

Noix du brésil

71g

Noisette

71g

LEGUMINEUSES

Farine de soja

24g

Graines de soja (cuites et déshydratées)

71g

Lentilles entières (cuites et déshydratées)

114g

Pois (cuits et déshydratés)

119g

Haricots (cuits et déshydratés)

119g

Tofu

124g

Pois (cuit)

159g

CEREALES

Farine complète

79g

Orge complet (avant d'être cuit)

95g

Pain complet

109g

Farine de seigle, 100%

122g

Spaghetti complet (bouilli)

213g

Riz brun (bouilli)

385g

GRAINES
(écossées)

de citrouilles

41g

de tournesols

51g

de sésames

55g

AUTRES

Abricots (secs)

250g

Pommes de terre (cuites avec la peau)

256g

Epinards (bouillis)

454g

Etudes sur des végétaliens adultes

Bien que les experts en nutrition soient maintenant d'accord que le végétalisme apporte des protéines adéquates et bonnes, la première question qui est posée à tous les végétaliens (et à peu près tous les végétariens) est, est-ce que vous prenez suffisamment de protéines ? Plusieurs études ont donné la réponse.

En 1967 Frey Ellis et Pamela Mumford ont recensé de nombreuses études, effectuées dans les années 50 et 60, qui montraient que les végétaliens prenaient entre 10% et 11% de leur énergie quotidienne sous forme de protéines, alors que les végétariens en prenaient 11% à 15%. En 1966 Harding et ses collègues calculèrent que les végétaliens hommes et femmes acquéraient les apports recommandés de tous les acides aminés essentiels, et que la proportion de leurs apports en acides aminés ressemblaient de près aux protéines présentes dans le lait d'humain, alors que ceux des végétariens et des omnivores (qui prennent beaucoup de protéines animales) sont plus proches des acides aminés présent sans le lait de vache.

En 1981, Abdulla et ses collègues ont mesuré les apports de protéines de 6 végétaliens suédois, en parfaite santé, d'âge moyen. Les protéines représentaient 10% de l'énergie totale, contre 12% de l'énergie totale pour des suédois omnivores du même âge. Bien que l'énergie consommée dans cette communauté végétalienne ait été faible, leurs apports pour tous les acides aminés indispensables étaient, au minimum, presque le double des recommandations proposées aux USA, et plus du double des recommandations du " WHO ".

Les protéines prisent par 22 végétaliens Britanniques ont été comparées par âge et par sexe à leurs homologues omnivores, et cela montra que leur apport était légèrement inférieur, mais bien en excès aux recommandations officielles. Andrew Lockie et ses collègues ont montré que la moyenne de l'apport en protéines de 10 végétaliens était quelque peu plus faible que l'apport chez les omnivores et les végétariens, mais encore conforme aux recommandations du Royaume-Uni. La même chose a été vérifiée par l'analyse publiée en 1987 comparant 11 végétaliens avec 11 omnivores, et par une analyse de 18 végétaliens publiée en 1986. Les études de Oxford ont analysé l'alimentation de 52 végétaliens et ont montré que leur consommation moyenne de protéines était de 11,8% du total de leur énergie, comparativement à 12,3% pour les végétariens, 12,9% pour des mangeurs de poissons et 15% pour les mangeurs de viande. Une comparaison des apports de protéines, datant de 1993, effectuée sur 3 types d'alimentation a confirmé les premières études : les végétaliens mangeaient en moyenne 11,3% de leur énergie totale sous forme de protéines, alors que la prise pour les végétariens était de 12,3% et de 13,4% pour les mangeurs de poissons. Exprimées en gramme de protéines consommées chaque jour, les prises des 38 végétaliens étudiés (47g pour les femmes, 65g pour les hommes) dépassaient les références nutritionnelles d'apport du Royaume-Uni. Les céréales contribuaient pour 30% à 40% des protéines végétales, les produits à base de soja 10%, et les légumes de 7% à 10%. Tableau n°3 : résumé des valeurs de protéines prisent par les végétaliens adultes.

Quelques personnes peuvent avoir besoin d'un apport de l'acide aminé taurine, même si normalement le corps peut la fabriquer à partir d'autres acides aminés. La carence en taurine peut être un facteur de nombreuses maladies, dont des maladies cardio-vasculaires. Une étude de 1986 suggère que les végétaliens sont capables de synthétiser les quantités nécessaires de taurine à partir d'autres acides aminés présents dans leur nourriture, car le niveau de taurine dans le sang et le lait maternel des végétaliens est correct bien que la taurine ne soit pas présente dans les végétaux. Pourtant, une étude plus rigoureuse a indiqué que le niveau de taurine dans le sang de 11 végétaliens américains était de 20% inférieur à celui des omnivores étudiés. Les végétaliens rejetaient, dans leur urine, 2/3 de moins de taurine que les omnivores, ce qui est une adaptation du corps pour conserver cet acide aminé. Plus d'études sont nécessaires pour clarifier la situation, mais il n'y a pas de cas rapporté de déficience en taurine chez les végétaliens.

La carnitine est une substance, présente naturellement, nécessaire au métabolisme de la graisse, et elle est surtout présente dans la viande et les produits laitiers. Les légumes et les fruits contiennent moins de 1% de la carnitine trouvable dans la viande, et les produits céréaliers en contiennent moins de 5%. La carnitine n'est pas un nutriment essentiel car elle peut être fabriquée par l'organisme à partir de l'acide aminé lysine, mais des niveaux bas de carnitine ont été observés occasionnellement dans le sang de personnes consommant des produits contenant peu de carnitine.

Comme on pense qu'il y a relativement peu de carnitine dans une alimentation à base de plantes, Kenneth Lombard et ses collègues ont comparé les niveaux dans le sang et l'urine de 3 groupes de personnes ayant des types d'alimentation différentes aux USA. Comparés aux omnivores, les " végétariens stricts " (probablement des végétaliens) et des végétariens (qui prennent des œufs et du lait) avaient un peu moins de carnitine dans leur sang, mais dans le niveau de tolérance normal. Les végétaliens rejettent beaucoup moins de carnitine dans leur urine. Parmi les enfants, les végétaliens et les végétariens avaient, de façon marquée, des niveaux plus bas de carnitine dans leur sang, mais les études n'ont pas montré de risques de déficiences. Un seul rapport a été publié décrivant une déficience de carnitine chez un enfant d'une femme végétalienne qui nourrissait son enfant d'une façon particulièrement restrictive et atypiquement à base de lait d'amande.

Les protéines et les risques de maladies

La consommation excessive de protéines peut être associée à des risques de maladies. Le fonctionnement du rein peut être compromis par trop de protéines chez les personnes âgées et chez les malades ayant des problèmes rénaux, de plus, un apport élevé de protéines peut avoir de mauvais effets sur l'équilibre en calcium et contribuer à la déminéralisation des os. Le rapport de l'Office de Recensement et de Surveillance de

la Population

de 1990 sur les adultes Britanniques montrait que la moyenne des apports de protéines était très supérieure aux recommandations, soit 84g/jour pour les hommes et 64g/jour pour les femmes. Le rapport du Ministère de

la Santé

du Royaume-Uni suggère que la limite d'apport de protéines n'entraînant pas de risque est le double des valeurs du tableau n°1. Quelques personnes, surtout ceux qui ont une activité physique intense ou qui prennent des suppléments en protéines, peuvent dépasser ce niveau maximum de sécurité.

Différents types d'apports en protéines peuvent avoir différents effets sur le cholestérol et les graisses dans le sang. Quand un humain, avec un taux de cholestérol élevé dans le sang, mange un repas dans lequel les protéines proviennent du soja, les réactions de son insuline et " glucagon " sont beaucoup moins extrêmes que quand la source de protéines est la caséine du lait. Cette plus grande réaction hormonale avec la caséine laisse penser que cette protéine du lait conduit à augmenter le niveau de cholestérol et de graisses dans le sang. Celui-ci, en se déposant, est un facteur de risque pour les maladies coronariennes.

L'étude de 620 femmes à Singapour a révélé que parmi des femmes non-ménopausées, celles qui mangeaient régulièrement des protéines de soja et des produits de soja, en général, avaient deux fois moins de risques de développer un cancer du sein. En revanche, la consommation de viande rouge et de protéines animales était en rapport avec un accroissement du risque d'avoir un cancer chez les femmes non-ménopausées.

Une alimentation riche en protéines de viande provoque la présence de plus d'acide urique dans l'urine et une augmentation générale de l'acidité de l'urine. A cause de l'acidité, l'acide urique ne peut pas être dissout facilement et peut former un calcul rénal.

Les études montrent que l'alimentation végétalienne apporte les quantités de protéines recommandées par l'O.M.S. et par le Ministère de

la Santé

du Royaume-Uni. D'un autre côté, beaucoup d'omnivores mangent plus de protéines que le niveau recommandé, et cela peut entraîner des désavantages pour leur santé.

L'énergie recommandée

Les besoins en énergie d'un individu dépendent de beaucoup de facteurs, dont l'âge, le genre, le poids et l'activité physique. Il est alors impossible de généraliser. Les indications nationales et internationales proposent des recommandations pour différents groupes de la population. En 1991, le Ministère de

la Santé

du Royaume-Uni a publié une nouvelle estimation de l'apport moyen d'énergie recommandé provenant de l'alimentation. L'estimation de l'apport moyen d'énergie recommandé est la moyenne de l'énergie prise par chaque groupe de la population. Par exemple, pour un homme d'un poids moyen et d'une activité physique moyenne (travail peu physiquement, et loisirs non physiques), l'estimation de l'apport moyen d'énergie recommandé provenant de l'alimentation est de 2550 calories. Pour une femme, dans une situation comparable l'apport doit être de 1920 calories. Pour les adultes qui ont une activité physique intense, ces chiffres montent à 3872 calories pour les hommes et 3011 pour les femmes. L'estimation de l'apport moyen d'énergie recommandé est aussi établie pour les enfants. L'Office de Recensement et de Surveillance a trouvé que la consommation moyenne d'énergie des Britanniques, incluant l'alcool, est de 1680 calories pour les femmes et 2450 calories pour les hommes (la moyenne est 2065). L'apport des hommes est conforme aux recommandations du Ministère de

la Santé

alors que celui des femmes est plus faible que la recommandation, pourtant 53% des hommes et 41% des femmes Britanniques de tous les âges ont une surcharge pondérale ou sont obèses.

Les apports d'énergie de groupes de végétaliens, végétariens et omnivores, mesurés par plusieurs études, sont résumés dans le tableau n°5. Le résultat suggère que la moyenne de l'énergie prise par les végétaliens, à 2138 calories est similaire à celle des végétariens (2178 calories) et à celle des omnivores (2220 calories) et est comprise entre la moyenne nationale de 2065 et les recommandations au Royaume-Uni de 2235 calories.

Les études indiquent que l'énergie moyenne prise par les végétaliens est proche de celle des adultes Britanniques, et similaire à la recommandation au Royaume-Uni. Cependant, beaucoup de végétaliens (et végétariens) sont plus minces que la moyenne des omnivores. Cela peut refléter l'avantage de cette alimentation ou indiquer qu'ils ont plus d'activités physiques – ou les deux.

Besoins des enfants en protéines et énergie

Ici, juste un résumé des points principaux est présenté.

Les enfants ont besoin d'un surcroît de nutrition plutôt au niveau de l'énergie qu'au niveau des protéines. Des études à court terme avec des enfants mal nourris, auxquels on avait redonné une nourriture convenable, ont montré que l'équilibre en azote était le même que se soit avec une source de protéines de lait de vache, de graine + riz, graine de soja, riz, graine de soja + beurre de noix, graine de soja + riz, graine + beurre de noix, ou des graines seules. En comparant les résultats des études durant 2 ou 3 mois sur chacune de ses alimentations, on observe que les bébés qui ont été nourris avec du riz + graine, ou riz et beurre de noix, comme sources de protéines se sont développés aussi bien que des enfants nourris avec du blé supplémenté en lysine. Tous les bébés ont gagné du poids d'une façon satisfaisante et à un taux équivalent, bien que deux enfants qui consommaient du riz seul n'ont pas grandi aussi bien que ceux consommant du lait de vache.

Tant que l'énergie nécessaire aux enfants est donnée, ils se développent avec n'importe quelles protéines issues d'un mélange de plusieurs plantes. Voir le résumé dans le tableau n°4.

Estimation de l'apport moyen en énergie requis en calories (tableau n°4)

Groupe d'âge

Estimation de l'énergie requise par jour en calories

Bébés et enfants

Filles

Garçons

0 à 12 mois *

515 à 865

545 à 920

1 à 3 ans

1165

1230

4 à 14 ans*

1545 à 1845

1715 à 2220

Adultes

15 à 18 ans

2110

2755

19 à plus de 75 ans **

1940 à 1810

2550 à 2100

Grossesse (dernier trimestre) ***

+ 200

Allaitement ***

+ 240 à 570

Valeurs extraites de " Dietary Reference Values for Food Energy and Nutriments for

United Kingdom

" 1991. Les valeurs pour les adultes sont pour des personnes typiquement sédentaires

* Les besoins en énergies des enfants croissent en fonction de la progression de l'âge

** Les besoins en énergies des adultes décroissent en fonction de la progression de l'âge

*** à ajouter à l'apport normal

Etudes sur des enfants végétaliens

Une étude américaine sur 48 enfants d'une communauté végétalienne appelée " The Farm " au Tennessee, a été publiée en 1980. Les parents ont rempli un journal décrivant l'alimentation journalière de leurs enfants, qui étaient âgés de 2 à 5 ans, et chaque enfant a été mesuré et pesé.

La prise d'énergie pour les deux sexes pour tous les groupes d'âges, excepté un, excédait les recommandations des USA, et tous les groupes excédaient les recommandations équivalentes du Royaume-Uni. La consommation de protéines de tous les groupes était très supérieure aux recommandations du moment des USA et du Royaume-Uni. Les prises moyennes d'acides aminés des enfants végétaliens américains étaient très supérieures à celles préconisées par l'Académie Nationale des Sciences des USA. Dans quelques groupes d'âges, les enfants étaient en dessous de la moyenne nationale pour leur taille et leur poids, mais tous les groupes, excepté un, étaient conformes ou excédaient les valeurs de références pour la mesure de l'épaisseur de la pliure de la peau au niveau du triceps. Pour interpréter ces résultats, il faut garder à l'esprit que les facteurs héréditaires n'ont pas été pris en compte. Une étude complète, qui a suivi de près des enfants à la communauté " The Farm " a confirmé que leur croissance était conforme à la norme.

Un autre groupe d'enfants végétaliens a été étudié par Ken Resnicow et ses collègues. Agés entre 5 et 17 ans, 8 des 9 enfants avaient une taille et un poids dans la norme (une fille était notablement plus petite et plus grosse que la moyenne). En 1981 une étude sur 23 enfants végétaliens Britanniques, âgés de 1 à 4,5 ans a été publiée. L'apport moyen en protéines était de 109% de la recommandation du Royaume-Uni à cette époque, et plus du double de celle de 1991. La consommation moyenne d'énergie dans chaque groupe d'âge était légèrement en dessous des recommandations de 1979 et 1991, excepté pour deux enfants dont la consommation moyenne d'énergie était conforme à la norme des enfants Britanniques. Les enfants étaient plus minces que la moyenne, mais tous étaient dans l'éventail normal de poids et de taille, avec une exception pour 2 enfants dont les parents étaient d'une frêle constitution.

Une étude ultérieure sur ces enfants, âgés de 5,8 à 12,8 ans, a été publiée en 1992. Elle a confirmé une croissance et un développement normal, les enfants étaient très légèrement plus petits et considérablement plus minces que la moyenne et possédaient une bonne santé. Leur consommation de protéines était normale, avec une valeur de 12,4% du total des calories consommées. Leur apport en énergie était de 95% de l'estimation moyenne recommandée par le Ministère de

la Santé

du Royaume-Uni – presque identique à celui de la plupart des enfants Britanniques.

Les enfants élevés avec une alimentation végétalienne variée obtiennent les protéines et l'énergie adéquate, et ont une santé et une croissance normale. Bien qu'ils tendent à être plus frêles que les enfants omnivores, ils sont dans l'éventail normal de poids et de taille. La consommation régulière de nourriture forte en énergie convenablement préparée, comme les céréales, les légumineuses et les noix, assurent un apport satisfaisant de protéines et d'énergie.

Problèmes de l'enfance = autres alimentations

Les rapports médicaux sur des enfants végétaliens souffrants de déficiences en protéines et en énergie sont extrêmement rares, et les cas étudiés doivent être interprétés avec précaution, car ils sont atypiques. Quand de tels cas sont étudiés sérieusement, il devient clair que, généralement, les enfants n'ont pas été élevés avec une alimentation végétalienne variée et équilibrée comme le recommande

la Vegan Society

, mais avec de pauvres régimes frugivores ou macrobiotiques.

Dans d'autres cas, les parents n'ont pas consciemment adopté une alimentation végétalienne pour eux et leurs enfants, mais ont plutôt éliminé certains aliments de la consommation de leurs enfants sans connaissance et sans se renseigner. Deux cas de malnutrition ont été reportés en 1975. Bien que l'alimentation décrite des enfants, ne contenait pas de produits d'origine animale, les parents n'étaient ni végétariens, ni végétaliens, mais avaient restreint l'alimentation de leurs enfants car ils croyaient que les aliments comme le lait de vache causaient des problèmes de santé. Quatre cas de malnutrition d'enfants élevés avec des alimentations non orthodoxes ont été publiés en 1979. Dans aucun de ces cas les parents ne fournissaient une alimentation végétalienne variée et équilibrée, mais suivaient des principes frugivores et macrobiotiques plus restrictifs. Un enfant à Chicago, aux USA, a été nourri avec une alimentation qui ne contenait pas assez de calories et de protéines. Avec des conseils, l'enfant a retrouvé la santé avec succès par une alimentation végétalienne adaptée.

Problèmes avec les enfants végétaliens

Deux rapports de déficiences en protéines et énergie d'enfants élevés avec une alimentation végétalienne illustre le besoin d'aliments denses en énergie dans la nourriture des très jeunes enfants. Un résumé est présenté ici.

Une malnutrition en protéines et calorie a été reportée pour 25 enfants végétaliens, surtout dans le groupe d'âge de 3 à 12 mois, dans une communauté d'américains Hébreux vivant en Israël. Le problème essentiel était la trop grande dilution d'un lait de plante réalisé par la communauté, de plus, les autres produits consommés étaient insuffisamment denses en énergie. 47 enfants de moins de 3 ans de la communauté étaient en bonne santé, alors que ceux âgés de 4 à 18 mois étaient petits pour leur âge. La croissance était rattrapée pour les enfants âgés de plus de 18 mois qui avaient des poids et des tailles conformes à la norme.

Le second exemple concerne l'enfant d'une mère végétalienne et d'un père végétarien. Après avoir été nourri au lait maternel durant 2,5 mois, l'enfant a été principalement alimenté avec un extrait, préparé par la mère, d'amande dans de l'eau. Vers l'âge de 7,5 mois sa croissance était insuffisante, avec une faiblesse musculaire et d'autres symptômes causés par une insuffisance nutritionnelle, incluant un manque de calorie.

Il n'y a que deux récents rapports de malnutrition en protéines et calories pour des enfants élevés par des parents végétaliens avec une alimentation végétalienne, et celles-ci ont été dues à une trop grande dilution ou une inadaptation de la variété de l'alimentation. Les autres cas publiés de déficience en protéines et en énergie, d'enfants à qui on donnait des alimentations alternatives, concernaient des régimes restrictifs macrobiotiques et frugivores, ou des alimentations restrictives imposées par des parents non-végétaliens qui pensaient qu'elles étaient meilleures pour la santé.

Protéine et énergie : résumé

Une nourriture végétalienne variée et complète apporte les niveaux adéquats d'énergie et de protéines pour assurer une bonne santé à tous les groupes d'âges, comme le montrent les études à travers le monde. Les recommandations nationales et internationales, en apport de protéines, peuvent facilement être satisfaites avec une alimentation végétalienne.

Les principales nourritures végétales – légumineuses, noix, céréales et graines – sont denses en énergie, et elles assurent un niveau approprié en azote et en acides aminés indispensables. Les pommes de terre et les autres végétaux fournissent aussi des quantités utiles de protéines.

Les végétaliens consomment les quantités de protéines et d'énergie recommandées, contrairement aux omnivores qui consomment trop de protéines, ce qui peut entraîner des désavantages pour la santé. Et, d'un point de vue plus global, il est significatif que les protéines animales soient souvent associées aux graisses saturées, alors que celles des plantes sont généralement associées aux fibres.

Il n'y a pas besoin de se soucier de combiner les protéines à chaque repas. Un menu végétalien varié, avec deux types de plantes ou plus par jour, fournit les protéines adéquates.

Une alimentation végétalienne bien menée assure une bonne santé et un développement normal pour les enfants végétaliens. Après le sevrage, les enfants doivent avoir un apport en énergie adéquat. Les parents végétaliens peuvent assurer cela en utilisant des légumineuses, céréales, noix et graines bien préparées, et de plus faibles quantités de fruits et de légumes, moins riches en énergie. Les cas de déficiences en protéines et en énergie chez des enfants végétaliens sont extrêmement rares.

VITAMINE B12 (cobalamine)

Le terme vitamine B12 englobe un groupe de substances apparentées appelées " cobalamines ", incluant " hydroxocobalamine ", " adenosylcobalamine ", " méthylcobalamine " et " cyanocobalamine ". Cette vitamine sert à critiquer le végétalisme car il est pensé, généralement, mais inexactement, que les produits d'origine animale en sont la seule source.

En fait, la vitamine B12 active est probablement parmi les seules vitamines qui est fabriquée uniquement par des bactéries. La vitamine B12 trouvée dans la viande (spécialement les abats), les œufs et le lait de vache provient de l'activité des bactéries qui vivent dans les animaux. La cuisson prolongée, y compris bouillir le lait de vache, détruit

la B

12.

Pour être absorbée efficacement au travers des aliments,

la B

12 est liée avec de nombreuses " molécules navettes " qui la transportent à l'intérieur du corps. La vitamine se combine avec la première " navette " dans la salive durant les mâchements. Puis, elle est combinée avec une protéine appelée " facteur intrinsèque ", qui est produit par l'estomac. La vitamine se raccorde avec le " facteur intrinsèque ", qui la transporte à travers la paroi du petit intestin (" termial ileum ") jusque dans le sang. Là, elle est rattachée sur une autre protéine spéciale qui la transporte dans tous les tissus du corps.

La vitamine est nécessaire, avec la " folate " pour diviser les cellules rapidement comme celles qui sont dans la moelle et qui forment le sang. La déficience, qui est rare, peut provoquer le développement anormal des globules rouges qui caractérise l'anémie mégaloblastique. La vitamine est aussi cruciale pour avoir un système nerveux en bonne forme, et un manque chronique peut éventuellement provoquer des symptômes neurologiques. Chez les enfants cela inclue la léthargie et la régression ou le retard du développement. Chez les adultes, les premiers symptômes comprennent des douleurs de la langue, fatigue, fourmillement et engourdissement des doigts, des mains et des pieds, progressivement jusqu'à la dégénérescence irréversible de la moelle épinière, quelques fois avec des douleurs abdominales et vomissements. La " folate ", une vitamine B qui est abondante dans l'alimentation végétalienne, peut protéger contre l'anémie issue de la déficience en B12 mais pas contre la dégénérescence neurologique.

La plupart des cas de déficience en B12 sont issus de la population omnivore et sont dus à un manque de " facteur intrinsèque ", sans qui, très peu de vitamines peuvent être absorbées. Ce type de déficience conduit à des anémies pernicieuses, dont les causes sont des désordres du petit intestin, certaines drogues, le tabac et l'alcool, le rétrécissement des tissus de l'estomac (atrophie) due à l'âge, et à des infections parasitaires. Ces anémies pernicieuses arrivent à près de 1% de la population omnivore après 60 ans.

Les recommandations journalières de B12

Les références d'apports nutritionnels pour la vitamine B12 sont de 1,2 à 1,5 micros grammes (µg) journalier pour les jeunes et les adultes et de 2µg pour les femmes qui allaitent. La recommandation de 1,5µg journalière a pour intention d'inclure un surplus pour assurer un stockage dans le corps pour pouvoir supporter une période de non-apport. Les recommandations pour les jeunes enfants sont de 0,3 à 0,4µg ; et pour les enfants âgés de 1 à 10 ans, la référence d'apport nutritionnel commence à 0,5µg et croit à 1µg. Les recommandations officielles ont décru lors des dernières années, les besoins du corps avaient été précédemment surestimés. En effet, le Ministère de

la Santé

a reconnu que quelques personnes avaient des besoins plus bas que la moyenne requise pour

la B

12, et pour ces individus 1µg par jour peuvent être suffisant. Les besoins complets en B12 pour la durée d'une vie correspondent à un grain de 40 milligrammes de cristal rouge, 1/6 de la taille d'un cachet moyen d'aspirine !
1 milligramme = 0,001g, 1µg (micro g.) = 0,000 001g, 1 ng (nano g.) = 0,000 000 001g,
1pg (pico g.)= 0,000 000 000 001g.

La recommandation de l'Organisation Mondiale de

la Santé

est de 1µg par jour pour un adulte. Pour les USA la hauteur est de 0,7 à 1,4µg par jour pour un enfant, 2µg pour les adolescents et adultes, et monte à 2,2µg durant la grossesse et 2,6µg durant l'allaitement, bien qu'un expert américain reconnu croit que 1µg de vitamine par jour suffit à la plupart des gens. L'Allemagne retient une recommandation encore plus importante de 3µg par jour. Proposer des doses importantes de vitamine par jour est inutile, parce que 3µg est plus que le corps peut absorber à n'importe quel moment.

La vitamine B12 est stockée dans le foie, qui en contient normalement suffisamment pour une période de 3 à 6 ans (2 à 5 milligrammes), même en absence totale de source dans la nourriture. Pour cette raison, bien que les recommandations officielles soient exprimées par quantité journalière, il n'est pas actuellement nécessaire de consommer la vitamine chaque jour. Une prise régulière, d'au moins 3 fois par semaine, est adéquate. De plus, après le parcours de

la B

12 dans le corps, elle arrive dans la bile, notre corps recycle la vitamine en la réabsorbant depuis la bile lors de son passage par le petit intestin. La vitamine est aussi conservée dans les reins. Lors d'une alimentation où les apports de B12 sont faibles, le taux d'absorption possible à partir de la nourriture par le sang augmente, afin de maximiser les apports disponibles. Cette adaptation assure une considérable protection quand les ressources de B12 sont rares, et cela justifie en partie le fait que les végétaliens qui en sont depuis 20 ans et plus, certains sans source majeure de B12, ne présentent fréquemment pas de signe de déficience.

La recommandation du Royaume-Uni de 1,5µg par jour pour les adultes reflète plusieurs séries de recherche. Baker a étudié 5 Indiens du Sud volontaires qui avaient une déficience anémique de B12 pour mesurer la réponse de leur sang à différentes doses de vitamine. Il a trouvé que 0,07 à 0,25µg d'apport de B12 par jour n'était pas adéquat, mais que 0,3 à 0,65µg par jour était suffisant, et probablement plus que suffisant, pour que les patients retournent à une santé normale. Il a conclu que le minimum nécessaire par jour était de 0,5µg de B12 ; et que 1µg pouvait satisfaire les besoins de la vaste majorité des gens et assure une large marge satisfaisante.

D'autres preuves ont été utilisées pour estimer les apports nécessaires en B12 incluant l'absence de symptôme de déficience chez des végétariens " adventistes du septième jour " d'Australie, chez qui l'apport était estimé à 0,26µg, et chez des végétaliens en Suède qui avaient un apport estimé de 0,3 à 0,4µg. En plus, des patients avec des anémies pernicieuses, qui ne peuvent pas absorber la vitamine par leur nourriture, se sont rétablis après des injections intraveineuses aussi faible que 0,1 à 0,2µg par jour.

La mesure de

la B

12 contenue dans divers aliments est compliquée par les quantités minuscules présentes, et n'est pas facile à mesurer avec précision à cause de la prédisposition à la détérioration de la vitamine lors de la cuisson et du stockage, et, peut-être le plus important, par la confusion entre la vitamine B12 active et les substances variées apparentées qui ressemblent à la vitamine mais que le sang humain ne peut pas utiliser.

Les céréales, les noix, les légumineuses, les végétaux et autres nourritures à base de plantes naturelles ne contiennent pas la vitamine, à moins qu'elles aient été contaminées avec la bactérie du sol qui produit

la B

12. Les végétaliens qui utilisent des productions de leur jardin qui ne sont pas lavé en excès peuvent obtenir les quantités usuelles de la vitamine par cette méthode. Dans les années 1950, une étude a été menée pour chercher pourquoi un groupe de végétaliens Iraniens ne développaient pas de déficience en B12. Il a été découvert qu'ils fertilisaient leurs végétaux avec du compost issu de déjection humaine, qu'ils ne les nettoyaient pas avec trop d'attention, et ainsi obtenaient la vitamine par la contamination de la bactérie. L'eau peut aussi contenir de

la B

12.

Les particules ressemblant à la vitamine B12

Pendant beaucoup d'années, il a été pensé que les algues comestibles (exemples : nori, wakame et kombu), les produits de soja fermenté (comme le tempeh et le miso), et une algue bleu-verte appelée spiruline, contenaient tous des hautes quantités de B12. Cependant la méthode commune d'analyse, utilisant la croissance bactérienne comme indicateur, mesure actuellement un ensemble de famille de particules ressemblant chimiquement à

la B

12. Toutes ne sont pas authentiques, c'est à dire des vitamines actives que le corps humain peut utiliser : les particules ressemblantes, vues comme analogues, ne peuvent pas jouer le rôle de la vitamine B12 dans le corps.

Un nouveau test, appelé un " titrage radio différentiel ", est conçu spécialement pour mesurer les formes de la vitamine que le corps humain peut utiliser, et reanalysé par cette méthode, le niveau de

la B

12 active dans beaucoup d'aliment est vu comme beaucoup plus bas. Par exemple le tempeh, qui était considéré comme contenant plusieurs micros grammes de B12 pour 100g a été trouvé après reanalyse comme ne contenant aucune vitamine active.

Trois marques de cachets de spiruline analysés avec le " titrage radio différentiel " avaient une contenance de moins de 20% de B12 par rapport à l'ancien test bactérien, le reste était des analogues de B12. Le niveau de vitamine active dans une marque, par exemple, était de 1,1µg pour 6 cachets plutôt que 6,4µg comme mesuré par l'ancienne méthode. Cela pourrait toujours être l'apport usuel nécessaire au corps pour cette vitamine, seulement il est possible que la présence de quelques analogues de

la B

12 dans la spiruline puisse bloquer la capacité du corps à utiliser ce que contient l'authentique vitamine. Quand des chercheurs ont pris 9 cachets de spiruline journellement pendant 12 jours, le niveau de vitamine dans leur sang n'a pas augmenté. La quantité de vitamine B12 active trouvée dans les cachets de spiruline dans cette étude était seulement de 0 et 2% du niveau annoncé par le fabriquant, 98% à 100% étaient des vitamines analogues.

Les algues comestibles comme le nori et kombu, utilisé largement par les macrobiotiques, sont considérées maintenant comme ne contenant pas les quantités usuelles de vitamine active. Un rapport de 1987 décrivait comment une mère macrobiotique, qui allaitait un bébé et qui avait un bas niveau de B12, avait rétabli le niveau de l'enfant en 2 mois, apparemment par la croissance de sa consommation d'algue et de produit de soja fermenté. L'explication publiée était que l'accroissement de la consommation de nourriture végétale contenant de

la B

12 était passé à son enfant par son lait. Seulement, plus tard il est apparu que la femme avait aussi mangé du poisson et du bouillon de palourdes, qui contiennent la vitamine B12. Alors, maintenant, il est considéré que sa consommation de palourdes, plus que d'algues et d'aliments fermentés, était responsable de l'amélioration du niveau de B12 de son enfant.

Le bas niveau de B12 contenu dans les algues et les aliments de soja fermenté a été confirmé par 2 études qui mesuraient les signes cliniques du niveau de B12 après consommation de ces aliments. Une étude comprenait 110 adultes et 42 enfants qui suivaient une alimentation macrobiotique et végétarienne en grande partie. Les niveaux de B12 dans le sang de ceux qui mangeaient des algues, du tempeh ou du miso régulièrement n'ont pas augmenté, suggérant que la véritable vitamine B12 n'était pas présente dans ces aliments.

La seconde étude portait sur 5 enfants macrobiotiques végétaliens qui avaient un bas niveau de B12 dans le sang, certains d'entre eux avaient un nombre légèrement inadéquat de globules rouges dans le sang (un signe précurseur d'une déficience anémique de B12). On donna aux enfants de la spiruline, du nori, kombu et des algues pour fortifier leur niveau de B12. Après quelques mois, bien que les niveaux de vitamine avaient apparemment augmenté pour trois enfants qui avaient les apports les plus important, les globules rouges du sang des 5 avaient continué d'être inadéquats et le devenaient de plus en plus, indiquant que la déficience continuait à ne pas diminuer.

Ces 2 études apparaissent, en premier, comme contradictoires : dans une, la consommation d'algues n'a pas augmenté le niveau de B12, alors que dans la seconde, il apparaît que c'était le cas. Les 2 études utilisaient la même technique pour mesurer

la B

12, alors cela n'explique pas les résultats différents. L'explication la plus probable est liée à l'approche utilisée. Dans la première étude, les adultes et les enfants mangeaient leur alimentation habituelle, qui a été ajustée sur une longue période, et qui contenait seulement une faible quantité de véritable vitamine, aussi bien qu'une quantité modeste de particules ressemblant à

la B

12. Dans la seconde étude, les enfants ont été délibérément nourris avec un large apport d'algue et de cette façon, ils ont eu plus de B12 analogues. De grandes doses de B12 analogues peuvent être absorbées dans le sang, mais seulement quand la véritable vitamine n'est pas présente en quantité adéquate - la situation rencontrée dans la seconde étude. Alors les 2 études supportent la théorie suivant laquelle les algues sont riches en vitamine non-actives : les analogues de B12 peuvent être absorbés dans le sang dans certaines circonstances, mais ne peuvent pas remplacer les fonctions de la vraie vitamine.

Sources fiables de B12

La reanalyse des suppléments vitaminés utilisant la méthode moderne a indiqué qu'il y a des sources fiables de vitamine authentiques. 14 des 15 marques de suppléments végétaliens multivitaminés et enrichies en minéraux ont été trouvées comme contenant de 88% à 328% de

la B

12 active déclarée sur l'étiquette (l'exception était une marque qui avait juste 59%), avec aussi une petite quantité d'analogues inactifs.

Il y a de

la B

12 active dans la levure alimentaire qui est disponible dans les magasins diététiques. Cependant cela provient de la mélasse qui est enrichie en B12 et sur laquelle la levure se développe, et non de la levure elle-même, qui elle, produit juste quelques analogues inactifs mais pas la vraie vitamine. La levure alimentaire peut être saupoudrée sur des plats savoureux et utilisée comme un substitue ayant légèrement le goût du fromage dans les plats.

Les sources fiables de B12 comprennent aussi les produits qui sont fortifiés avec la vitamine, comme les concentrés de levures, les céréales pour petit-déjeuner, et quelques laits de soja et margarines. Des repas pré-cuisinés et des produits utilisant des protéines de soja, comme les " saucisses " végétales, les " galettes " végétales, sont quelques fois fortifiées en B12 et cela doit être marqué sur l'étiquette. Voir tableau n°1.

Quantité approximative de vitamine B12 contenue dans quelques aliments végétaliens (tableau n°1)

Valeurs en micro grammes de B12 par 100g ou 100 ml d'aliment

Extraits de levure (fortifiée)

entre 2 et 50

Margarine (fortifiée)

5,0

Poudre de soja fortifié SOJAGEN

5,0

Concentré de lait de soja (fortifié) PLAMIL

3,2

Lait de soja prêt à l'emploie (fortifié) PLAMIL

1,6

Céréales pour petit déjeuné (fortifiées)

0,8

Lait de soja (fortifié) UNISOY GOLD SOYA

0,6

Formule de lait végétal pour bébé (fortifié)FARLEY'S SOYA FORMULA

1,1

Nourriture pré-cuisinée à base de soja (fortifiée)

les quantités marquées sur les étiquettes doivent être fiables

Levure alimentaire (qui a poussé sur un support enrichi)

les quantités marquées sur les étiquettes doivent être fiables

Algues séchées :

Nori

incertain (la plupart doivent être des analogues)*

Spiruline

0 à 20% des quantités affichées sur l'étiquette
(la plupart ont des analogues)*

Wakame, Kombu

très peu (la plupart sont des analogues)*

Graines de soja fermenté Tempeh

très peu (la plupart sont des analogues)*

Pain Souddough, Champignons Shiitake

entre 0,02 et 0,5 (d'une activité non confirmée)

Sauce de soja, miso, tofu, prune Umeboshi

entre 0 et 0,02 (d'une activité non confirmée)

Vins, bières, cidres

non confirmé

Graines germées, choucroute

non confirmé

* une proportion inconnue de la vitamine dans chacun de ces aliments peut être sous la forme d'analogues de

la B

12 qui ne sont pas utilisables par l'organisme, et peuvent même bloquer la capacité du corps à utiliser la vraie vitamine présente dans ces aliments

Les bactéries de l'intestin comme source de B12

Il y a des preuves certaines que les bactéries de notre intestin fabriquent de

la B

12 que notre corps peut utiliser. Dans une expérience courageuse conduite dans les années 1950, Sheila Callender a collecté les selles de végétaliens souffrant de déficience en B12, Sheila en fabriqua un extrait et le donna à manger aux volontaires. Cela cura leur déficience. L'expérience montra que les bactéries de l'intestin produisent

la B

12, mais que cela se fait normalement trop bas dans le tube digestif pour être absorbé – d'ailleurs les volontaires ne seraient pas devenus déficients si cela avait été possible de l'absorber. Le fait que leur déficience ait été curée prouve que l'adéquate B12 active est produite par les bactéries de l'intestin, mais généralement dans le colon où elle ne peut être absorbée, alors que plus haut dans le petit intestin, elle peut être plus facilement absorbée.

Pourtant quelques personnes peuvent certainement produire de

la B

12 par les bactéries de leur petit intestin. Dans une étude publiée en 1980, des échantillons de bactérie ont été pris dans le " jejunam " et " l' ileum " (petit intestin) d'indiens du Sud en bonne santé, et ont été mises en culture dans un laboratoire, et pour analyser la production de B12, 2 essais microbiologiques ont été utilisés, comme la chromatographie. Une grande variété de bactéries avait produit une grande quantité de vitamines ressemblant à

la B

12 dans le tube à essai. Le bon facteur intrinsèque, nécessaire pour l'absorption de la vitamine, est connu comme étant présent dans le petit intestin, alors si les bactéries produisent aussi de

la B

12 quand elles sont à l'intérieur du corps, la vitamine peut être absorbée.

Néanmoins juste 1 molécule sur 30 ressemblant à

la B

12, qui a été trouvée dans la selle humaine, était la forme active de la vitamine, ce qui peut être plus que suffisant pour avoir les apports adéquats – à peu près 5µg par jour – si elle est produit dans le petit intestin où elle peut être absorbée.

Chez quelques personnes, la production de B12 par les bactéries existe certainement dans le petit intestin où la vitamine fabriquée peut, au moins en théorie, être absorbée. La contribution exacte que ceci apporte aux besoins en B12 des végétaliens reste à clarifier.

Vitamine B12 : l'expérience végétalienne

A cause du haut niveau de conscience général sur les besoins en apports de B12 nécessaires aux végétaliens, beaucoup d'individus utilisent des aliments fortifiés ou des suppléments. D'autres ne font pas spécialement d'effort pour incorporer ces sources dans leur alimentation, et quelques communautés végétaliennes ont comme règle de conduite de ne pas utiliser de supplément. Par conséquent, faire des généralités à propos des besoins en B12 des végétaliens ne peut pas être fait facilement.

Quelques investigations ont rapporté des informations sur l'utilisation des suppléments de B12 par les végétaliens Britanniques. Les suppléments (cachets, capsules, ampoules, poudre) étaient utilisés par 8% et 18% des groupes de végétaliens étudiés respectivement en 1970 et 1978, mais une étude de

1986 a

enregistré que 41% des végétaliens en utilisaient.

Entre 1967 et 1978 une moyenne de 57% des végétaliens étudiés utilisaient de la nourriture fortifiée en B12, et dans un groupe de végétaliens étudié informellement, beaucoup d'individus utilisaient des aliments fortifiés comme des extraits de levure, du lait de soja et des substituts de viande à base de soja.

Points clés : vitamine B12

Les recommandations d'apport au Royaume-Uni pour les adultes sont en moyenne de 1,5µg par jour, alors que pour la plupart des humains 1µg doit être suffisant.

La vitamine est produite uniquement par une bactérie, qui vit dans le sol et dans l'intestin des humains et des autres animaux.